CYCLISME

Pour le retour de la Doyenne à Liège, ils ont imaginé de nouvelles arrivées

Pour le retour de la Doyenne à Liège, ils ont imaginé de nouvelles arrivées

Alejandro Valverde levait (une fois encore) les bras vers le ciel ansois, au printemps dernier. S’agissait-il d’une des dernières arrivées sur la rue Jean Jaurès? BELGA

Lundi, le conseil communal de Liège devrait approuver une motion demandant le retour de l’arrivée de Liège-Bastogne-Liège en Cité ardente. En attendant, quelques amateurs de cyclisme ont imaginé des arrivées alternatives, en ville. Voici leurs suggestions.

Le vent a tourné. C’est peut-être, pour Liège, le moment de tenter un coup de bordure.

Voilà 25 ans que Liège-Bastogne-Liège, la doyenne des courses cyclistes, trace sa ligne d’arrivée sur la rue Jean Jaurès à Ans. Auparavant, la course s’était jugée en divers endroits de la Cité ardente, depuis le quai Mativa jusqu’au vélodrome de Rocourt. Mais l’arrivée pourrait faire son retour sur le territoire de la Ville de Liège. Du moins, cette volonté est de plus en plus assumée par les édiles principautaires.

C’est que le moment semble particulièrement bien choisi. La convention qui encadre l’organisation de la course, signée par les organisateurs (la société ASO) et les autorités locales tous les cinq ans, arrive à son terme en 2018. Une nouvelle convention entrera en vigueur en 2019. Et un nouveau site d’arrivée pourrait potentiellement sortir du chapeau.

Le monde du cyclisme à Liège dimanche prochain

L’étape du Tour de France Düsseldorf-Liège se jugera sur le quai des Ardennes dans quelques jours. L’occasion est rêvée d’en toucher un mot à Christian Prudhomme, le directeur général de la Grande Boucle, et à tous les autres responsables d’ASO.

Conseiller communal écolo à Liège, mais aussi amateur de cyclisme, Quentin le Bussy a saisi cette opportunité pour amener le débat au conseil communal liégeois, lundi soir. Il propose l’approbation d’une motion par le conseil communal, demandant le retour de l’arrivée à Liège. Il semble que les différents groupes politiques n’y sont pas opposés. Ce vendredi encore, Michel Faway (PS), président de Liège Sport, confiait à nos confrères de La Dernière Heure son enthousiasme à l’idée du retour de l’arrivée à Liège.

L’argument sportif, l’argument de l’image de marque

Les arguments ne manquent pas, à vrai dire. «L’argument n° 1, c’est l’intérêt de la course cycliste. Reconnaissons que ces dernières années, l’arrivée à Ans n’a pas donné lieu à des fins de course très intéressantes sur le plan sportif.» En comparaison avec d’autres monuments et classiques du cyclisme, dont l’Amstel et la Primavera qui ont osé repenser leur final, le scénario qui s’écrit chaque année lors de Liège-Bastogne-Liège s’avère rarement palpitant.

«L’autre argument, c’est celui de l’image de marque», relève Quentin le Bussy. Les médias, les fans de cyclisme, les Liégeois eux-mêmes: nombreux sont ceux à reconnaître que le site du Carrefour d’Ans n’a rien d’attrayant, «touristiquement parlant».

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Il y avait de très bonnes raisons de déménager l’arrivée à Ans. Aujourd’hui, il y a de très bonnes raisons de la ramener à Liège.

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«Au début des années nonante, la Ville de Liège était exsangue, il y avait encore un grand trou place Saint-Lambert. Il y avait de très bonnes raisons de déménager l’arrivée à Ans. Aujourd’hui, il y a de très bonnes raisons de la ramener à Liège», considère Quentin le Bussy.

Il ne s’agit pas de faire injure aux Ansois, «mais de s’inscrire dans une logique métropolitaine» au cœur de la ville de Liège. «Un site prestigieux diffusé en mondovision à la télévision, une vue sur la gare, sur la Meuse, sur le Torê, sur la Boverie, ça profite aux Liégeois au sens large, de Visé à Ivoz-Ramet et de Fléron à Alleur.»

C’est la Province qui a la main

Une motion reste une motion, cependant. C’est la Province de Liège qui négocie avec ASO. Mais une prise de position des élus liégeois pourrait peser à l’heure de négocier la prochaine convention.

La donne a par ailleurs changé, en quelques mois. En février dernier, nous écrivions encore que l’arrivée de la Doyenne n’était pas près de quitter Ans pour Liège, d’après les volontés plus ou moins affichées de la Province, des élus ansois, de Christian Prudhomme, le patron d’ASO. Mais l’affaire Publifin est passée par là, André Gilles ne se trouve plus à la tête du collège provincial, Stéphane Moreau quittera bientôt le mayorat d’Ans.

Le contexte a changé, une fenêtre de tir s’est ouverte et pourrait profiter aux partisans du retour à Liège.

Pour le retour de la Doyenne à Liège, ils ont imaginé de nouvelles arrivées
Tim Wellens dans la côte de Saint-Nicolas, lors de la dernière Doyenne. BELGA

 

Où placer l’arrivée? Quelques suggestions…

Au début du mois de mai, lui-même alarmé par le devenir de la Doyenne, le site spécialisé LeGrupetto.com publiait trois suggestions de modifications de parcours, pour l’arrivée de la course.

Trois proposition du site «Le Grupetto»

La première proposition se contentait de supprimer la côte de Saint-Nicolas, en maintenant une arrivée à Ans après une traversée du centre-ville. La deuxième proposait un remplacement de la Roche aux Faucons par la côte des Forges, puis une petite côte à Cointe et une arrivée sur le plat, boulevard d’Avroy.

La troisième suggestion était la plus audacieuse, puisqu’elle proposait une série de changements très sensibles sur les 100 derniers kilomètres, avec la suppression de côtes, l’instauration de nouvelles. La dernière grosse difficulté serat la Redoute, avant de filer vers Liège en passant trois petites bosses, en déboulant sur la rive droite et en arrivant rue Grétry.

Avec quelques camarades amateurs et spécialistes du vélo, le conseiller communal Quentin le Bussy (Écolo) s’est lui aussi essayé à imaginer d’autres fins de parcours, «en complément de ce que propose déjà Le Grupetto. Il faut voir cela comme des suggestions, des preuves qu’il y a vraiment la possibilité de placer l’arrivée à Liège. Et si l’organisation veut une côte, il y a aussi moyen de le faire à Liège», défend-il.

1. L’arrivée ««Publémont-Coeur Historique»

Après la côte de Saint-Nicolas, les coureurs descendent en ville via la rue Saint-Laurent, le mont Saint-Martin, le Cadran, la place Saint-Lambert, pour arriver rue Léopold.

«On passe devant basilique Saint-Martin, le Palais des Princes-Évêques et on s’adjuge l’arrivée en plein cœur du centre historique, derrière la Violette. Alternative possible: arrivée rue Joffre, face à l’Opéra», commente Quentin le Bussy.

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2. L’arrivée «Cointe-Terrasses»

Après la côte de Saint-Nicolas, «une descente plus acrobatique et 1 km plus longue» que la précédente. «Elle passe à proximité immédiate du Mémorial interallié de Cointe et de la gare Calatrava, pour se terminer en “belle avenue” aux Terrasses, devant le Torè, entre le parc d’Avroy et la Boverie».

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