"Stand Up for Europe" est un mouvement fédéraliste européen né en Belgique en 2014 lors des dernières élections européennes. Son objectif est de reconnecter les citoyens avec les institutions européennes. Présent dans plusieurs villes belges et européennes, dont Tournai désormais, ce mouvement repose sur un maillage urbain.

Pour marquer officiellement le lancement de l'antenne régionale de Wallonie Picarde, "Stand Up for Europe" organisait mardi soir à Tournai un dialogue citoyen en collaboration avec la Commission européenne et la Fédération Wallonie-Bruxelles.

"L'adhésion de Tournai à 'Stand Up for Europe' n'est pas un hasard. Tournai est un écrin, par sa nature frontalière, et précurseur de l'histoire, par son passé historique. Il y a une nouvelle génération et les associations militantes ont une autre vision de l'Europe. Elles sont ici ce soir pour voir ce qui est concret. Et, plutôt que de maudire l'Europe, l'objectif est de dire ce que l'on attend de l'Europe", précisait Rudy Demotte, bourgmestre de Tournai et ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

En préambule à cette soirée, les représentants de trois groupes de citoyens (16-18 ans, 20-25 ans et adultes) avaient été consultés. Ces groupes ont remis à Pierre Moscovici, Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, à la fiscalité et à l'Union douanière, ainsi qu'à Rudy Demotte un memorandum résumant leurs attentes pour l'Europe de demain.

Ces groupes se composaient de 70 jeunes (4e, 5e et 6e secondaire de l'Institut de la Sainte-Union de Kain), de 45 étudiants (3e année du Campus pédagogique de la Haute école du Hainaut) et de 25 adultes d'horizons divers, dont des demandeurs d'asile (Syrie, Irak, Afghanistan et Palestine), arrivés en Belgique depuis plusieurs mois et hébergés à Tournai.

Des intervenants ont fait part de leur expérience concrète de l'Europe. Jedrzej Bielecki, journaliste et éditorialiste politique du quotidien polonais Rzeczpospolita, a évoqué les droits civiques à la lumière de la situation en Pologne. Loïc Delhuvenne, directeur de l'Eurométropole, et François Bouton, responsable du FabLab Wapi, ont parlé des aides et projets européens et du contexte transfrontalier. Enfin, Fred Wilbaux, fondateur de la structure d'aide pour réfugiés "Tournai Refuge", a abordé les questions de migration et la remise en cause de l'espace Schengen avec toutes ses conséquences sur notre mobilité quotidienne.

En cours de soirée, sur le thème "L'Europe dont je rêve pour 2030", le public a pu exprimer sa vision de l'Europe du futur, à l'heure où l'Union européenne se trouve confrontée à des défis majeurs, 60 ans après sa création.