LE BIEN-ÊTRE AU TRAVAIL

Dans une atmosphère zen et moderne

Fini les piles de papiers et les vieux journaux qui prennent la poussière sur les bureaux. Chez Wolters Kluwer, on est passé au clean desk, accompagné du télétravail. Les employés se disent ravis.

«Je me sens bien ici. L’atmosphère est moderne, on est bien équipé. L’ambiance est beaucoup plus zen qu’avant et cela m’aide à travailler.» Mathias Retsin, 38 ans, est project manager chez Wolters Kluwer. Le clean desk, il adore. Et surtout les mesures qui l’accompagnent.

À Malines, l’éditeur et fournisseur de services professionnels est entré dans l’ère du «Future proof working», entendez le nouveau monde du travail. Les 450 collaborateurs du siège belge n’ont désormais plus de poste de travail fixe (clean ou flex desk), changent de «voisins» quotidiennement et peuvent maintenant travailler un à deux jours par semaine de chez eux. Une véritable révolution pour une entreprise qui pratiquait la pointeuse…

Un objectif économique?

Pour la direction, ce nouveau mode de fonctionnement a permis de réduire l’espace bureaux de 30%, puisqu’il n’y a plus de poste de travail pour tout le monde. L’objectif de ce changement était-il donc économique? «Ce n’était pas la motivation de base, soutient Conny Hooghe, directrice des ressources humaines, porteuse du projet. C’était une demande des employés, qui souhaitaient plus de télétravail.»

Tout en maintenant une place centrale à la satisfaction du client et aux résultats, la direction a ajouté à ces deux principes la flexibilité (du lieu et du moment de travail), ainsi que l’adaptation du travail selon la tâche. Partant de ces principes, l’entreprise a mené une profonde réflexion et s’est lancée dans son projet «Future proof working».

Convaincre d’abord la direction

Motivée, Conny Hooghe a d’abord dû convaincre sa direction des avantages d’un système qui repose avant tout sur la liberté et la confiance. Certains chefs de service craignaient par exemple de ne plus avoir de vision directe sur leur équipe. «Et puis les managers devaient aussi se plier eux-mêmes au clean desk, ce qui était difficile à envisager pour eux! » sourit la DRH.

Mais pas question d’une révolution brutale. «On a donc phasé le programme et on a commencé par le bureau de Hasselt en 2014, précise Elke Colpaert, responsable communication et copilote du projet. Les collaborateurs avaient très peur de ne plus avoir leurs papiers près d’eux. Au final, ils ont jeté 70% de leurs dossiers et en étaient ravis!»

L’année suivante, une soixantaine d’employés de Malines sont passés au flex desk. L’analyse des risques psychosociaux qui a suivi, réalisée en partenariat avec l’ULg, a confirmé le bien-fondé du changement. «L’enquête a montré de meilleurs résultats pour les travailleurs passés au clean desk, en termes de planification, de vision d’avenir, de confiance, etc.», détaille Mathieu Vanhaelen, conseiller en prévention. Le chantier a donc été généralisé et finalisé fin 2016.

Le bonheur du télétravail

Corollaire du clean desk, le télétravail proposé une ou deux fois par semaine aux collaborateurs est le point positif principal relevé par les travailleurs. Pas de perte de temps sur la route, meilleur équilibre famille-travail, plus de concentration. « J’apprécie aussi beaucoup l’ergonomie des bureaux, souligne Inneke Vercruyssen, conseillère marketing. Et puis, c’est plus écologique, car il y a beaucoup moins de papiers. Un point négatif? Il y a moins de contacts avec l’équipe.»

Tous ces bureaux immaculés, sans «propriétaires», n’amènent-ils pas une atmosphère impersonnelle au lieu de travail? Chaque jour se réinstaller, disposer son clavier, sa souris et «ses petites affaires», cela prend du temps. «Pour certains, cette nouvelle habitude n’a pas été facile à prendre, consent le conseiller en prévention. On a eu ce genre de protestation au début, puis c’est passé et les gens se montrent dans l’ensemble très satisfaits maintenant. »

Et le bruit dans l’open space qui accueille autant de collaborateurs? Des panneaux isolants ont été installés, de même qu’une multitude de petites salles de réunion. Une formation a également permis à chacun d’appréhender le clean desk et d’apprendre comment se parler lorsqu’un collègue gêne l’autre. Et les RH restent à l’écoute pour d’éventuelles adaptations.

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