SOCIÉTÉ

La chaîne humaine «Stop Tihange» a rassemblé 50000 personnes sur 90 km

C’est ce dimanche qu’était organisée la chaîne humaine de 90km entre Tihange et Aix-la-Chapelle, en passant par Liège et Maastricht. Elle a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes le long de routes.

Environ 50000 personnes ont formé ce dimanche à 14h00 une chaîne humaine de 90 km entre Tihange, en province de Liège, et la ville allemande d’Aix-la-Chapelle, selon la plateforme d’associations anti-nucléaire qui a organisé l’événement. Par cette action, les participants originaires tant de Belgique que d’Allemagne et des Pays-Bas ont sommé les autorités belges de fermer les réacteurs nucléaires Tihange 2 et Doel 3, dont les cuves présentent des milliers de fissures.

La chaîne humaine reliait Tihange à Aix-la-Chapelle en passant par Maastricht. Les organisateurs avaient calculé qu’il fallait environ 60000 personnes pour couvrir les 90 km du parcours. Mais avec 50000 personnes, ils estiment avoir largement atteint leur objectif. Selon la porte-parole Clémentine Squevin, elle était formée de 19000 personnes en Belgique, 24000 aux Pays-Bas et 7000 en Allemagne.

Pour que la chaîne soit la plus étalée possible, les initiateurs du projets avaient réparti les inscrits en fonction de leur lieu de résidence ou de leur organisation. «Presque toute la distance était couverte. La mobilisation est énorme», a commenté la porte-parole Clémentine Squevin.

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Presque toute la distance était couverte. La mobilisation est énorme.

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Parmi les nombreuses personnalités présentes, l’acteur liégeois Bouli Lanners, parrain de l’événement. Le député fédéral Jean-Marc Nollet et beaucoup d’autres membres d’Ecolo s’y sont également joints, ainsi que la députée wallonne cdH Clotilde Leal Lopez ou le porte-parole du PTB Raoul Hedebouw.

La chaîne était organisée conjointement par des initiatives citoyennes belges, néerlandaises et allemandes, dont le collectif Stop Tihange, Fin du Nucléaire, 113eweging et «Aachener Aktionsbündnis gegen Atomenergie».

Fermer Tihange 2 et Doel 3

Les participants réclament la fermeture de Tihange 2 et Doel 3, les deux réacteurs dans la cuve desquels des microfissures ont été découvertes à partir de 2012. L’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a estimé, après enquête, qu’elles pouvaient tout de même continuer à fournir de l’électricité. «Incompréhensible», jugent les associations réunies pour l’événement de ce dimanche.

«Même le directeur de l’AFCN a été forcé de reconnaître que tout nouveau réacteur atomique présentant ces défauts ne pourrait être homologué», relèvent-elles. «La présence de ces fissures augmente fortement le risque d’une rupture soudaine des cuves et d’une catastrophe nucléaire du fait de la fusion de coeur par perte du liquide de refroidissement.»

Pour éviter le moindre risque

Pour la plateforme, il ne faut prendre aucun risque car «une catastrophe nucléaire causerait la mort de dizaines de milliers de personnes, la maladie chez des centaines de milliers d’autres et compromettrait définitivement l’avenir de nos enfants».

L’approvisionnement en électricité de la Belgique pourrait être assuré sans Tihange 2 et Doel 3, dont les arrêts sont d’ailleurs fréquents, ajoute-t-elle.

Au-delà de l’arrêt définitif de Tihange 2 et Doel 3, certains participants demandent aussi que l’Allemagne ferme ses usines de combustibles nucléaires de Lingen et Gronau, qui exportent vers les centrales belges.

Plus largement, les initiateurs du projet et leurs nombreux soutiens défendent une transition de l’énergie nucléaire vers le renouvelable.

Jeudi, Engie-Electrabel et le directeur de la centrale nucléaire de Tihange avaient invité une délégation de manifestants pour une rencontre ce dimanche. Mais les organisateurs ont préféré remettre le rendez-vous à un moment plus opportun que le jour-même de leur action. Aucune date n’a encore été fixée.