RÉGION

Redevance TV: le PS contre-attaque

Redevance TV: le PS contre-attaque

Le chef de groupe PS au Parlement wallon Christophe Collignon dépose avec d’autres députés socialistes un texte réclamant la fin de la télé-redevance. Alors que le cdH vient de bloquer la balle au gouvernement de ce jeudi matin… heymans

Le cdH bloque la suppression de la redevance télévision au gouvernement wallon? Le PS dépose une proposition de décret au Parlement pour réclamer la fin de cette «flat tax». Entre les anciens partenaires, c’est définitivement la rupture.

Il n’y a pas eu de surprise lors du gouvernement wallon de ce matin: le cdH a refusé de valider la proposition du PS de mettre fin à la redevance TV.

Qu’à cela ne tienne: au Parlement wallon, le groupe PS vient de déposer dans la foulée un décret portant sur la suppression de la même redevance, cette taxe à taux unique (100€ par ménage, quels que soient les revenus) ou «flat tax». À remettre à zéro dès le 1er janvier 2019, avec une réduction progressive d’ici là.

L’ambiance est désormais à la guerre ouverte au sein de la (toujours) majorité PS-cdH à la Région.

«Obsolète»: ils l’ont tous dit

«La taxation de cette matière, compte tenu de l’évolution technologique en matière d’image, est obsolète. La raison d’être du maintien de la redevance télévision, aujourd’hui, n’existe plus. Elle est en outre incomprise des citoyens, dès lors que les deux autres Régions l’ont supprimée ou remplacée et que son nom est usurpé», soutiennent les signataires de la proposition de décret (le chef de groupe PS Christophe Collignon, Christie Morreale, Bruno Lefebvre, Dimitri Legasse, Sophie Pecriaux et Jean-Marc Dupont).

Ça, c’est pour motiver l’initiative. Et en gros, tout le monde est de cet avis.

Si ce n’est que ce qui faisait consensus il y a encore quelques semaines a été sérieusement revu depuis que le prétendant MR a misle holà aux « petits arrangements » de dernière minute entre les ministres PS et cdH.

Et la compensation? Les 100 millions de recettes annuelles à combler en cas de suppression? Les députés PS reprennent l’argumentation du ministre en charge Christophe Lacroix: retrait graduel, compensation d’abord par la DLU fédérale et puis par le différentiel positif de la réforme du bonus-logement.

Un PS très remonté

Reste à voir comment sera traitée cette proposition. Elle devrait être prise en considération mercredi prochain en plénière. Et débattue 15 jours plus tard en commission. Comme on ne sait pas encore quand va se terminer la session parlementaire, vu le contexte, autant jouer cette carte… À cet égard, il nous revient que le bureau du Parlement a été très tendu ce matin.

Bref, quelle majorité pour défendre le texte? En commission, le PS a 6 voix, le MR 4 et le cdH 2. Écolo n’a le droit de voter qu’en plénière. Ça bloque au gouvernement, ça risque de bloquer aussi au Parlement.

Peu importe. «On doit en débattre», exige le PS, très remonté contre son ex.

«Nous appelons toutes les formations politiques à cosigner ce texte», répètent les signataires de la proposition. Une façon d’impliquer aussi le MR, qui réclame cette suppression depuis de longues années.

La session parlementaire raccourcie

«Ca fait des semaines qu’on dit qu’on va poursuivre la session parlementaire jusqu’au 20 juillet. Et voilà que soudain, le cdH ne veut pas de plénière le 20»… Le chef de groupe PS au Parlement wallon fulmine. Christophe Collignon s’étonne: «Soudain, au cdH, on considère qu’il n’y a plus de dossiers urgents. Première nouvelle»…

La décision a été prise lors de la conférence des présidents jeudi matin. La dernière plénière aura lieu le 12 juillet.

Le député socialiste dit avoir envie d’avancer. «Il n’y a plus de majorité, OK, personnellement je prends acte. Mais qu’ils amènent un nouveau gouvernement au lieu d’essayer de gagner du temps et de reporter les dossiers où ils courent le risque de ne pas avoir de majorité…»

Il note par contre que la suppression de l’Institut du Patrimoine wallon (un dossier du ministre cdH Maxime Prévot) est devenue subitement une urgence: «On le traiterait en commission le mardi pour le faire passer en plénière le mercredi. Je ne vois pas en quoi c’est une urgence. Je n’ai pas d’avis prérequis sur la question. Mais ce n’est pas normal de se passer d’auditions sur ce dossier. Je compte en demander. On ne va pas traiter ça sur un coin de table.»

Par contre, il a été convenu que le cadastre des intercommunales et des mandats viennent bien en commission des Pouvoirs locaux mardi et que le rapport d’audit économique sur Publifin soit discuté en commissions conjointes (Économie et Pouvoirs locaux).

«Mais le pire, c’est vraiment la suppression de la séance du 20 juillet. On ne peut pas décréter qu’il n’y a plus de majorité, ne pas proposer de nouveau gouvernement et finir plus tôt la session pour éviter les risques de ne pas recueillir de majorité sur certains dossiers.»

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