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PHOTOS | Les violences autour du G20 mettent Merkel sous pression

Les autorités allemandes, Angela Merkel en tête, sont montrées du doigt après les violences qui émaillent le sommet du G20 à Hambourg et écornent l’image du pays au plan international.

Dans un éditorial au vitriol, le quotidien le plus lu d’Allemagne, Bild, fait porter samedi la responsabilité de la «débâcle» à la chancelière, en l’accusant d’avoir «échoué» à maintenir l’ordre public depuis les premiers heurts jeudi.

«Le sentiment de sécurité que l’État doit garantir a cessé d’exister à Hambourg», s’emporte le journal, jetant les dirigeants allemands dans l’embarras à moins de trois mois des élections législatives.

«Les politiques portent l’entière responsabilité pour les policiers blessés et les destructions dans la ville», a également fustigé le dirigeant hambourgeois du syndicat de policiers BDK, Jan Reinecke, dans le magazine Der Spiegel.

La chancelière a dénoncé des violences «inacceptables», alors qu’une nouvelle manifestation importante est prévue samedi en milieu de journée et que des affrontements sont à nouveau redoutés.

Perte de contrôle

Mais le quotidien conservateur Die Welt évoque une «perte de contrôle» des autorités, qui ont laissé certains quartiers de Hambourg, deuxième ville du pays avec 1,7 million d’habitants, se transformer en zone livrée aux casseurs.

Le calme était revenu samedi dans la ville mais 20.000 personnes, selon la police, ont commencé à manifester en milieu de journée et les autorités redoutaient de nouveaux incidents en marge du cortège.

Le spectacle offert par la grande cité portuaire est en effet loin de l’image de «porte sur le monde» dynamique et internationale présentée par les dirigeants allemands avant ce sommet.

Au total, 213 policiers ont été blessés et 143 personnes interpellées, selon le dernier bilan. Et le nombre de manifestants blessés n’est pas encore connu avec précision.

Vendredi, la police, déjà forte de près de 20.000 hommes, a dû appeler des renforts.

Les quartiers de Schanzenviertel et St. Pauli, fiefs de la contestation d’extrême gauche, se sont transformés vendredi soir en zones de «chaos urbains» et «champ de bataille», selon l’expression des médias allemands.

Une unité d’intervention spéciale de la police, équipée d’armes d’épaule automatiques, a même été appelée à la rescousse dans la nuit de vendredi à samedi devant les graves débordements.

Des barricades avec des feux ont été dressées dans les rues. Des casseurs, tout de noir vêtus et le visage parfois complètement dissimulé, ont arraché des panneaux de signalisation pour en faire des projectiles.

Ils sont montés tout en haut d’un échafaudage pour haranguer les policiers, ont mis le feu à des véhicules, lancé bouteilles de bière et pierres, dévasté le mobilier urbain.

Supermarché pillé

Un supermarché a été pillé, selon la télévision, et d’autres magasins vandalisés par des casseurs munis, selon la police, de barres de fer.

Certains militants d’extrême gauche ont pris leurs distances avec ces violences. Mais depuis des semaines, les sympathisants de la mouvance anarchiste et autonome promettent «l’enfer» dans cette ville, bastion historique de la contestation violente contre l’Etat.

Les quartiers où se sont déroulées ces violences se situent à dix minutes à pied seulement du centre de congrès qui abrite les travaux des dirigeants des 20 pays les plus riches de la planète.

«Hambourg n’aurait jamais dû être désignée comme ville-hôte de ce sommet», a critiqué M. Reinecke. Un point de vue partagé par de nombreux médias, dont Der Spiegel, qui juge que «les craintes les plus vives sont devenues réalité et jettent une ombre noire sur ce sommet».

Dès jeudi soir, des heurts ont éclaté entre policiers et protestataires.

Très rapidement s’est formé un black bloc, rassemblant des centaines de personnes. La police, qui a stoppé le cortège au bout de quelques centaines de mètres, n’a pas tardé à asperger la foule de gaz lacrymogènes et à mettre en action ses canons à eau.

Elle a «agi par moments avec une telle virulence que les gens ont paniqué», écrit Der Spiegel. Résultat: les manifestants potentiellement violents ont formé des petits groupes disséminés et incontrôlables.

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