POLITIQUE

Le congrès du PS: «Le socialisme ne meurt jamais! Le PS est toujours là» lance Elio Di Rupo

Ce dimanche, le parti socialiste s’est prononcé en faveur du décumul des rémunérations lors de son congrès.

Aucune nouvelle rencontre formelle entre les principaux protagonistes de la crise politique francophone n’est prévue pour ce week-end. Par contre le PS se retrouve pour un congrès aux Lacs de l’Eau d’Heure.

 

 

Décumul des rémunérations: huées et quolibets

Le parti socialiste s’est prononcé dimanche, avec 52% des voix de ses militants, en faveur d’un décumul des rémunérations de ses mandataires, une décision accueillie sous les huées et quelques quolibets par de nombreux militants favorables au décumul intégral des mandats de parlementaire et de bourgmestre, échevin ou président de CPAS.

Le cumul des mandats sera dorénavant interdit aux socialistes dans les villes et communes de plus de 50.000 habitants. Les fédérations qui le souhaitent pourront toutefois aller en-deçà de ce seuil.

Toujours selon les décisions émanant majoritairement des fédérations du parti, les mandats dérivés d’instances communales et provinciales devront être exercés à titre gratuit.

Le plafond total des revenus des mandataires (y compris dans une asbl ou une personne morale, de droit privé ou public, soumise à la législation sur les marchés publics en raison de leur financement public) ne pourra plus dépasser le montant de l’indemnité parlementaire.

La question du décumul est devenue centrale après l’éclatement de nouvelles affaires touchant certains mandataires du parti à Liège, Bruxelles et, dans une moindre mesure, Charleroi. Elle a opposé ces dernières semaines la base militante aux députés-bourgmestres, le président du parti Elio Di Rupo tentant d’opérer la synthèse.

 

Une cission entre les 2 grandes fédérations

 

La césure entre les deux options s’est notamment inscrite au niveau des deux plus grandes fédérations du PS, Liège et Charleroi, la première favorable au décumul financier, la seconde au décumul intégral des mandats.

L’homme fort de Charleroi Paul Magnette ne s’est pas senti minorisé par le résultat du vote. «Les militants se sont exprimés, ils nous ont fait rêver, nous obtenons 48%, le train est lancé, malgré un combat difficile», a-t-il réagi, n’ayant pas encore fait son choix entre une fonction de bourgmestre de Charleroi, qu’il pourrait retrouver, ou celle de ministre-président, en sursis, voire de député. Paul Magnette a dit vouloir continuer le combat pour, comme l’a dit le représentant de la fédération de Verviers, «décadenasser» le parti socialiste.

Les partis socialistes sont en plein questionnement en Europe. Ils ont tendance à se diviser, en Grande-Bretagne, en France, en Italie, entre représentants des militants et de l’appareil. La situation en Belgique francophone n’est pas comparable, a souligné M. Magnette, soucieux aussi de ne pas vouloir personnaliser le débat. «Je me battrai pour faire vivre le socialisme. Maintenant où et comment? Cela dépendra des circonstances», a-t-il précisé à l’agence BELGA.

Homme orchestre de ce congrès extraordinaire, le député André Frédéric a conclu les débats en indiquant que «les gloires individuelles sont éphémères alors que l’action collective s’inscrit dans l’histoire».

«Le socialisme ne meurt jamais!»

Quelques instants plus tôt, le président Elio Di Rupo avait lancé un appel à l’unité du parti. Il a annoncé cent mesures du chantier des idées qui seront proposées aux fédérations le 23 août et remonteront lors d’un congrès le 24 septembre.

 

«

Soyons honnêtes. Ca nous fait mal. Très mal.

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Avant de remercier les militants, le président a rappelé l’enjeu du congrès qui se joue aujourd’hui et le constat après les différentes affaires de ces derniers mois.

«Mes chers Camarades, le congrès qui nous rassemble aujourd’hui fera date. Il marque un tournant dans le paysage politique. (...) Notre grande famille socialiste, notre belle famille socialiste a été salie par le comportement de quelques-uns. Soyons honnêtes. Ca nous fait mal. Très mal.»

Il a tenu à souligner, que le parti avait pris des sanctions «fortes à l’égard des fautifs». Mais que le PS n’était pas le seul touché par ces affaires.

«Je ne regarde jamais l’assiette du voisin. Mais il faut avoir les yeux bandés pour ne pas voir que des membres d’autres partis font ou ont également fait l’actualité. Il ne m’appartient pas de porter un jugement sur la manière dont les autres tentent de résoudre leurs problèmes. Mais force est de constater que le Parti socialiste est le seul parti du pays à avoir exclu ses membres condamnables.»

 

Une «Constituante populaire»: des citoyens tirés au sort

 

Face à ces constats, Elio Di Rupo a affirmé que son parti était le seul a avoir formulé des propositions radicales de bonne gouvernance. «Certains me demandent si je peux garantir qu’il n’y aura plus d’accidents comme ceux que nous venons de connaître. Ma réponse est toujours la même. Nous pouvons adopter toutes les mesures que nous voulons, l’éthique reste avant tout une affaire personnelle. Il appartient à chacun, en âme et conscience, de veiller à ce que ses actes respectent la loi mais aussi, en tant que socialistes, à ce que chaque acte soit en adéquation avec nos valeurs.»

Le PS veut instaurer une «Constituante populaire». «Une assemblée de citoyens tirés au sort et représentative de la sociologie de la population sera créée.»

 

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Benoît Lutgen a-t-il voulu rappeler son existence?

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Elio Di Rupo est revenu sur le divorce avec le cdH.

«En plus d’être une trahison, cet acte s’inscrit dans une volonté de la droite de minoriser la gauche. Je ne connais toujours pas les motivations profondes qui ont conduit Monsieur Lutgen à provoquer une crise politique en Wallonie et à Bruxelles. (...) Alors, pourquoi cette attitude guerrière du cdH? Je vais être franc. Je n’exclus pas que M. Lutgen se demande si son parti a encore aujourd’hui une pertinence dans le paysage politique francophone. A-t-il voulu rappeler son existence? A-t-il pensé qu’en agissant comme il l’a fait, il retrouverait une visibilité? Je ne l’exclus pas. En tout cas, ses arguments clamés haut et fort ne tiennent pas la route. Personne n’est dupe.»

Le président a terminé avec ces mots: «Le socialisme ne meurt jamais! (...) Le découragement ne fait pas partie du vocabulaire socialiste. Etre militant socialiste, c’est rester soudés, serrer les rangs et faire front. (...) Le PS est toujours là!»