(Ré)activation d'une maison de quartier citoyenne à Forest

VIDEO | A Bruxelles, une seconde vie pour les logements inoccupés

Occuper temporairement et légalement des bâtiments abandonnés à Bruxelles, c’est l’objectif de l’ASBL Communa. Actuellement, elle travaille à l’activation d’une maison de quartier citoyenne à Forest.

Lutter contre les logements vides à Bruxelles en les transformant en véritables lieux de vie et centres socioculturels. Voilà à quoi s’attelle quotidiennement l’ASBL Communa. L’association, créée en 2013 par cinq jeunes amis, tente de résoudre le problème de la vacance immobilière dans la capitale. Comment? En réhabilitant des bâtiments abandonnés en toute légalité et en les mettant à disposition de projets citoyens. « Avant, on considérait le bâtiment vide comme quelque chose d’inutilisé, comme un déchet. Notre but est de transformer ce déchet en une ressource. Nous voulons que chaque bâtiment vide pris en gestion par Communa se transforme en un pôle artistique et d’éducation, et en un habitat groupé pour faire rayonner la maison mais également le quartier», raconte le cofondateur de l’ASBL Communa, Dimitri Berliner.

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Solidarité: la collaboration volontaire, engagée et mutuelle en vue de plus de justice sociale.

»

Depuis sa création, Communa a déjà occupé temporairement plus d’une quinzaine de bâtiments conventionnés avec des communes ou des institutions publiques et privées. Aujourd’hui, l’ASBL investit cinq bâtiments à Bruxelles. Par ailleurs, elle a récemment signé une convention d’occupation temporaire avec la commune de Forest sur une maison de maître pour une durée de deux ans. Le bâtiment est encore vide, mais d’ici la fin de l’été, une fois que la maison sera entièrement conforme, elle devrait prendre vie grâce aux habitants qui s’installeront à l’étage. Le rez-de-chaussée sera quant à lui activé en tant que maison de quartier citoyenne. Diverses activités régulières seront organisées à plus long terme comme un ciné-club, une table d’hôte, une école des devoirs ou encore une recyclerie.

Une économie circulaire

Alors que le prix de l’immobilier ne cesse de grimper, l’ASBL Communa met, elle, des espaces à la disposition de tout un chacun à des prix abordables. Une offre qui se veut accessible grâce à l’occupation de bâtiments vides. «Nous avons besoin d’argent pour que la structure fonctionne, car nous voulons que notre écosystème soit autosuffisant. Dès lors, nous proposons à tous les projets hébergés par notre structure de contribuer au coût de celle-ci et les habitants payent un prix qu’ils estiment juste », indique Daniel Auerbacher, cofondateur de l’association. De par cette contribution libre proposée aux occupants, les porteurs du projet bouleversent le système marchand classique. « On repense un peu le système producteur-consommateur, prestataire-bénéficiaire, poursuivent les membres de l’association. Par la question du prix libre, on repense les échanges économiques entre les gens. Le consommateur devient acteur.»

Bref, la vision de Communa consiste à «créer un réseau solidaire de citoyens, d’associations et de collectifs dans lequel le soutien mutuel se révèle être le mot d’ordre». Ainsi, au travers de chaque lieu occupé, un réseau social se crée.

Le portrait de Maxime Zaït

Age : 24 ans

Fonction : Cofondateur

Sensible à la notion de liberté et désireux de vivre en communauté, c’est tout naturellement que Maxime Zaït a décidé de créer avec quelques amis l’association Communa. Sa motivation première ? Faire naître dans les immeubles vides le monde dans lequel il aimerait vivre. Au lancement du projet, Maxime Zaït est encore étudiant à la Faculté de droit à l’ULB. Mais ses études ne l’empêchent pas de s’impliquer dans ce projet qui lui tient tant à cœur. Son diplôme en poche, il s’occupe aujourd’hui des aspects juridiques de l’ASBL Communa.