SEXUALITÉ

VRAI OU FAUX| Ces 5 «grandes vérités» sur la sexualité sont-elles vraiment correctes?

VRAI OU FAUX| Ces 5 «grandes vérités» sur la sexualité sont-elles vraiment correctes?

Est-il normal que le désir diminue avec le temps? marinasvetlova - Fotolia

Qui n’a jamais entendu de grandes théories sur la sexualité tout en se demandant secrètement si elles s’avéraient correctes. Nous faisons le point avec une sexologue sur cinq «grandes vérités» véhiculées à propos de la sexualité.

La sexualité... Tout un programme!

Un programme dont on n’ose pourtant pas toujours parler. Au risque de faire de confiance à de «grandes vérités» véhiculées par la conscience collective, qui ne s’avèrent pourtant pas correctes.

On fait le point sur cinq de ces idées reçues avec Céline Gennart, thérapeute conjugale et sexologue à Namur.

Les hommes ont plus de désir sexuel que les femmes

«Ce n’est ni vrai, ni faux. Les hommes ont plus de propension à avoir un désir sexuel car ils ont plus de testostérone, qui est, entre autre, l’hormone du désir. Les hommes et les femmes ne ressentent pas le désir de la même manière. Les femmes vont avoir plus de désir si elles se sentent désirables. Et les hommes vont plus avoir de désir s’ils peuvent désirer. La femme est plus sensible au contexte, qui n’est pas forcément sexuel, pour avoir du désir. Alors que l’homme est plus centré sur la sexualité pure et simple.»

Plus on fait l’amour, plus on a envie de le faire

«C’est en principe vrai. On dit que l’appétit vient en mangeant. Moins on fait l’amour, moins on a envie de le faire. Plus on fait l’amour, plus on a envie de le faire. Mais cela dépend de comment on le fait, avec qui, etc. La réponse est «oui», si la sexualité est respectueuse et épanouie. Il faut parfois faire un effort pour remettre la machine en route. Et certaines trouvent ça peu naturel, je leur répondrais que la sexualité n’est pas naturelle, c’est la procréation qui l’est, pour éviter l’extinction de l’espèce. Faire l’amour en dehors de la procréation, c’est un luxe. Donc il faut parfois faire un effort pour se remettre en selle. Et au début, ce n’est pas forcément agréable. Mais il ne faut pas se faire de fausses idées, cela ne reviendra pas miraculeusement sans efforts.»

Dans un couple de longue durée, il est normal que le désir diminue

«C’est vrai, à 100%. C’est ce qu’on appelle le phénomène d’habituation, la routine. Et cela est facile à comprendre avec cet exemple: lorsque quelqu’un vous caresse le bras, c’est sensible, c’est agréable. Après dix minutes, cela risque pourtant de vous ennuyer, voire de vous faire mal et vous aurez envie que cela se termine. C’est pareil pour le sexe. On s’habitue. Et ce qui était agréable au début ne l’est plus forcément. Ou en tout cas, il faut plus de stimulations pour avoir l’effet escompté. Pour entretenir le désir, il est indispensable de passer du temps à deux, de se créer des opportunités. Et cela n’est pas toujours évident à cause de la vie professionnelle et familiale. Il faut (ré) apprendre à passer du temps à deux pour maintenir la tendresse, la complicité et aussi la communication à l’intérieur du couple. Le plus gros problème dans les couples, c’est la communication et surtout, l’absence de communication. Il faut pouvoir exprimer ses besoins tout en respectant ceux de l’autre. Il faut également être bien dans sa peau pour être bien avec l’autre. C’est un tout.»

Les femmes ne peuvent pas se passer des préliminaires

«C’est faux. Sauf si l’on pense aux femmes qui souffrent de sécheresse vaginale et donc de douleurs associées. Elles vont alors avoir besoin de préliminaires. Mais certaines autres femmes ont un désir passif permanent qui fait que leur corps lubrifie. Elles peuvent faire l’amour tout de suite. Elles n’ont pas besoin de préliminaires. Par contre, cela ne veut pas dire qu’elles n’en ont pas envie. L’important est de pouvoir varier. On peut parfois prendre son temps, parfois aller un peu plus vite. Mais lorsque les préliminaires deviennent une règle inévitable, cela peut poser problème.»

Si on est heureux en couple, on ne se masturbe pas

«C’est tout à fait faux. Je préconise d'ailleurs la masturbation. C’est bon pour la santé et cela permet de sécréter des bonnes hormones, pour l’estime de soi par exemple. Sauf si on culpabilise. Si on arrive à se libérer, la masturbation est un excellent antidépresseur naturel. Cela déstresse et c’est gratuit en plus! Il permet d’être mieux avec soi et donc mieux avec l’autre, avec les enfants, dans le milieu professionnel, etc. Il ne faut pas s’en priver. Dans un couple qui n’a pas les mêmes envies sexuelles au niveau de la fréquence, la masturbation peut d’ailleurs être un bon compromis, à faire avec l’autre. Cela permettra à chacun de répondre à ses propres besoins, dans le respect de l’autre. Il faut avoir assez confiance en soi et en son partenaire pour ne pas éprouver de «jalousie» ou de frustration par rapport à ça. La masturbation permet en outre de mieux se connaître, de mieux identifier ce que l’on aime. On peut alors en faire part à son partenaire. C’est une vertu!»

Quelques idées reçues fausses sur la sexualité

- Il existe un nombre idéal de rapports sexuels par semaine.

- Les films pornos correspondent à une sexualité «modèle».

- Les hommes sont naturellement infidèles.

- Si un homme n’a pas une érection rapide, c’est qu’il ne désire pas sa partenaire.

- Il ne peut pas il y avoir de sexualité sans érection.

- Le vrai orgasme ne se donne qu’avec le pénis.

- L’orgasme simultané est un idéal sexuel à atteindre en couple.