Bien vivre ensemble à Bastogne

VIDEO | L’échange de savoirs, créateur de liens

À Bastogne, des bénévoles de l’ASBL Énéo ont mis en place un réseau d’échanges de savoirs intergénérationnel. Objectif: créer des liens entre les générations et favoriser le mieux vivre ensemble.

À l’heure où la société est en crise, où l’individualisme prime, il est bon de repenser les modes de vie en collectivité et de se demander comment cohabiter entre générations différentes.

C’est sur base de ce constat que quelques bénévoles de l’ASBL Énéo du secteur de Bastogne, créée par la Mutualité chrétienne, en partenariat avec le Plan de cohésion sociale de la commune, ont mis sur pied un réseau d’échanges de savoirs intergénérationnel (RES).

Ce réseau met en relation des personnes âgées de 18 à 99 ans qui désirent acquérir et transmettre des savoirs et des savoir-faire en organisant des ateliers tels que la poterie, la photographie, la couture, l’usage de la tablette, Facebook, etc.

«Les personnes âgées ont acquis des savoirs que les jeunes n’ont pas et inversement. Par exemple, il y a une forte demande des aînés pour les ateliers ciblés sur l’informatique. Les jeunes sont quant à eux plus intéressés par la couture et la danse folk», précise la bénévole Dominique Lisoir.

La démarche du RES est basée sur la réciprocité et la gratuité. À Bastogne, 102 personnes sont impliquées pour l’instant dans le RES.

«Ce qui est important est l’intergénérationnel car chaque génération a quelque chose à apporter à l’autre et réciproquement. Au sein du RES, il y a les offreurs, ceux qui transmettent un savoir personnel et il y a les demandeurs, ceux qui reçoivent ce savoir. Par là, des liens se tissent et une solidarité se met en place. Le RES contribue positivement au bien commun», explique Marcelle Avalosse, coordinatrice du projet.

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La solidarité est une valeur sociale qui encourage les personnes à se rencontrer, à partager, pour créer du mieux vivre ensemble.

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Vers une mixité sociale

Ce réseau d’échanges de savoirs entend créer ou renforcer les liens sociaux entre ses membres qui deviennent ainsi des acteurs d’un mieux vivre ensemble à Bastogne, mais également lutter contre l’isolement et l’individualisme.

«Pourquoi est-ce que les gens participent aux ateliers? Pour développer du lien, discuter, partager, rêver. Par l’acte de participer à quelque chose, ils contribuent à un monde plus solidaire, plus convivial», détaille Corinne Le Gros, animatrice permanente pour l’ASBL Énéo.

Mais après un an de mise en route, les porteurs du projet ont fait un constat: le public est homogène. Force est de constater que les personnes qui participent à ces ateliers viennent souvent du même milieu social.

Pourtant, les bénévoles aimeraient permettre à des publics issus de milieux sociaux différents et de cultures différentes de participer à ces échanges de savoirs. Leur but est donc d’ouvrir ce projet à une mixité sociale.

«On s’aperçoit que ce public est particulièrement difficile à atteindre. Pour le moment, notre démarche est d’aller vers eux et de nous rendre dans leur espace afin d’expliquer en quoi consiste notre réseau», souligne Dominique Lisoir.

Mais il n’est pas facile de rencontrer un public de milieu précaire sans donner un cadre sécurisant pour ces personnes. Voilà un défi d’avenir à relever pour les bénévoles.

Créer une plateforme collaborative

Lorsque les membres du réseau d’échanges de savoirs intergénérationnel réfléchissent à l’avenir du projet, ils espèrent renforcer le fonctionnement du réseau en créant une plateforme collaborative numérique. L’objectif est de rendre ce système plus autonome et de le pérenniser. Une plateforme collaborative permettrait ainsi de faciliter les échanges entre les offreurs et les receveurs, toujours en privilégiant le côté humain. Selon Corinne Le Gros, de l’ASBL Énéo, « l’idée du projet est qu’à terme, les participants du RES contribuent eux-mêmes à la construction de leur échange ».

Le Portrait de Marcelle Avalosse

Age : 73 ans

Fonction : Coordinatrice du projet

Professeur pendant 40 ans, Marcelle Avalosse a beaucoup travaillé la dynamique européenne et les projets Erasmus tout au long de sa carrière. L’enseignement l’a amenée à valoriser l’étudiant. Alors, au lendemain de sa retraite, elle a souhaité poursuivre dans cette logique de collaboration, de partage et de valorisation des personnes. C’est pour cette raison qu’elle a décidé de coordonner le projet d’un réseau d’échanges de savoirs intergénérationnel. Marcelle Avalosse favorise la création de liens entre les personnes, qu’elles soient de cultures, d’âges ou de milieux sociaux différents. Elle encourage également la rencontre entre les citoyens de façon à ce qu’ils puissent vivre ensemble harmonieusement.