«Mardi sans parler»

Se concentrer sur son travail sans être dérangé par le téléphone ou les collègues: pas simple dans la configuration d’un open space. Reporters/Andia

«No Talk Tuesday». Voilà le nom de l’initiative imaginée par Delta Lloyd pour promouvoir le retour d’une forme de concentration dans les bureaux ouverts.

Pouvoir travailler toute une matinée sans être dérangé, cela peut sembler utopique dans certaines entreprises. Une fois installé à son bureau, prêt à démarrer, voilà que les téléphones se mettent à sonner, les mails à affluer, et les papotages des collègues à bourdonner dans l’open space.

Pour atténuer ces «parasites» qui peuvent entamer la performance des employés, l’initiative «No Talk Tuesday» s’invite en Belgique depuis quelques mois. C’est le cas dans l’entreprise Delta Lloyd Life qui s’est lancée en mars dernier dans l’expérience du «Mardi sans parler». Les employés de l’entreprise d’assurances ont l’occasion de se déconnecter et de ne pas être joignables le mardi avant-midi, dans le but de travailler sereinement, en restant concentrés.

Concrètement, il a été demandé aux employés participant d’éteindre leur GSM, de décrocher leur téléphone de bureau, de ne pas planifier de réunion et de ne pas déranger leurs collègues avec des questions superflues.

Précédemment, Delta Lloyd avait déjà mis en place des initiatives originales pour améliorer la santé physique de ses collaborateurs, comme bon nombre d’autres entreprises: yoga, espace fitness, etc. Avec le «No Talk Tuesday», elle innove en œuvrant pour le bien-être mental de ses collaborateurs. «L’initiative vient des États-Unis, déclare Davine Dujardin, porte-parole de Delta Lloyd Life. Selon la récente étude “En quête nationale de santé” (2016), près de la moitié des employés belges est soumise à un stress régulier, et 66% se montrent positifs vis-à-vis des initiatives telles que No Talk Tuesday.»

15 minutes suffisent déjà

Les recherches montrent qu’une mission non interrompue procure une meilleure sensation de productivité et d’autonomie. «Ce sentiment contribue à notre satisfaction professionnelle, explique Elke Van Hoof, professeur en psychologie de la santé et spécialiste du burn-out. Ces moments pendant lesquels nous ne sommes pas interrompus, ne doivent pas durer plus de 45 minutes (pour la concentration), mais ils peuvent également être plus courts: par exemple, 15 minutes de concentration consacrées à une tâche qui peut-être terminée en 15 minutes, peut déjà favoriser la satisfaction professionnelle

Enfin, la psychologue confirme l’importance d’une bonne communication de l’employeur pour la réussite d’un tel projet, car des réticences existent sur ce concept. «Nous vivons à une époque où la multiplicité et la rapidité de l’information ont créé l’illusion d’accessibilité absolue. Nous ne sommes pas habitués à ce qu’une personne ne soit plus directement disponible. Pour mener à bien ce type d’interventions, il convient d’organiser une bonne campagne d’informations et un feed-back. Souvent, les collègues ne voient aucun inconvénient à patienter, si cela permet d’améliorer la qualité du travail.»

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