TOURNAI

Le Tournai d’avant: à Paris, accordéonistes tournaisiens en tête

Tournai a vibré ce week-end au son de l’accordéon. Petit flash-back…

14 janvier 1961, c’est le grand jour pour la section locale de l’École Supérieure d’Accordéon de Belgique. Qualifiés au festival du Pas-de-Calais, huit élèves et l’orchestre Héry Jazz partent pour disputer dans la capitale française le prestigieux concours que son Conservatoire de Paris pour le «piano à bretelles».

À sa tête et premier accordéon, Pierre Duchâteau; un monument. Instrumentiste de talent, auteur-compositeur, directeur de l’Accordéon Club durant plus d’un demi-siècle, il étudia ses premières notes en compagnie d’Hector Delfosse, composant d’ailleurs ses premières partitions avec le père de celui-ci, Alexander.

Après la tourmente de 1940 durant laquelle il dut se cacher en tant que réfractaire, il fut présent dans tous les bals de la région, jouant aussi bien avec de grandes vedettes qu’avec ses concitoyens et Jean et Raymond Delcroix ou Cyr Detournay.

C’est donc au faîte de sa renommée qu’il emmène ses élèves à Paris. Ils n’y feront pas de la figuration puisque les lauriers accompagneront les prestations des Tournaisiens. Ainsi, en degré moyen, André Cominotto reçoit le 1er prix et la coupe de sa 5e division; Raymond Durenne est lauréat de la 2e division degré moyen, avec 1er prix et coupe tandis qu’en degré supérieur, Georges Fervall, d’Orcq, obtient le 1er prix et la Coupe d’or.

Quant au Héry Jazz, il n’est pas en reste avec un 1er prix et la coupe, son directeur Pierre Duchâteau se voyant décerné le tire de professeur honoraire du Conservatoire de Paris.

Le retour fut un triomphe et nombreux furent les jeunes qui suivirent, venant s’inscrire, appelés par la renommée, au 152 de la chaussée de Lille ou, après, à la rue de la Culture. S’il est gentil, souriant, les leçons de Pierre sont rigoureuses. Avec, à la clé, de belles récompenses comme celle acquise par Walter Procureur, bien connu aussi comme joueur de l’équipe fanion de l’Union Tournai, au festival 1960 du Pas-de-Calais.

Puis l’accordéon tomba dans une léthargie – on disait l’instrument «vulgaire» – que le Conservatoire veut gommer en ayant, depuis trois ans, ouvert un cours, de plus en plus demandé et que dirige Simon Danhier. Ne mésestimons pas le rôle de cette fête qui a enflammé la ville sous la bannière de «L’accordéon, moi j’aime».


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