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La meilleure perchiste du royaume défie Ninja Warrior: «L’adrénaline et le suspense pour rester éveillée»

La meilleure perchiste du royaume défie Ninja Warrior: «L’adrénaline et le suspense pour rester éveillée»

En août 2015, Chloé Henry dépassait la barre des 4,42m à Waremme. Personne n’a fait mieux en deux ans. Jérôme Houet

Vendredi soir, la détentrice du record belge du saut à la perche entame son parcours dans la course infernale de Ninja Warrior. Cette touche à tout réussira-t-elle la transition du stade au studio?

Après le tatoué Philippe Scofield qui s’est hissé jusqu’en finale la saison dernière et l’agriculteur Rudy Bonhomme, éliminé d’entrée en ouverture de cette saison, la Belgique a trouvé une nouvelle championne pour la représenter sur le parcours de Ninja Warrior.

Cette fois, c’est une athlète comme le plat pays en produit peu qui se présentera sur la ligne de départ: la perchiste Chloé Henry, qui ne partage les sommets de sa discipline qu’avec Fanny Smets (voir encadré ci-dessous). Certes, le pedigree des candidats doit être relativisé par le caractère très aléatoire des obstacles: la moindre chausse-trappe peut avoir raison des plus grands sportifs, aussi forts soient-ils.

La Bruxelloise, membre de l’Excelsior de Bruxelles, a tout du candidat idéal pour Ninja Warrior: gymnaste, athlète, mais aussi cascadeuse et surtout compétitrice dans l’âme. Plus la diffusion se rapproche, plus on peut ressentir son impatience sur les réseaux sociaux. Rencontre.

À la télé et pour le fun, mais une compétition quand même

Chloé Henry, on vous a déjà vu à la télévision, mais dans un stade au lieu d’un plateau télé. De l’autre côté de l’écran, est-ce aussi un gros changement?

Oui, c’est fort différent. Mais Ninja Warrior reste une compétition sportive. On doit aussi attendre son tour, un peu comme à la perche. Il y a quand même pas mal de points communs avec l’athlétisme, quand on y pense. En dehors de tous les aspects inhérents à la télévision, la plus grande différence avec les compétitions traditionnelles est qu’on découvre le parcours au moment même. On ne peut pas faire d’essais en préparation de notre passage. On le découvre en arrivant sur le plateau. C’est pour ça que beaucoup de candidats tombent sur les premiers obstacles.

Quel impact a le tournage sur le déroulement de la compétition?

D’abord, il y a l’enregistrement des portraits et des interviews en journée. Puis il y a le maquillage… Mais le plus grand facteur, c’est le fait qu’on tourne tout de nuit. De 20h à 3h ou 4h du matin! Je suis passée environ à 2h. L’adrénaline nous tient éveillés, mais avec les nombreuses pauses, l’attente et l’heure tardive, je peux vous dire que j’étais bien contente de retrouver mon lit!

Avez-vous eu le temps de vous ennuyer sur le plateau?

Les conditions sont difficiles, mais je comprends qu’on nous les impose pour avoir les meilleures images possibles sans que le tournage s’éternise. J’ai dû prendre mon mal en patience, mais on ne s’ennuie pas vraiment. Il y a plein de profils différents parmis les candidats. La production nous tient en haleine en faisant régulièrement appel à nous, donc ces longues journées passent assez vite.

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J’ai appris que je participais une semaine avant le tournage!

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De la perche au parcours d’obstacles au-dessus d’une piscine, la transition n’est quand même pas naturelle.

Non, mais le concept de l’émission m’est connu depuis un petit temps. J’avais regardé la version américaine (NDLR: elle a passé une bonne partie de son enfance au Texas), et j’ai suivi la première saison sur TF1. Mais une année olympique n’est pas vraiment le bon moment pour tenter Ninja Warrior. C’est mon ami Steeve Tigerland, candidat l’année passée, qui m’a encouragé à envoyer ma candidature. Tout s’est passé très vite: ils m’ont appelée directement pour que je me présente le lendemain au casting à Paris. J’ai appris que j’étais retenue un mois seulement avant le tournage à Cannes.

Aviez-vous eu besoin de chambouler votre programme d’entraînement?

Non car le tournage est bien tombé dans la saison. Mon entraînement pour la perche est déjà plutôt complet à la base. Je l’ai agrémenté d’exercices d’équilibre et de quoi renforcer mes avant-bras lors d’une semaine plus légère de mon programme.

Vous n’avez donc pas pris ce défi à la légère.

