LIÈGE

Les riverains s’opposent au nouveau quartier de 520 logements: «2500 réclamations»

Les riverains s’opposent au nouveau quartier de 520 logements: «2500 réclamations»

Une vue sur la ville depuis le site. Plateforme du Ry-Ponet

C’est ce 28 juin que s’achève l’enquête publique sur le projet d’écoquartier dit de «Haïsses-Piedroux». Pas loin de 5000 lettres auraient été envoyées. De nombreux riverains de Chênée s’y opposent, de même que la Commune de Chaudfontaine.

«Avec ce que nous venons encore de recevoir comme lettres de réclamations, nous devrions atteindre 2 500 courriers envoyés», expliquait Jean Peltier lundi soir, alors que débutait le conseil communal de Liège. Cet habitant de Grivegnée fait partie des riverains franchement peu enthousiastes à l’idée de voir débarquer un écoquartier de 520 logements, promu par la société Neufcour sur le site Haïsses-Piedroux.

Cet espace vert d’une trentaine d’hectares, traversé par le RAVeL, se trouve au croisement de Chênée, Chaudfonfaitaine et Beyne-Heusay. Le promoteur défend un projet «en pleine adéquation avec le projet de la Wallonie en matière d’urbanisation: construire de façon plus dense et durable, aux alentours de centres existants, et à proximité des transports en commun». Mais de nombreux habitants des environs ne l’entendent pas de cette oreille.

Une première mouture du projet avait été présentée, puis recalée par la Ville avant l’enquête publique. C’est donc contre cette deuxième version, «qui n’est pas meilleure que la première», selon Jean Peltier, de la plateforme Ry-Ponet, du nom du ruisseau qui traverse ce vaste poumon vert de 300 hectares.

«Il faut savoir que nous avons lancé une vaste mobilisation, face à ce projet», explique Jean Peltier. «Nous avons distribué 10000 tracts, en toutes boîtes et lors d’événements divers. Ils étaient accompagnés d’une lettre type à envoyer à l’Urbanisme dans le cadre de l’enquête publique. C’est celle-là qui a été signée à plus de 2000 exemplaires. Nous n’avons croisé que de très rares personnes qui se disaient favorables à ce soi-disant écoquartier.»

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Nous n’avons croisé que de très rares personnes qui se disaient favorables à ce soi-disant écoquartier.

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Les pierres d’achoppement sont nombreuses. Il s’agit notamment de la mobilité. «Chênée est déjà complètement engorgé aux heures de pointe. Plus de 500 logements, cela signifie 700 à 800 voitures en plus. Cela asphyxierait complètement la zone», redoute-t-il.

Contrairement à ce qu’affirme le promoteur, la plateforme de riverains voit ce quartier comme un ensemble déconnecté des transports en commun, bâti en vase clos, isolé de la vie locale et des commerces environnants. «Les gens qui habiteront là prendront leur voiture et iront dans les centres commerciaux», considère encore Jean Peltier.

Créer un parc plutôt qu’un quartier

D’un point de vue environnemental, ces riverains apprécient peu l’idée que le vaste espace vert qui surplombe la ville soit transformé en quartier d’habitations, fut-il un écoquartier. «Il y a beaucoup de friches à réhabiliter, en ville. Là, nous avons un magnifique espace vert menacé de destruction.» La plateforme Ry-Ponet demande dès lors aux autorisés de protéger le site, de constituer un parc paysager préservé de projets immobiliers.

Parmi les politiques, plusieurs se sont déjà exprimés contre le projet. Ce fut le cas tout dernièrement de François Schreuer (conseiller communal Vega à Liège), Serge Francotte (conseiller communal cdH à Beyne-Heusay) et Lionel Thelen (conseiller communal Écolo à Chaudfontaine), qui ont signé un communiqué de concert, réclamant «la préservation du parc de Ry-Ponet».

5000

La Commune voisine de Chaudfontaine a également envoyé son courrier à la Ville de Liège, émettant un avis négatif, particulièrement sur le plan de l’implication sur les voiries. Les autorités liégeoises seront elles-mêmes amenées à émettre un avis sur le projet, probablement l’automne prochain, avant que la Région wallonne ne prenne position.

Selon les derniers chiffres récoltés par la plateforme, le nombre total de courriers adressés à la Ville dans le cadre de l’enquête publique pourrait avoisiner le nombre de 5000. Quelle que soit la décision des autorités, une chose apparaît comme évidente: elles ne pourront pas ignorer l’importante mobilisation que le projet de Haïsses-Piedroux a suscitée contre lui.

Pour se faire une idée

Le site présentant le projet d’écoquartier: www.ecoquartier-chenee.be

Le site de la plateforme du Ry-Ponet: www.ryponet.be