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Dinant: tout roule dans la prison la plus surpeuplée du pays

Dinant: tout roule dans la prison la plus surpeuplée du pays

Le taux de surpopulation est de 64% à la prison de Dinant. Pourtant, l’ambiance y reste sereine. BELGA

La prison de Dinant est la plus surpeuplée du pays, confirme le rapport 2016 de la DG EPI. Pourtant le personnel ne se plaint pas du cadre du travail. Ni les détenus, semble-t-il.

Imaginez qu’un rapport pointe l’établissement pénitentiaire dans lequel vous travaillez comme la prison la plus surpeuplée du royaume. Il y aurait de quoi monter aux barricades, non?

Et pourtant, à la prison de Dinant, on relativise cette surpopulation. «Il y a une soixantaine de détenus pour 32 places», confirme Pascal Denis, délégué CGSP. Mais le représentant syndical relativise. « Si nous sommes la prison la plus surpeuplée du royaume, c’est parce que nous sommes la plus petite. Mais ici, l’ambiance est plus sereine et plus familiale que dans les établissements de grande importance. Nous avons un contact plus facile avec les détenus et nous rencontrons peu de problèmes.»

Mardi, la Direction générale des établissements pénitentiaires a publié son rapport 2016. En tête de la surpopulation carcérale trône la prison de Dinant (64%), devant Berkendael (42%), Namur (42%) et Jamioulx (35%). Pourtant, de manière générale, la surpopulation carcérale est en diminution: 15% de moins par rapport à 2013. Ces évolutions sont dues à la mise en place des masterplans I et II ainsi qu’à l’ouverture du Centre de psychiatrie légale de Gand qui accueille 264 internés.

Alors à la maison d’arrêt de Dinant, bien gré que l’on se marche un peu sur les pieds, on ne se plaint pas trop. «Les détenus sont à deux par cellule au lieu d’un. Cela n’a jamais occasionné de problèmes même si c’est plus délicat quand il y a des grosses chaleurs», continue le délégué CGSP. Selon lui, ce problème de place serait tempéré par l’ambiance générale. «La plupart des détenus n’ont pas envie de se retrouver dans de grosses structures. Le seul souci, c’est qu’on ne sait pas donner toutes les activités qu’ils pourraient avoir. Mais les détenus ont quand même deux préaux par jour et ils ont l’occasion de travailler.»

Et suite aux grèves de 2016, les renforts en personnel sont bien arrivés. «On est plutôt content car on en a même eu plus qu’on espérait.» Bref, tout ne va pas si mal dans la prison la plus surpeuplée du pays «mais il faudrait qu’on pousse quand même les murs.»


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