SCIENCES

«Grâce à Thomas Pesquet, on voyageait aussi dans l’ISS»

«Grâce à Thomas Pesquet, on voyageait aussi dans l’ISS»

L’astronaute français a parfaitement rempli sa mission en suscitant également des vocations. AFP

En communiquant massivement depuis l’ISS, Thomas Pesquet est devenu le meilleur ambassadeur de l’Agence spatiale européenne.

De retour sur Terre après près de 200 jours dans l’espace, Thomas Pesquet vient de boucler «l’aventure la plus intense de (sa) vie». Une mission au cours de laquelle le sourire, la bonne humeur et la disponibilité de l’astronaute français ont fait des ravages auprès du grand public.

Car, s’il a mené au total 60 expériences scientifiques et réalisé deux sorties pour des opérations de maintenance de la Station spatiale internationale (ISS), l’ingénieur aéronautique et pilote de ligne a surtout marqué les esprits par son omniprésence sur les réseaux sociaux. Facebook, Twitter, Instagram, Flickr ou encore YouTube, il était partout. À tel point qu’«il a permis au grand public de devenir acteur de la mission», estime Jean-Yves Le Gall, président du Cnes, l’agence spatiale française.

«Thomas Pesquet a parfaitement compris que les scientifiques actuels devaient communiquer et vulgariser leur travail, estime Emmanuel Gehin, astrophysicien à l’Université de Liège (ULg) et chercheur au FNRS. C’est même un as de la com’! Que ce soit ces photos de la Terre, les vidéos de son quotidien dans l’ISS ou encore ses interventions en direct dans les médias, il est parvenu à rendre l’espace accessible à tout le monde. L’Agence spatiale européenne (ESA) ne pouvait pas rêver meilleur ambassadeur.»

Bien aidé par les nouvelles technologies qu’il maîtrise à la perfection, l’astronaute français a certainement suscité des vocations chez les plus jeunes. «Sa personnalité a clairement joué en sa faveur, poursuit Emmanuel Gehin. Avec Thomas Pesquet, on a l’impression que tout est naturel. On voit bien qu’il ne s’est pas forcé à poster ses impressions sur son expérience dans l’espace. Tout ce qu’il a fait en dehors de son travail scientifique résultait d’une initiative personnelle. C’est ce qui fait que son message passe sans doute beaucoup mieux qu’avec d’autres.»

Loin du profil très militaire et rigoureux des anciens pilotes de ligne qui l’ont précédé, Thomas Pesquet est sans doute le premier astronaute européen dit «2.0», à l’instar de ses confrères de la NASA pour qui la communication est également devenue primordiale. Et ce, au risque de devenir lui-même un people parmi les autres. Comme lorsqu’il chante pour Les Enfoirés depuis l’ISS ou qu’il tape la discute avec Tony Parker dans Stade 2.

«C’est vrai qu’on peut se dire qu’il en a fait un peu beaucoup mais il a peut-être réussi à toucher d’autres personnes encore que ceux qui lisent les journaux ou le suivent sur internet, ajoute Emmanuel Gehin. Si c’est le cas, et ça doit l’être, c’est tout bénéfice pour la recherche spatiale.»

Mission accomplie donc pour Thomas Pesquet.

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