POLITIQUE

Crise politique: La «dernière séance» du parlement wallon n’aura sans doute pas lieu

Crise politique: La «dernière séance» du parlement wallon n’aura sans doute pas lieu

Traditionnellement, les jours précédant le 21 juillet sont mis à profit par la majorité parlementaire pour faire voter plusieurs textes jugés urgents. BELGA

L’éclatement de la majorité parlementaire PS-cdH devrait avoir pour conséquence l’anticipation d’une semaine de la fin de la session 2016-2017 au parlement wallon, a-t-on appris jeudi à l’issue de la conférence des présidents.

Traditionnellement, les jours précédant le 21 juillet sont mis à profit par la majorité parlementaire pour faire voter plusieurs textes jugés urgents. L’an dernier, le parlement wallon a ainsi tenu pas moins de trois séances plénières la semaine de la Fête nationale.

De la même manière cette année, il était initialement prévu que la session 2016-2017 se termine par une plénière le jeudi 20 juillet. Elle aurait été l’occasion de voter des décrets sur la bonne gouvernance, sujet primordial de la crise politique francophone.

Mais le cdH, soutenu par le MR, n’a pas retenu cette option ce jeudi, lors de la conférence des présidents, l’instance qui organise l’agenda parlementaire. Motif officiel: l’agenda ne prévoit pas suffisamment de dossiers mûrs, et les textes sur la gouvernance ne sont pas encore arrivés.

Bel exemple de la bonne gouvernance

Le PS, par la voix de son chef de groupe Christophe Collignon, y voit plutôt une manière pour l’axe MR-cdH d’éviter de se donner une image négative au cas où leurs parlementaires seraient en nombre insuffisant. Le socialiste dénonce une contamination au parlement de la crise gouvernementale et du blocage des institutions. Bel exemple de bonne gouvernance, commente-t-il, alors que le PS s’attend aussi à une modification du règlement par le MR et le cdH pour le mettre en minorité dans les commissions.

Son groupe n’en déposera pas moins des propositions sur la suppression de la redevance TV et la réforme du bail d’habitation. Il ne compte pas, dit-il, «empêcher le parlement de travailler en supprimant une plénière», mais il bloquera les dossiers cdH grâce à son poids en commission, équivalent à celui de l’axe MR-cdH (six députés contre six).

Dimitri Fourny, le chef de groupe cdH, confirme l’annulation probable de la plénière du 20 juillet. Le ministre Dermagne (PS) n’a pas encore déposé de textes sur la gouvernance, «il n’y a pas de propositions sur la table», fait valoir le centriste. Il souligne que l’ordre du jour de la semaine prochaine comprendra notamment l’ajustement budgétaire, les débats sur l’audit économique Publifin et sur le rapport de la commission d’enquête, le remplacement de l’Institut du patrimoine wallon, etc. M. Fourny pointe aussi du doigt l’annonce par Christophe Collignon, sur lalibre.be peu avant l’ouverture de la conférence des présidents, de la stratégie de la chaise vide dont le PS usera en commission pour bloquer des dossiers estampillés cdH. Dès lors, «qu’ils ne reprochent pas aux autres leurs propres turpitudes».

Le cdH répond au souhait du MR

Le matin même, c’était le cdH qui avait bloqué plusieurs dossiers estampillés PS au gouvernement wallon. Le cdH refuse désormais d’avancer sur des dossiers de politique nouvelle ou à enjeux budgétaires importants, répondant ainsi au souhait du MR qui craint des accords de dernière minute entre socialistes et humanistes.

Chez les réformateurs, on constatait sobrement l’absence d’accord «dans la majorité» (PS-cdH) pour la tenue d’une plénière le 20 juillet.

Pour Écolo, Stéphane Hazée s’est dit perplexe. L’annulation de cette dernière séance a été demandée par le cdH, «soutenu par le MR», alors que le planning semblait ouvert pour discuter gouvernance, note-t-il. Il n’en relève pas moins que son groupe continuera de travailler la semaine prochaine, en posant notamment des questions au gouvernement sur la continuité des dossiers en cours (non-marchand, CETA, CoDT) et en remettant à l’ordre du jour des propositions sur la parité de genre au collège communal, le droit de vote à 16 ans ou l’open data.

Interrogé sur cette bataille d’agenda, le greffe du parlement wallon gardait sa neutralité. L’organisation d’une plénière le 20 juillet «reste une possibilité ouverte à ce stade», commentait-il.


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