SAUTE D’HUMEUR

Pourquoi ne pas réunir les parlementaires de façon virtuelle?

Pourquoi ne pas réunir les parlementaires de façon virtuelle?

Jean-Claude Juncker bien seul hier au Parlement européen de Strasbourg. Au point de pousser une gueulante ...quasiment dans le vide! -

Des députés présents mais distraits, qui papotent, lisent, mangent ou plaisantent. Des députés souvent absents aussi. Faut-il vraiment encore les réunir «physiquement» pour que la démocratie fonctionne?

Visiblement, un peu partout, les députés s’ennuient lorsqu’ils sont «obligés» de siéger.

Des journaux satiriques comme «le Petit journal» avaient fait leurs choux gras de les épier en train de dormir, lire le journal, faire des réussites sur leur ordi, manger, plaisanter pendant que leurs collègues s’expriment. On avait droit à des compilations hebdomadaires.

Rien que ces derniers jours, plusieurs vidéos du Parlement belge ont circulé, allant dans ce sens. On y voit par exemple la députée écolo Muriel Gerkens interpellant la ministre de la Santé sur le problème de la définition en chantier des «perturbateurs endocriniens» et leur impact sur les gens mais aussi leurs descendants.

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N’est-ce pas dépassé de vouloir réunir physiquement tous ces gens dans un auditoire?

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Derrière l’oratrice, on voit la chef de file du PS papoter avec ses voisins (l’un mangeant un bâton de chocolat), rire, se retourner. Elle n’est donc guère attentive. «Rien à cirer»? Certains répliquent que de toute façon, les députés n’ont pas besoin de vraiment prêter attention à leurs collègues remplissant leur «temps de parole» puisqu’ils ont déjà eu copie de l’intervention. Bref, tout est organisé pour anesthésier l’assemblée.

Et puis mardi, au Parlement européen, pour la dernière séance plénière à Strasbourg «avant les vacances», ils n’étaient que 30 à siéger sur plus de 750. Les rares députés présents ont donc eu droit à une engueulade du président de la commission européenne Jean-Claude Juncker, furieux et accusant le parlement d’être «ridicule».

Mais en 2017, à quoi cela sert-il de réunir autant de gens dans un hémicycle. N’est-ce pas complètement dépassé? Ne pourrait-on faire en sorte qu’ils se réunissent sans forcément se déplacer, par exemple, par vidéo conférence, comme cela se fait de plus en plus dans les entreprises.

Cela ne les empêcherait nullement de soigner leurs interventions. S’ils veulent faire un stand-up à la Hedebouw au parlement belge ou un show à la Verhofstadt au parlement européen, ils seront filmés en direct et pourront diffuser le résultat.

Cela n’empêchera personne de voter. Et si les députés veulent applaudir ou huer l’intervention d’un autre député, ils n’auront qu’à appuyer sur une touche «applaud» ou sur une autre «boo».

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Certaines entreprises aux USA ont déjà des «salles de réunion virtuelle»

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Par contre, s’ils s’ennuient, ils pourront boire un café, lire un journal, faire un puzzle, dicter des lettres de recommandation, voire se couper les ongles des doigts de pieds beaucoup plus discrètement et sans que cela ne donne de leur assemblée l’impression d’une désinvolture insupportable, les contribuables étant depuis quelque temps très peu indulgents concernant ce genre d’attitude.

On évitera les images de parlements à moitié déserts et cette impression qu’ils auraient «tellement mieux à faire que d’être bloqués à devoir siéger».

On épargnera aussi leurs frais de déplacement (surtout en ce qui concerne l’Europe) et accessoirement leurs frais de buvette (surtout si elle est gratuite comme au Parlement fédéral). Et on les réunira vraiment lorsque ça vaut la peine. En cas de crise ou pour les commissions d’enquête.

N’est-ce pas l’évolution inéluctable de la société? D’autant que se mettent en place d’autres technologies. Certaines sociétés américaines organisent déjà des rencontres dans des décors de salle de réunion virtuels, où chacun prend place en se connectant.

Un jour, on se demandera pourquoi on s’obstinait à réunir autant de gens pour des débats prémâchés et formatés, sans que ce soit vraiment indispensable.

Mais bon, peut-être aussi qu’un jour, les futurs «Parlements virtuels en 3D et en relief» dont chacun pourra suivre les débats en direct seront aussi vides que l’hémicycle de Strasbourg l’autre jour.

Et il faudra trouver autre chose…


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