BELGIQUE

Le Conseil d’État annule le permis d’environnement du Sportpaleis d’Anvers

Le Conseil d’État annule le permis d’environnement du Sportpaleis d’Anvers

La Haute juridiction justifie sa décision par des problèmes de stationnement. Le Sportpaleis dit pourtant avoir fait des efforts. BELGA

Le Conseil d’État a annulé jeudi le permis d’environnement accordé le 8 juillet 2014 à la SA Antwerps Sportpaleis par la ministre flamande de l’Environnement, Joke Schauvliege.

Ce permis devait permettre à la société de continuer l’exploitation et l’extension de son «complexe sportif et événementiel», composé de trois salles: le Palais des sports lui-même, la Lotto Arena et l’Hospitality Center.

La Haute juridiction justifie sa décision par des problèmes de stationnement. Le Sportpaleis peut cependant poursuivre pour l’instant les activités planifiées, précise Joke Schauvliege dans un communiqué.

Les gestionnaires retombent maintenant sous le coup du permis d’environnement qui avait été délivré par la Province en mars 2013 et pour lequel une procédure de recours est donc rouverte. Mais celle-ci n’est pas suspensive car elle émane de riverains, précise un porte-parole de la ministre.

Cette procédure implique que Joke Schauvliege sollicitera l’avis de différentes instances, avant de prendre une décision.

La province d’Anvers avait accordé un permis d’environnement en mars 2013, mais cette décision avait fait l’objet d’un recours. La ministre avait octroyé ce permis en juillet 2014, mais là encore un recours avait été introduit.

Une condition qui n’est pas respectée?

Dans son arrêt, le Conseil d’État relève que «le plan régional d’exécution spatiale impose à l’exploitant du Sportpaleis de répondre pour chaque événement aux besoins en matière de stationnement sur les ‘terrains se trouvant à la disposition exclusive de l’exploitant pendant toute la durée de l’événement’«. Or, il estime qu’il «ne ressort pas suffisamment de la motivation du permis d’environnement que (cette) condition […] est respectée».

Le problème du stationnement est soulevé depuis longtemps par le PVDA anversois (pendant flamand du PTB).

«Le Sportpaleis et la Lotto Arena ne doivent pas immédiatement fermer leurs portes», réagissent jeudi par voie de communiqué les gestionnaires. Ils soulignent que cette décision n’a pas d’effet suspensif. «La ministre a maintenant six mois pour parvenir à une nouvelle décision.»

Pour Jan Vereecke, l’un des dirigeants du Sportpaleis, l’arrêt signifie que ce dernier ne pourra plus prendre en compte pour le permis d’environnement les places de parking sur le domaine public.

Promouvoir les transports en commun

Il rappelle que le groupe déploie depuis des années des efforts pour favoriser l’accès des visiteurs en transport en commun. «Et nous continuerons. Nous sommes toujours engagés à réduire notre impact sur la circulation.»

Les exploitants se réuniront pour envisager la suite. Quelques pistes sont lancées, comme ne pas utiliser en même temps le Sportpaleis et la Lotto Arena pour certains événements, ou de travailler avec une capacité réduite.

Ils se disent également surpris de la décision du conseil d’État, qui n’a pas suivi l’avis de son auditeur.

Le demandeur, pour sa part, a réagi très positivement à l’annonce «surprise», a indiqué son avocat Simon Van Damme. «L’affaire a été plaidée en juin de l’année dernière. C’est donc un peu inattendu, mais une confirmation pour mon client que la pression sur le stationnement était devenue insoutenable en tant qu’habitant du quartier, étant donné que le Palais des sports lui-même manque de places de parking.»

L’affaire a été portée par Chris Stappaerts, un citoyen qui milite activement contre les nuisances provoquées par le complexe sur le voisinage. Il espère maintenant que le Sportpaleis investira en faveur d’une plus grande capacité de stationnement.

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