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NAMUR

SONDAGE | Les mendiants chassés des rues pendant l’été à Namur

SONDAGE | Les mendiants chassés des rues pendant l’été à Namur

Dès ce samedi, les mendiants ne sont plus les bienvenus dans les rues fréquentées de Namur. ÉdA – 21815897876

Trois ans plus tard, le Collège relance son règlement anti-mendicité. Une version révisée limitée dans le temps et dans l’espace… mais qui divise toujours autant. Même plus. Et vous, qu'en pensez-vous? Participez à notre sondage, en bas de l'article.

Au point 3 de l’ordre du jour du conseil de ce jeudi soir figure l’intrigant règlement relatif aux pôles urbains… En français, il s’agit d’une version remaniée du règlement sur la mendicité. Pour rappel, cette mesure, déjà adoptée en 2014, avait pour but d’écarter les gens sollicitant la générosité des passants. Le conseil d’état avait suspendu la décision, la jugeant trop répressive. Dans son arrêt, il avait rappelé une série de balises à respecter dans l’application d’une telle mesure. La version 2017 en tient compte. «Le règlement est moins sévère puisqu’il est limité dans l’espace et dans le temps», précise Maxime Prévot.

Concrètement, dès ce samedi, et pour une durée de trois mois, les mendiants ne seront plus les bienvenus sur les axes commerciaux et touristiques de Namur, de Jambes mais aussi de Salzinnes, de Bouge et de St-Servais.

Anne Barzin (MR), échevine déléguée aux compétences mayorales, se confond en justifications: «Les plaintes émanant des commerçants, des touristes et des riverains sont de plus en plus nombreuses. On ne peut pas rester inactif face à ces interpellations citoyennes.» Elle étaye son discours de chiffres: «Il y a eu 101 interventions policières liées à la mendicité, insiste encore l’échevine libérale. Sans compter toutes les autres. Quand, à l’arrivée des services, le mendiant a déjà quitté les lieux.»

Stéphanie Scailquin, en charge de la cohésion sociale, évoque une hausse de l’agressivité, du racket et parle d’une «guerre de territoire» à laquelle se livrent ces personnes précarisées.

Divisés même en interne

Maxime Prévot insiste: «Cela ne fait pas partie de notre déclaration de politique générale. Les sensibilités, sur un tel sujet, sont donc différentes.» La mesure divise même au sein du collège. Écolo, qui s’était abstenu en 2014, vote cette fois contre: «Il y a une difficulté à adopter un arrêté sans disposer d’éléments factuels et chiffrés», dit Philippe Noël, président du CPAS, qui n’a visiblement pas la même lecture des statistiques évoquées par Anne Barzin. Il plaide pour un règlement plus circonstancié qui ciblerait la mendicité organisée en réseaux, celle qui implique des enfants, ou qui se pratique avec un chien.

Même au sein du cdH, il y a des dissensions. Florence Collard, qui souhaite rester cohérente avec son vote de 2014 (NDLR: elle était alors conseillère dans les rangs du PS) s’abstient. Tout comme Jean-Marie Allard. Pour le conseiller, la mendicité n’est pas un choix. «C’est une question de survie, dit-il. Croiser un mendiant n’est pas plus déplaisant que de voir des grosses cylindrées garées sur les trottoirs. Et s’ils sont plus nombreux, c’est tout simplement parce qu’il y a de plus en plus de pauvres.» Selon lui, c’est d’être confronté de plein fouet à la pauvreté qui dérange. «Je m’abstiendrai donc. Cela sera une marque de respect envers eux.»

Et si on reportait?

Le PS aussi est contre. Sur le fond… et sur la forme. Fabian Martin déplore que les socialistes aient été mis hors jeu lors des réunions du comité amené à débattre de la problématique. Un comité pourtant élargi. «C’est une erreur administrative», rassure Anne Barzin. L’opposition propose dès lors de reporter le point afin de dégager une solution qu’elle juge plus constructive face à la recrudescence de la mendicité. Impossible, répond le bourgmestre en titre. Le règlement passe donc avec 25 voix pour, 15 contre et deux abstentions.

Et si le sujet divise le politique, dans l’opinion publique, il risque aussi de faire pas mal de vagues. Le citoyen qui a quitté la salle furax à l’issue du vote a déjà annoncé la couleur. «Vous pouvez retirer leH d’humaniste», a-t-il envoyé à Maxime Prévot.