Je me suis portée candidat pour le fun, surtout. Mais aussi pour y faire bonne figure, évidemment. Je ne voulais quand même pas me planter au premier obstacle (rire)! Je n’avais pas beaucoup de temps pour me préparer, entre le casting et le tournage. Mais comme c’est tombé au bon moment dans la saison, j’ai pu me préparer comme il le fallait, sans devoir aménager mon programme. La perche reste le principal, mais j’ai pu combiner les deux, c’est tant mieux.

Être présentée comme la meilleure perchiste de son pays, cela met-il un peu de pression sur la ligne de départ?

Non. Ce statut ne met pas plus de pression sur mes épaules. Il y a plein de candidats brillants dans leur domaine qui échouent en début de parcours. Un peu de malchance ou mal attaquer un obstacle, et tout va très vite. On ne sait jamais comment la course va se dérouler. La chance a un rôle important dans cette épreuve. La pression, je me la mets moi-même. Je suis une véritable compétitrice, et j’ai envie de bien faire.

En parlant de chance, quel est l’obstacle qui vous a le plus impressionnée a priori?

Il y a cette roue qui m’a valu une bonne dose d’appréhension. Elle a donné beaucoup de fil à retordre aux candidats, car personne ne savait vraiment comment l’attraper ni à quelle vitesse elle tournait. Vous verrez ce vendredi soir comment j’ai pu, ou pas, négocier cet obstacle.

Le week-end dernier, vous étiez la grande absente du championnat de Belgique, remporté par votre rivale Fanny Smets. Ninja Warrior a-t-il réussi à vous mettre du baume au cœur?

Évidemment, ça fait mal de rater un tel rendez-vous à cause d’une blessure (NDLR: au tendon d’Achille). C’est un incontournable de la saison, et, même si j’ai d’autres activités, la perche reste ma principale préoccupation. Ninja Warrior, c’est accessoire. Mais ça me permet de me changer les idées et de ne pas penser qu’à ce rendez-vous manqué. S’il était trop tôt pour concourir la semaine dernière, j’espère reprendre la compétition cet été. Il est trop tard pour viser les minimas en vue du championnat du monde, mais ça me permettra de voir où j’en suis. Je pourrai alors mieux me préparer pour la saison en salle et la saison prochaine en extérieur.

Une championne dans le costume du ninja

À l’instar de Ninja Warrior, Chloé Henry est originaire des États-Unis (née au Texas en 1987). Dès son enfance, elle se fait un petit nom dans le monde sportif. D’abord dans les gymnases. Championne de Belgique en 2006 et concurrente aux championnats d’Europe et du monde, elle a dû faire une croix sur les JO de Pékin à cause d’une dislocation de l’épaule, juste avant les championnats du monde qualificatifs.

Plusieurs blessures plus tard, elle abandonne la gymnastique pour le saut à la perche. Autre discipline, même niveau de performances: médaille de bronze à sa première participation au championnat outdoor de Belgique en 2008, l’argent en 2009 (indoor et outdoor) et 2010 (outdoor).

C’est au début de cette décennie que Chloé Henry prend une autre dimension, en battant à plusieurs reprises le record de Belgique (jusqu’à 4,33m en indoor, battu par Fanny Smets en 2017 — 4,34m-, et 4,42m en outdoor, encore inégalé à ce jour). 4 fois championne de Belgique en indoor (2012, 2013, 2014, 2015) et 3 fois en outdoor (2012, 2014, 2015), elle finit cette série en 2015 par une belle médaille de bronze aux Universiades d’été de Gwangju (Corée du Sud).

Vous avez commencé votre carrière en gymnastique. Toujours dans le parcours de la perche, vous vous attaquez à la télévision. Vous aimez toucher à toutes les disciplines…

Oui, je suis curieuse et j’aime me donner de nouveaux défis. J’aime mettre mes compétences à profit dans d’autres domaines que l’athlétisme. La gym et la perche m’ont taillée sur mesure pour Ninja Warrior, mais j’aime essayer tout ce qui procure des sensations fortes.

Vous serez donc casse-cou pour un petit temps encore, au-delà de votre carrière sportive…

Évidemment, tant que faire se peut. J’aimerais bien rester active dans le sport et tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à Ninja Warrior. Et le cinéma aussi, pourquoi pas? Je pourrais continuer une carrière de cascadeuse. J’ai déjà tourné des scènes d’actions pour quelques films, dont Amsterdam Heavy, et plusieurs publicités.

Retour sur le (premier?) passage de Chloé Henry dans Ninja Warrior ce samedi matin sur lavenir.net

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