MONDE

Ce qu’il faut retenir du sommet du G20

Ce qu’il faut retenir du sommet du G20

Donald Trump avait eu un ton très vindicatif envers Moscou. Reporters/DPA

Annoncé périlleux, le sommet du G20 a tenu ses promesses: il a entériné les divergences sur le climat avec Donald Trump, accouché d’un compromis a minima sur le commerce, dans un contexte de violentes manifestations.

Climat: 19 contre 1

Le communiqué final samedi a pris acte de la sortie des États-Unis de l’accord de Paris de lutte contre le réchauffement climatique et de leur isolement sur la question: tous les autres pays considèrent que cet accord liant depuis fin 2015 la quasi-totalité de la planète est «irréversible».

Mais, à l’arraché, Washington a réussi à faire intégrer une phrase validant sa volonté de faire cavalier seul et de développer un usage «plus propre» des énergies fossiles, à contre-courant de l’objectif d’une économie moins gourmande en carbone.

A LIRE AUSSI | « Un accord pour une déclaration commune sur le climat »

Compromis sur le commerce

Sur ce point très attendu, au vu de la ligne protectionniste affichée par Donald Trump dès sa campagne électorale, le G20 a accouché d’un compromis de façade entre libre-échange et régulation.

Le G20 a réaffirmé son engagement à lutter contre le protectionnisme, un point loin d’être acquis au départ, mais reconnaît aux pays le droit à l’usage d’«instruments légitimes de défense commerciale».

Cette formule évasive autorise toutes les interprétations, allant des seules mesures antidumping à la protection des industries nationales envisagée par Washington pour la sidérurgie et l’aluminium.

Trump-Poutine

Très attendu au vu du ton vindicatif de Donald Trump jeudi envers Moscou, le premier face-à-face vendredi entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine a duré deux heures quinze.

Syrie, Ukraine, accusations d’ingérence russe dans l’élection américaine: ils ont eu une explication de texte sur nombre de sujets qui empoisonnent les relations entre la Russie et les États-Unis.

Leurs échanges ont été «très vigoureux» mais ont révélé «une alchimie positive», a assuré le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson. Selon Moscou, Donald Trump a fini par «accepter» les dénégations russes sur les accusations de sabotage en coulisse de la campagne d’Hillary Clinton pendant la présidentielle américaine.

Violences

Selon le dernier bilan, 213 policiers ont été blessés et 143 personnes interpellées entre jeudi soir et samedi, tandis que le nombre de manifestants blessés n’est pas encore connu avec précision.

Les échauffourées entre police et protestataires, les voitures incendiées, les pillages et les barricades ont à la fois perturbé à la marge l’organisation du sommet, éclipsé les vastes manifestations pacifiques et écorné l’image de l’Allemagne.

A moins de trois mois des législatives allemandes, le spectacle offert par la deuxième ville de ce pays est en effet loin de la «porte sur le monde» dynamique et internationale présentée par les dirigeants allemands avant ce sommet.

Dans un éditorial au vitriol, le quotidien Bild, fait porter samedi la responsabilité de la «débâcle» à la chancelière, l’accusant d’avoir «échoué» en ce qui concerne le maintien de l’ordre public, depuis les premiers heurts.

Nos dernières videos