À 63 ans, l’ultime défi lancé par Daniel Vandendaul au grand fond

À 63 ans, l’ultime défi lancé par Daniel Vandendaul au grand fond

Daniel avait arrêté près de deux décennies. Il veut terminer sa carrière en beauté à… 63 ans. ÉdA – 301977126113

Daniel Vandendaul sera mercredi au départ de son… 13e Paris-Colmar, devenu Paris-Ribeauvillé. Une dernière rencontre avec le mythe.

L’an dernier, Daniel Vandendaul a effectué un surprenant retour sur le mythique Paris-Colmar aujourd’hui disputé entre Neuilly-sur-Marne et Ribeauvillé (Haut-Rhin).

Le Lensois avait disputé pour la première fois cette épreuve en 1984, y terminant à cinq reprises dans le Top 10 et en y accrochant un podium en 1988. Un peu avant la célébration du nouveau siècle, Daniel mit un terme à cette expédition. Même s’il ne la quittait pas pour autant des yeux, s’y rendant à plusieurs reprises pour donner le coup de main et partager son expérience avec la Russe Irina Poutintseva.

En 2015, l’idée de s’offrir une nouvelle aventure le tarauda. «J’entre dans une deuxième vie de plaisir.», confessait-il tout en attribuant ce come-back à une volonté de perdre un peu de poids et surtout en confessant avoir peine à résister à ces drogues que sont entraînement et compétition.

Dix-sept ans d’absence

Le retour ne fut pas à la hauteur des espérances du Hennuyer occidental. «Les petits problèmes se sont accumulés dès le départ. Et, vers le km 180, j’ai abandonné. Le mobile-home a roulé sur le pied de mon épouse qui a ensuite mis trois mois à se rétablir. Ce fut le coup de grâce. D’autant, avoue-t-il, que cela commençait à devenir lourd… Il fallait simplement que j’accepte le fait que je venais seulement de revenir au plus haut niveau après… dix-sept années d’interruption.»

On crut que Daniel allait définitivement remiser les baskets au terme de ce retour raté. C’était mal le connaître. «Au contraire, très rapidement, j’ai pris conscience que j’avais un échec à laver. Quand tu décides un come-back comme celui-là, ce n’est pas pour rigoler. Assez vite, je me suis dit que je n’arrêterais pas sans m’être mis comme défi de passer une dernière fois la ligne d’arrivée.»

En compagnie de son fidèle entraîneur Daniel Stalpaert, Vandendaul s’est tôt remis au travail pour réussir les épreuves de sélection et se présenter au mieux sur une nouvelle grille de départ. «Je me suis livré à un entraînement de plus en plus poussé. Très honnêtement, j’ai vraiment fait, plus que jamais, tout ce qu’il fallait pour réussir. C’est à une authentique préparation de pro que je me suis livré.»

Daniel s’est ainsi astreint à six entraînements hebdomadaires pour un total de 800 km par mois. «J’ai aussi effectué des sorties nocturnes ou, comme la semaine dernière, je me suis astreint à me lever à 4 h du matin pour tenir debout jusqu’à mercredi minuit, soit 32 heures éveillé dont 16 d’entraînement.»

«Franchement, répète-t-il, j’ai tout fait. Si ça ne passe pas, ce sera un retour inutile que j’aurai peine à avaler.»

À signaler qu’un autre régional participera à l’épreuve. Il s’agit de Pascal Biebuyck qui, l’an dernier, avait jeté l’éponge après 200 km.

Daniel n’envisage aucune place précise au terme de ce Paris-Ribeauvillé qui sera disputé par quatorze athlètes. «Je vais être le plus vieux à y prendre part (63 ans) et je vise essentiellement une chose: arriver au bout de l’aventure (424,7 km). Je conçois cette course comme un dépassement de soi. Et je ne me désigne qu’un seul adversaire: Daniel Vandendaul.»

Pas question pour autant de laisser place au dilettantisme. «Je mettrai tout en œuvre pour performer dans cette course hors du commun. En sachant aussi que ce sera la dernière fois que je me lancerai sur cette épreuve.» Pour Daniel, la date de péremption sera dépassée ce qui ne l’écartera pas pour autant du monde de la marche. «D’une part, je lie cette participation à un tas de projets dont certains professionnels. Mais je ne dis rien avant d’avoir franchi la ligne. Dans tous les cas, je n’abandonnerai pas mon sport mais uniquement la distance extrême. Je compte retrouver l’adrénaline de la compétition en participant à des championnats du monde et d’Europe masters sur 50 et surtout 20 km. Je devrai me rééduquer, reprendre la direction de la piste. J’ai besoin d’une carotte. C’est là que je la trouverai. Et je ne me vois pas vivre sans sport.»


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