Emmanuel Macron s'explique sur sa poignée de main avec Donald Trump

C'est une poignée qui a fait beaucoup parler d'elle. Aujourd'hui, Emmanuel Macron revient sur ce geste intense et viril qu'il a eu avec le président américain Donald Trump.

C était jeudi, Emmanuel Macron et Donald Trump se sont rencontrés pour la première fois à Bruxelles. Leur brève apparition devant les journalistes s’est achevée par une longue poignée de main un peu déroutante, les deux hommes donnant l’impression de ne pas vouloir lâcher la main de l’autre.

Un moment très attendu par la presse car Donald Trump a tendance à serrer la main de ses interlocuteurs avec une vigueur pas courante, les attirant parfois brutalement à lui. Et donc sans surprise, les médias américains ont largement commenté cette poignée de main.

"Une prise mortelle bon enfant"

Par exemple, le journaliste du New York Times a déclaré "Cela a commencé comme une poignée de main virile et s'est terminé comme une prise mortelle bon enfant. Les mâchoires serrées, leurs visages alternant entre sourires et grimaces, les deux hommes se sont serré la main jusqu'à ce que les jointures de M. Trump deviennent blanches." Aujourd'hui, c'est le président français qui revient sur cette histoire dans un entretien au Journal du Dimanche: "Ma poignée de main avec lui, ce n'est pas innocent, ce n'est pas l'alpha et l'oméga d'une politique mais un moment de vérité". "Il faut montrer qu'on ne fera pas de petites concessions, même symboliques, mais ne rien surmédiatiser non plus", a-t-il poursuivi.

"Donald Trump, le président turc ou le président russe sont dans une logique de rapport de forces, ce qui ne me dérange pas. Je ne crois pas à la diplomatie de l'invective publique mais dans mes dialogues bilatéraux, je ne laisse rien passer, c'est comme cela qu'on se fait respecter", a assuré M. Macron. 

Et pour la petite histoire, il y a eu une seconde poignée de main quelques heures plus tard. On voit clairement que le président américain tente d'attirer Emmanuel Macron mais ce dernier résiste à nouveau.

 

 

Au G7, Macron fait assaut d'amababilité envers Trump

"M. Trump est pragmatique, ouvert et a envie de travailler": malgré leur désaccord au G7 sur le climat, le président français Emmanuel Macron a fait assaut d'amabilité samedi envers son homologue américain.

"J'ai vu un dirigeant qui a des convictions fortes, dont je partage une partie, comme sur le terrorisme et la volonté de tenir notre rang dans le concert des nations. Et avec lequel j'ai des désaccords", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet de deux jours à Taormina (Italie).

"J'ai bon espoir qu'il confirme son engagement (sur les accords de Paris), à son rythme", a dit M. Macron qui a voulu voir "un progrès" dans les discussions du G7 sur le climat, contrairement à la chancelière allemande Angela Merkel qui les a trouvé "difficiles" et "pas satisfaisantes".

"Pour lui comme pour moi c'était une première expérience. Donald Trump a vu l'intérêt de ces discussions, et il ajoutera à son réalisme volontariste la prise en compte des intérêts de ses amis et partenaires", a encore commenté M. Macron, qui va jusqu'à le décrire comme "quelqu'un d'ouvert avec la volonté de bien faire avec nous".

"J'ai noté sa capacité d'écoute et volonté de progresser avec nous et c'est l'un des vrais acquis de ce G7", a-t-il encore estimé, alors que le président américain n'a semble-t-il rien cédé.

Bien plus sévère, Angela Merkel a elle estimé qu'il n'y avait aucun signe permettant de savoir si les Etats-Unis resteraient ou non dans l'accord de Paris sur le climat.

Le président français a aussi dit que le moment le plus fort de son premier G7 avait été pour lui le déjeuner de vendredi avec les six autres leaders mondiaux, des échanges "très proches, sans formalisme où on parle de tous les sujets, avec un niveau d'efficacité inédit".

"Le contraire de réunion où j'ai lu des papiers préparés par d'autres" pour préparer des déclarations "incompréhensibles par le commun des mortels", a-t-il souri.

Il a aussi confirmé que Donald Trump lui avait dit qu'il avait été "son" candidat pour l'élection présidentielle française et qu'il n'avait jamais soutenu ni rencontré Marine Le Pen "malgré son long séjour à la Trump Tower".