LOUVAIN-LA-NEUVE

L’UCL redéfinit la cartographie de ses passerelles et supprime l’année préparatoire

L’UCL redéfinit la cartographie de ses passerelles et supprime l’année préparatoire

- Vincent Rocher

L’Université catholique de Louvain a présenté lundi sa carte élargie de passerelles et les évolutions consécutives à la réforme du système menée par l’Ares, coupole qui chapeaute l’enseignement supérieur. La principale évolution concerne la suppression de l’année préparatoire.

Les passerelles sont des passages «de plein droit» d’une forme d’enseignement à une autre qui s’adressent principalement aux diplômés du premier cycle. Il peut s’agir d’étudiants issus de hautes écoles, de la promotion sociale ou encore de l’enseignement des arts. Jusqu’à présent, un étudiant désireux d’accéder à une passerelle devait parfois réaliser une année préparatoire pour se mettre à niveau.

Cette option disparaîtra avec la réforme, dès la publication d’un arrêté du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui devrait intervenir incessamment. Désormais, l’étudiant débutera directement sa première année de master. En fonction de son parcours antérieur, il devra néanmoins passer un nombre de crédits supplémentaires compris entre 15 et 60 (soit l’équivalent d’une année entière), à répartir sur ses deux années de master. La durée du master pourra être étalée sur plus de deux années en fonction du nombre de crédits supplémentaires.

«Le travail de l’Ares simplifie les conditions d’accès grâce à des procédures allégées, permet une meilleure lisibilité et un renforcement de l’offre de passerelles», se réjouit le prorecteur de l’enseignement de l’UCL, Marc Lits. «En année préparatoire, les étudiants étaient un peu isolés et ils devaient tout réussir pour poursuivre leur parcours. Désormais, il leur sera déjà possible de valoriser une partie de leurs crédits», ajoute-t-il.

Promouvoir la mobilité entre hautes écoles et universités

La réforme va «promouvoir la mobilité entre hautes écoles et universités, ce qui renforcera la mixité sociale puisque les publics sont un peu différents, ainsi que la mobilité entre le monde du travail et celui de l’université», estime Pierre Reman, professeur à la Faculté ouverte de politique économique et sociale. «Cela aura aussi un intérêt pour les professeurs, qui devront s’adapter face à des auditoires plus variés.»

«Les étudiants issus des hautes écoles ont généralement déjà réalisé un travail de fin d’études et maîtrisent le lien entre la théorie et l’action, mais ils sont moins formés à la recherche. L’analyse individuelle est donc importante pour construire leur parcours, de manière à ce que la passerelle ne débouche pas sur une impasse», poursuit-il.

«L’accompagnement personnalisé» réalisé par les conseillers de l’UCL doit permettre d’organiser au mieux le cursus en fonction du profil de l’étudiant et du nombre de crédits supplémentaires à obtenir. Il vise aussi à trouver une solution pour ceux qui n’entrent pas directement dans les critères.

Ainsi, sur les 1 150 étudiants par an qui font usage d’une passerelle à l’UCL, 250 bénéficient de la valorisation des acquis de leur expérience (VAE). Il s’agit d’étudiants ne disposant pas des titres requis pour accéder au master mais qui peuvent justifier d’une expérience professionnelle ou personnelle significative.

Particulièrement motivés, ceux-ci affichent généralement un taux de réussite élevé. Globalement, le taux de réussite des étudiants en passerelle est comparable à celui des autres, selon M. Lits.

L’UCL, qui propose 70 passerelles, mettra jeudi en ligne une base de données reprenant l’ensemble des combinaisons possibles sur ses sites.


Nos dernières videos