Jeunesse Nomade

VIDEO | Se rencontrer et mieux vivre ensemble

Jeunesse Nomade favorise la rencontre, l’échange et l’expression collective entre les jeunes des maisons des jeunes et les mineurs étrangers non accompagnés vivant dans les centres d’accueil.

Ce sont des jeunes entre 15 et 20 ans. La moitié fréquente les maisons des jeunes (MJ) de Hannut, Braine-le-Comte, Viroinval, Jambes et Florennes. Ces jeunes sont issus de la classe moyenne ou de milieux plus défavorisés. L’autre moitié vit dans le centre Fédasil de Florennes, le centre Croix-Rouge de Chantecler à Viroinval et celui de Bierset.

Il s’agit de mineurs étrangers non accompagnés, les MENA, issus d’Afrique subsaharienne, du Maghreb ou du Moyen-Orient. Tous ensemble, ils participent au projet Jeunesse Nomade qui consiste en une création artistique collective qui sera présentée au festival Esperanzah! en août prochain, à Floreffe (Namur).

«

La solidarité? C'est la puissance d'agir ensemble.

»

Concrètement, depuis le mois de février, quatre rencontres ont été organisées entre les jeunes des MJ et les MENA, encadrées par les animateurs des maisons des jeunes, les référents des centres d’accueil et deux animatrices de la Fédération des maisons de jeunes en Belgique francophone.

Du 31 juillet au 4 août, les jeunes participeront à un stage d’été au domaine du Rond-Chêne à Esneux. Aidés par des artistes professionnels, ils auront cinq jours pour préparer leur spectacle de théâtre, de danse et de musique qu’ils présenteront lors du festival.

Se créer un réseau social

À travers cette création artistique, Jeunesse Nomade vise à donner l’occasion aux MENA vivant dans des centres pour demandeurs d’asile de se construire un réseau de pairs de manière à préparer «l’après centre» et leur intégration à la société.

«Qu’est-ce qui est prévu pour intégrer les jeunes MENA dans la société belge? Pas grand-chose… La politique d’accueil se limite à nourrir, loger et blanchir, et on ne pense pas à la préparation de la vie après le centre, regrettent les porteurs du projet. Rien n’est mis en place pour préparer cet ado à vivre seul en Belgique. Comment contacter un médecin, aller à la banque, qu’est-ce que le CPAS? Il ne sait pas car les centres d’accueil se limitent à gérer une collectivité. Donc, on se retrouve face à des adolescents et des jeunes adultes qui, du jour au lendemain, sont amenés à vivre seuls, sans savoir à quelle porte frapper.»

Les membres de Jeunesse Nomade font un autre constat: «Lorsque les jeunes quittent les centres d’accueil, ils ne connaissent personne.»

C’est pour pallier ce problème qu’ils ont mis notamment en place ce projet. «L’objectif phare est de décloisonner les secteurs de l’accueil et de la jeunesse. L’enjeu des jeunes demandeurs d’asile est qu’ils puissent identifier les MJ comme un relais et qu’ils se créent un réseau social non virtuel.»

Quant aux jeunes des MJ, ce projet leur permet d’être davantage critiques face aux informations qu’ils reçoivent de toute part en matière de politique d’accueil des demandeurs d’asile afin de déconstruire les préjugés au sein des populations locales.

Au final, le but est de renforcer la création de liens sociaux et la compréhension interculturelle chez l’ensemble des participants.

 

Le portrait de Sarah Beaulieu

Age : 30 ans

Fonction : Coordinatrice du projet

Âge : 30 ans Fonction : Coordinatrice du projet Sarah Beaulieu est fière de pouvoir porter, via son institution – la Fédération des maisons de jeunes en Belgique francophone – un projet auquel elle croit personnellement. Elle ne manque pas de souligner que les objectifs professionnels rencontrent ses intérêts personnels. Un bonheur pour cette jeune Liégeoise engagée auprès des jeunes. En coordonnant le projet Jeunesse Nomade, Sarah Beaulieu aspire à lutter pour plus de justice sociale, de démocratie participative et culturelle pour la place de tous les jeunes dans la société, indépendamment de leurs origines sociales, culturelles et de leurs nationalités.