LA LOUVIERE

Les Louviérois pourront bientôt reprendre le chemin du théâtre

Le 15 novembre, les Louviérois pourront redécouvrir leur théâtre communal flambant neuf. Plus beau, plus grand, plus high tech, le lieu doit de nouveau irriguer de culture le bassin louviérois.

Ca y est, on arrive au bout du chemin de croix. En novembre, le rideau du théâtre de La Louvière doit enfin se relever, après huit ans d'inactivité. Le lieu a été fermé en 2009 et est en travaux depuis 2012. Après de nombreux déboires qui ont quasi doublé la facture initiale des travaux (11 millions d'euros au lieu de 6), les clés du théâtre doivent être remises en novembre à Vincent Thirion, nouveau directeur du Centre Culturel Régional du Centre.

« Quand j’ai vu la salle pour la première fois, j’étais vraiment ému », avoue-t-il. Si les travaux ont été longs et pénibles, cela en valait la peine. « On peut tout faire : du cirque, du théâtre, de la danse, de la danse aérienne », égrène le directeur. Au menu des réalisations, il y a eu l’extension de la cage de scène et du plateau, désormais plus grand que celui de la Monnaie à Bruxelles. Les murs ont été renforcés, la toiture a été refaite.

Les 950 sièges fraîchement installés sont imbattables en confort. La tenturerie et les éclairages ont aussi été changés. Le théâtre est désormais équipé d’un matériel à tomber : «C’est pratiquement la même installation qu’au nouvel opéra de Liège». Quant à l’acoustique, « elle est parfaite ! » Le système acoustique a été mis au point par les acousticiens du Palais 12 du Heysel. Côté coulisses, les couleurs vives ont embelli les murs. Des espaces de vie et de travail ont été créés et de nouvelles loges ont été aménagées, équipées d’écrans vidéos pour que les artistes en préparation ne ratent rien de ce qui se passe sur scène.

Tous les aménagements ont été pensés afin de conserver l’esprit Expo 58 cher à ce lieu. Le hall d’entrée replongera les spectateurs dans cet univers, le carrelage d’origine a notamment été conservé.

«Une ville étrange»

A quatre mois de sa réouverture, le vaisseau amiral de la culture louviéroise est presque prêt à reprendre du service et Vincent Thirion, son nouveau capitaine, a déjà tracé la route. L’ancien directeur de Charleroi Danse a appris à connaître La Louvière alors que son deuxième mandat à la tête du pôle carolo de la danse se terminait. Une connaissance lui suggère de postuler pour la direction du Centre Culturel Régional du Centre.

Curieux, il fonce visiter La Louvière, qu’il connaît assez peu. Ses premières impressions ? «C’est une ville étrange, mais où on peut voir chaque chose positivement, avec plein d’initiatives en construction. De plus, l’accueil des Louviérois est assez chaleureux.»

De retour chez lui, Vincent Thirion analyse de plus près les activités du Centre Culturel et postule dans la foulée. Ce qui l’a convaincu ? Le large panel d’activités possibles, la rôle rassembleur du CCRC, qui collabore avec la plupart des communes du Centre, et sa dimension participative. «Le côté participatif, de démocratie culturelle, je trouve que c’est essentiel. Et ici, on le sent de manière très forte. Et grâce au centre culturel, on va pouvoir développer cette dimension».

Son ambition est notamment de développer une cellule de production, pour aider à la création de spectacles louviérois pouvant s’inscrire à moyen terme dans des parcours nationaux et internationaux. Et le travail commence dès maintenant : des compagnies de théâtre seront accueillies en résidence et accompagnées par le CCRC pour la création de leurs spectacles, programmés durant la saison 1 du centre culturel, qui marquera le début d’une nouvelle ère. Celle où La Louvière entend montrer qu’entre Mons et Charleroi, il se passe des choses, tout le temps.  

Une programmation bouclée en un temps record

Pour le retour du théâtre dans le paysage culturel local, il fallait une programmation alléchante qui retient l’œil du potentiel public. «L’idée était que les gens retrouvent le chemin du théâtre, après neuf ans d’absence. Pendant ce temps, ils ont eu le temps de se tourner vers d’autres territoires, comme Mons et Charleroi.

Et pour ça, il fallait offrir une programmation grand public. Les gens vont revenir ici pour la première fois, et il faut que ça fonctionne dès le départ», explique Vincent Thirion, qui a bouclé la programmation avec l’équipe du centre culturel en à peine un mois et demi.

Au programme pour cette saison de lancement : du grand spectacle avec Christophe, mais aussi An Pierlé, Saule, Albin de la Simone, Luz Casal chante Dalida, Fishbach, Tim Dup, Flavia Cohelo…Pour la soirée d’ouverture, place au cirque avec le Slava’s Snow Show, un spectacle où le public est impliqué dans le spectacle. Une façon de mettre en exergue cette dimension participative chère à l’équipe du CCRC.

Et qui sera déclinée de diverses façons tout au long de l’année. «Avec Luz Casal, nous organiserons un cycle autour d’Almodovar, elle ira à la rencontre d’élèves qui étudient en espagnol…Sur un autre spectacle, on travaillera sur le thème de l’identité autour duquel on créera des rencontres…»

Enfin si la programmation a quelques grands noms, elle n’en oublie pas pour autant les artistes du coin. Citons côté théâtre « À vos scalps ! », de Frédérique Lecomte, originaire de La Louvière, qui met en scène ce spectacle autour d'une vingtaine de citoyens louviérois. Mais aussi « Gen_Z » du jeune metteur en scène Salvatore Calcagno (Louvièrois, lui-aussi) questionnant la réalité des jeunes avec une troupe d’acteurs non professionnels. 

Plus d'infos: www.ccrc.be


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