CHARLEROI

ISPPC: un plan d’apurement exigé

ISPPC: un plan d’apurement exigé

Le ministre Dermagne se montrera attentif à ce que chacun apure ses dettes. Ar. ÉdA – Mathieu GOLINVAUX

Le ministre Dermagne (PS) sera attentif au remboursement des doubles jetons de présence indus de l’ISPPC. Pour certains, l’apurement est déjà fait.

Pendant neuf ans, 19 administrateurs de l’intercommunale de Santé Publique du Pays de Charleroi (ISPPC) ont perçu indûment un double jeton de présence pour leur participation à des comités de secteur qui ne devaient pas leur être rémunérés.

Si le conseil d’administration s’est engagé à ce que les bénéficiaires remboursent intégralement, le ministre des Pouvoirs Locaux Pierre-Yves Dermagne (PS) entend vérifier la bonne exécution de la mesure. Et demande à l’institution de s’exécuter sans délai, et de lui fournir un état des comptes trimestriel.

Selon le président Nicolas Tzanetatos (MR), «des décomptes individuels ont été adressés à chaque administrateur concerné. Certains s’en ont déjà intégralement acquittés, indique-t-il, d’autres ont fait valoir des remarques car le calcul ne correspondait pas à ce qu’ils avaient perçu, on leur réclamait quelquefois des sommes qu’ils n’avaient pas touchées. Nous attendons que chacun communique la façon dont il va apurer sa dette. Un étalement dans le temps sera accordé à ceux dont le contentieux est plus lourd.»

Selon Tzanetatos, certains doivent rembourser des montants supérieurs à 10 000€, «ce qui pourrait être réparti sur un à deux ans». Cela nonobstant la mise en cause de la responsabilité de l’ISPPC. S’il est établi que ce n’est pas une erreur, mais une faute qui a été commise, les mandataires seront alors en droit de réclamer la prise en charge des indus par l’intercommunale.

Au total, plus de 250 000€ d’indemnités illégales ont été payés, sans que la tutelle y voit quoique ce soit à redire lors de ses contrôles.

Une action sans la CSC

Les travailleurs de l’ISPPC affiliés à la CGSP se rassembleront, ce matin, à l’Espace Santé. Ils feront part au conseil d’administration de l’intercommunale de leurs inquiétudes quant à la situation que traverse l’institution.

Celle-ci est en pleine tourmente à la suite des accusations d’abus de biens sociaux, d’infractions à la législation sur les marchés publics et de corruption. La CGSP craint que cette situation ne perturbe les négociations en cours au sujet de la création des réseaux interhospitaliers. Le syndicat chrétien ne participera pas à l’action. «La CSC ne se désintéresse évidemment pas du sort des travailleurs, mais elle n’a reçu à ce stade aucune information qui indique que la situation du personnel risque de se dégrader au cours des prochains mois, a indiqué la permanente, Melisa Maggio. Nous ne souhaitons pas nous immiscer sur le terrain politique et voulons rester pleinement un syndicat.»