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SÉRIE D'ÉTÉ (1/8) | À bord du train le plus haut d’Europe

SÉRIE D'ÉTÉ (1/8) | À bord du train le plus haut d’Europe

ÉdA – Mathieu Golinvaux

Le Bernina Express est le train de voyageurs le plus haut d’Europe. Reliant la Suisse à l’Italie, il traverse les Alpes où il grimpe jusqu’à 2 253 m.

À toute vitesse, notre train file à travers les lacs et les monts enneigés, à plus de 2 000 m d’altitude. Avant d’embarquer, on nous avait prévenu que nous allions en avoir plein la vue et on n’a pas été déçu.

Chaque jour, le Bernina Express, l’un de ces fameux trains rouges suisses, effectue le trajet entre Lugano et Coire ou Davos. Pour traverser les Alpes et avaler les 122 km de trajet, celui-ci emprunte pas moins 55 tunnels et 196 ponts. C’est la ligne de train la plus haute d’Europe et une partie de son trajet est d’ailleurs inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2008. Les paysages se succèdent et sont tous un peu plus magnifiques.

Contrôleur, Sisto effectue cette ligne quotidiennement depuis 40 ans. «Je fais le plus beau métier, sourit-il. Je ne voudrais en changer pour rien au monde. Je ne m’en lasse pas. Évidemment, à force, je me suis habitué à la vue. C’est peut-être moins impressionnant que pour vous, mais il m’arrive encore de découvrir certaines choses, puis il y a les différentes saisons et la nature qui évolue aussi évidemment.»

La ligne du Bernina Express a été construite entre 1903 et 1910. Désormais, plus de 100 ans plus tard, celle-ci n’est plus véritablement un moyen de transport, son utilisation est d’ailleurs presque exclusivement touristique, même si elle est encore utilisée par les skieurs pour rejoindre les stations de haute montagne.

Vue panoramique

C’est qu’avec ses vitres panoramiques, on pourrait croire que le train est enveloppé de verre. Celles-ci permettent de ne pas manquer le moindre centimètre carré de paysage tout au long de la traversée. «Vous avez de la chance, aujourd’hui, il fait beau et le ciel est dégagé, reprend Sisto. Vous allez pouvoir apercevoir tous les sommets normalement. Il y a le Bernina qui culmine à 4 049 m ou son voisin le Piz Palü à 3 095 m. Il y a aussi le glacier du Morteratsch.»

Et pour ne rien manquer du voyage, une page internet, qui se charge automatiquement après avoir connecté votre téléphone portable au réseau du train, permet de suivre le parcours en temps réel. Tout au long du trajet, l’application nous indique notamment l’altitude, les points de vue immanquables, sans oublier de nous détailler certains éléments aperçus à travers les larges baies vitrées. Il suffit de se laisser guider. « Je n’avais jamais vu de tel paysage, se réjouit Genji Yaoeda, un Japonais, qui emprunte pour la première fois la ligne avec son épouse et ses deux enfants. C’est vraiment extraordinaire. Il y a tellement de choses à observer qu’on ne voit pas le trajet passer. »

Gotthard Panorama Express

Bien avant d’embarquer à bord du Bernina Express, notre périple à travers la Suisse a débuté du côté de Lucerne. Après avoir découvert la ville, c’est en bateau à vapeur que nous avons effectué notre première étape. Le Swiss travel pass comprend en effet également certaines lignes de bateau. Comme un train, l’embarcation file d’ailleurs aux quatre coins de l’immense étendue d’eau, de quai en quai, qui sont pour la plupart de véritables petites gares.

Débarqué à Flüelen après trois heures de voyage à se laisser bercer sur le lac des Quatre Cantons, il était temps de sauter dans un premier train panoramique sur le parcours historique du Saint-Gothard.

Une ligne touristique

 

Si le tout nouveau tunnel, au pied de la montagne, permet aux utilisateurs réguliers de gagner un temps précieux, la ligne historique est désormais utilisée pour les voyages touristiques. Elle est en effet également fréquentée depuis quelques mois par des trains panoramiques. Lentement ceux-ci serpentent tout autour des montages, déjà, la vue est splendide. Une fois à Lugano, le voyage se poursuit en bus, le long du lac de Côme, jusqu’à Tirano, puis en train pour la partie la plus attendue de notre périple qui nous emmènera, notamment, jusqu’à la station d’Ospizio Bernina, à 2 253 m.

Plus loin, toujours à bord du Bernina Express, à travers les haut-parleurs, la voie de Sisto vient interrompre le calme du long wagon. «Mesdames et messieurs, notre prochaine halte sera Saint-Moritz », lance le contrôleur. Pour nous, le voyage s’arrête déjà ici, au pied des montagnes du canton des Grisons. L’occasion de confirmer les propos de Genji, non, on n’a vraiment pas vu le temps passer.

 

+ Reportage complet dans le Deuzio du samedi 1er juillet, à retrouver sur notre site.

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