ENSEIGNEMENT

Les profs manifestent contre le pacte d’excellence: interview

Les profs manifestent contre le pacte d’excellence: interview

Contrairement aux manifestations traditionnelles en rouge et vert, la manifestation de cet après-midi est organisée par l’ASBL 1Pact BELGA MICHEL KRAKOWSKI

«Oui aux réformes de l’enseignement, non aux réformes chaotiques et non concertées», c’est l’un des slogans des enseignants qui manifesteront cet après-midi, devant le siège de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

«Non au Pacte d’Excellence» est le message que délivreront les enseignants qui manifesteront à 15 h place Surlet de Choquier, à Bruxelles. Sur Facebook, le groupe Non au Pacte d’Excellence compte plus de 24 300 adhérents. Il répercute les demandes et revendications d’une ASBL, 1Pact, dont nous avons interviewé le porte parole, Christophe Bodart, également porte-parole du collectif des professeurs de morale.

Christophe Bodart, combien de personnes attendez-vous lors de la manifestation?

Je pense que si on est 300 on sera contents.

Quel est votre message?

C’est une manifestation, qui au départ est organisée par les profs de cours philosophique, qui veulent alerter l’opinion et aussi attirer l’attention du gouvernement sur les conditions dans lesquelles se mettent en place les cours de citoyenneté.

On aime bien ce cours, on n’est pas contre, mais c’est la façon chaotique dont il se met en place qui pose problème. Les formations posent aussi problème: pas le principe de la formation, mais la façon dont cela s’agence, et les contraintes qu’on nous impose… Malgré les propositions positives qu’on a pu faire à la ministre.

Qu’est-ce qui pose problème, au niveau de la mise en place?

La mise en place du cours de citoyenneté s’est faite dans la précipitation. On a vu cette année, lors du démarrage dans les écoles primaires, qu’il y a des enseignants qui doivent courir sur 15 écoles pour compléter leur horaire. Dans ces conditions-là, on ne voit pas assez les élèves, et on n’a pas le temps de développer des projets citoyens avec toute l’équipe pédagogique de l’école!

Un autre élément de mécontentement, ce sont les discriminations: dans l’officiel, il y a un cours à proprement parler, avec des formations pour les enseignants. Et dans le libre, il n’y a pas réellement de cours: ce sont des compétences diluées dans les cours de français, d’histoire, etc.

Mais aujourd’hui, votre manifestation va plus loin que le simple cours de citoyenneté.

Oui, aujourd’hui, la manifestation est soutenue, co-organisée et rejointe par l’ASBL 1Pact, qui vient du groupe «Non au pacte d’excellence». Le lien entre les deux, c’est que l’on voit le chaos que provoque l’arrivée d’un cours imposé… Et on se dit que s’il faut étendre ce chaos-là à toute l’école avec le pacte d’excellence, on n’est pas sorti de l’auberge.

Les profs de latin sont inquiets pour l’avenir de leur cours, les profs de sciences éco, sont inquiets, les profs d’art plastique ne savent pas ce que va devenir leur cours… Et aussi les profs du qualifiant, vu qu’ils vont perdre une année en troisième. Ça fait beaucoup de personnes qui se demandent «mais qu’est-ce qu’on nous prépare pour l’avenir?»

Est-ce qu’il y a une rencontre prévue avec Marie-Martine Schyns?

On espère pouvoir la rencontrer. On l’a déjà fait souvent dans le cadre des cours de citoyenneté. Elle n’est pas fermée au dialogue… le problème, c’est qu’on a l’impression de parler dans le vide, parce que ça fait déjà deux ans qu’on la rencontre, et avant elle Mme Milquet. On est même allé à une audition au Parlement pour la Commission éducation en juin 2016, où on les a prévenus qu’il y aurait des conséquences. On n’a pas été pris au sérieux visiblement, et ce qu’on a annoncé s’est avéré vrai après.

Aujourd’hui, on espère qu’elle va nous entendre. Mais elle est en session au Parlement, alors on aura peut-être le plaisir de rencontrer un de ses collaborateurs!