Cybersécurité: les nouveaux experts

Cybersécurité: les nouveaux experts

L’actualité nous rappelle régulièrement le manque criant d’experts en cybercriminalité. sp4764 – stock.adobe.com

Le piratage est partout, et les entreprises sont à la recherche d’experts en cybersécurité. Pour y répondre, un baccalauréat voit enfin le jour.

À l’heure où l’informaticien s’affiche sans surprise dans la nouvelle liste des métiers en pénurie du Forem, il est des secteurs qui ne demandent qu’à embaucher! C’est le cas de la sécurité informatique. Usurpation d’identité, cybercriminalité bancaire, fuite de données ou encore sécurité intérieure… le nombre de piratage explose. Il touche tous les domaines et se présente comme une menace tant pour les citoyens que pour les entreprises.

Mais jusqu’à présent, aucun cursus spécialisé ne pouvait former en Wallonie des experts de terrain pour le contrer. Dès la rentrée prochaine, ce manque sera enfin comblé.

Une première pour la Wallonie et Bruxelles

Les futurs experts en cybersécurité se donnent rendez-vous sur les bancs de l’Hénallux, à Namur. La haute école lance dès septembre 2017 un baccalauréat en sécurité informatique. Une première en Belgique francophone. «Nous avons créé cette filière poussés par trois impulsions, nous explique Fabian Restiaux, le directeur du département technique IESN de l’Hénallux. Nous avons observé un réel enthousiasme des étudiants pour cette thématique. Les demandes de stage à ce sujet étaient très nombreuses. Et il suffit de lire les nouvelles pour réaliser ce manque criant d’experts chez nous.»

Aussi, notre région était à la traîne face à ses voisins qui disposent tous de formations similaires.

Former des acteurs de terrain

Bien que des masters universitaires en sécurité informatique soient déjà présents chez nous, l’Hénallux entend former ici des techniciens, des acteurs de terrain: «Alors que les masters se destinent avant tout à établir des stratégies, le bachelier sera directement opérationnel au sein des entreprises. Il devra y réaliser des audits de sécurité de façon occasionnelle, par exemple, ou dans le long terme, assurer la gestion quotidienne de la sécurité des infrastructures. »

Éthique et déontologie aussi

À travers leurs cours, ces futurs gardiens du numérique s’apprêtent donc à se glisser dans la peau de pirates pour les comprendre et mieux déjouer leurs attaques. Et si la grille horaire annonce de nombreuses heures de technologie de l’informatique, d’autres matières caractérisent la cybersécurité: «Des cours d’éthique, de la déontologie et beaucoup de droit pour respecter les nouvelles normes européennes, notamment pour la protection de la vie privée, les droits de la preuve, etc.»

Challenger et cartésien

«Tous les informaticiens ne correspondent pas au profil de l’expert de cybersécurité, prévient le directeur. Il faut être très cartésien, avoir l’esprit logique pour jongler avec des 1 et des 0, et aimer le diagnostique. Et surtout, il faut avoir un esprit de challenger.» Car déjouer des attaques relève de la performance et même de la compétition. Indicateur de ce trait de caractère: les «hackathons» en nombre croissant. «Ces concours de hacking (piratage) sont organisés par des grosses entreprises de consultance à la recherche des talents de demain et convient annuellement des étudiants de l’Hénallux. »

À l’issue des trois années de baccalauréat, les diplômés ne devraient pas peiner à s’insérer sur le marché de l’emploi. «Le besoin en informaticien généraliste est déjà grand! Et nous savons que les entreprises belges et luxembourgeoises sont prêtes à les accueillir. Le privé est intéressé tout comme le secteur public, la police fédérale, ou encore les centrales nucléaires. L’enjeu social est de taille! »


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