Atelier vélo au centre de réfugiés de Belgrade

VIDEO | Réparer des vélos, main dans la main

Récupérer des vélos, les remettre en état et les mettre à disposition des résidents du centre pour réfugiés de Belgrade. C’est en cela que consiste l’atelier vélo organisé par le Collectif Citoyens Solidaires Namur.

Un mercredi après-midi, au centre Croix-Rouge pour réfugiés de Belgrade à Namur. Derrière la porte d’un hangar se trouvent quelques résidents du centre pour réfugiés. Ils s’affairent pour réparer des vélos qui ne sont plus en état de rouler, sous le regard avisé d’une petite équipe de bénévoles. Parmi les résidents, Yoro Ba, un jeune homme de 28 ans qui réside dans le centre depuis un an, est en train de mettre en ordre un des vélos récupérés. Même s’il en possède déjà un, Yoro Ba apprécie de venir donner quelques coups de main lors de l’atelier vélo. «J’aime bien l’ambiance et on apprend beaucoup de choses », nous dit-il.

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La solidarité? Construire ensemble la réponse aux besoins d'un public en difficulté.

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Chaque mercredi après-midi et samedi matin, environ six résidents, tous des hommes isolés, participent à l’atelier vélo organisé par le Collectif Citoyens Solidaires Namur. Cet atelier a été mis sur pied suite à la forte demande des réfugiés résidant à Belgrade d’obtenir un vélo. Force est de constater que le centre se trouvant à 5 km du centre-ville de Namur, le vélo est un outil de mobilité idéal pour eux. Surtout lorsque l’on sait qu’un billet de bus coûte 2,40€, soit plus que l’argent de poche quotidien dont ils disposent.

«Avant, on marchait pour aller dans le centre de Namur. Depuis que cet atelier est mis en place, nous pouvons nous déplacer à vélo, raconte Yoro Bara. Maintenant, quand nous devons faire nos courses, nous rendre à des rendez-vous au Forem ou au CPAS, nous pouvons nous déplacer plus facilement grâce au vélo. »

Depuis le lancement de l’atelier il y a deux ans, 100 vélos ont été remis en état et 74 ont été distribués aux résidents. Les vélos proviennent des parcs à conteneurs ou de dons de particuliers. Ici, la récupération de matériel est privilégiée. «Quand les vélos sont trop abîmés, nous essayons de récupérer des pièces comme les sonnettes et les pédales. Nous n’avons pas de budget, on récupère tout ce que l’on peut», indique le bénévole Michel Grawez.

Des résidents acteurs du processus

Cet atelier s’inscrit dans un processus de contrôle participatif. Les personnes du centre travaillent sur la réparation de leur vélo tout en étant conseillées par les bénévoles qui mettent leurs compétences de mécaniciens au service des résidents. «Nous sommes des non-professionnels. Nous apprenons autant que les résidents, nous nous formons sur le tas », précise encore Michel Grawez. Pour bénéficier d’un minimum de bases, les bénévoles ont bénéficié d’une petite formation à la mécanique vélo. Quant aux résidents, aucun vélo ne leur est fourni sans qu’ils aient suivi une formation à la sécurité routière et au respect du code de la route. Nul doute qu’en participant à cet atelier, les résidents, qui deviennent propriétaires de leur vélo, sont directement impliqués dans ce travail. «C’est un projet pour et par les résidents. Ils sont acteurs du processus», insiste Matthieu Nicolay, assistant social dans le centre.

Prochainement, les bénévoles seront amenés à relever un autre défi: réparer des vélos pour enfants. Dès le 17 juillet, le centre pour réfugiés accueillera les premières familles et il y a fort à parier que les enfants auront un réel attrait pour la bicyclette.

Le Portrait de Michel Grawez

Age : 62 ans

Fonction : Bénévole

Face à la crise des migrants qui sévit en Europe, Michel Grawez ne peut rester de marbre. Ce bénévole de 62 ans est très sensible à la question des migrants, des réfugiés ainsi que de l’intégration sociale des personnes d’origine étrangère. Il adopte d’ailleurs une attitude positive d’accueil par rapport aux migrants qui arrivent en Europe et a également cette volonté de travailler à leur intégration. C’est pour cette raison qu’il a décidé, il y a un an, de devenir bénévole au sein du Collectif citoyens solidaires de Namur. Ancien employé d’Oxfam-Magasins du monde, il est aujourd’hui chef de cabinet de l’échevin de l’Aménagement du territoire à la Ville de Namur.