ARLON

Procédure accélérée pour un compagnon violent

Procédure accélérée pour un compagnon violent

L’homme multipliait les violences. ÉdA – 301225803996

Il a mis son poing sur la figure de sa compagne il y a 15 jours. Il veut lever l’ordonnance d’éloignement prise à son encontre.

Le tribunal correctionnel d’Arlon a entendu un habitant de Virton prévenu et en aveux d’avoir tabassé sa compagne et mère de ses deux enfants âgés de 7 et 4 ans. La nuit du 29 au 30 avril dernier, il lui a asséné, entre autres, un violent coup de poing sur le visage qui a valu une incapacité de travail de plusieurs jours. «Ma compagne a des crises de violence, a-t-il tenté de se justifier, je lui ai mis mon poing sur la figure pour tenter de la calmer.» Le juge Luc Lambrechts lui met sous le nez la photo du visage fracassé de sa compagne. «Je n’ai pas mesuré les conséquences de mon geste. Quand j’ai vu les résultats de mon geste, j’étais atterré.»

À la suite de la plainte de son épouse, la justice a ordonné une mesure d’éloignement. Le prévenu ne peut plus rentrer chez lui, ni approcher ses enfants. «J’ai obtenu de mon employeur grand-ducal, un congé parental qui me permet de m’occuper de mes enfants, se plaint l’homme violent. Cette ordonnance d’éloignement ne me permet pas de m’occuper d’eux.»

Procédure accélérée

Les faits s’étant déroulés il y a quinze jours, le tribunal juge le prévenu en «procédure accélérée», ce qui permettra d’obtenir le jugement dès vendredi prochain, le 26 mai.

Le ministère public, représenté par le substitut du procureur du roi Thibaut Vandamme, a requis douze mois d’emprisonnement avec un sursis probatoire, incluant un suivi psychologique pour combattre la violence que le prévenu reconnaît avoir en lui, mais aussi une formation Praxis, qui consiste à aider les personnes condamnées pour violence, à prendre conscience de leur problème et à les aider à gérer leur problème.

En passant par cette procédure accélérée, le prévenu espère que l’ordonnance d’éloignement sera levée et qu’il pourra reprendre sa vie familiale. Son avocat, Me Marc Kauten, a plaidé pour une peine légère, une suspension du prononcé avec des conditions strictes ou, à titre subsidiaire, une peine de travail. Mais il s’est surtout adressé à son client: «Vous devez réfléchir. Malgré ces derniers faits de violence, vous voulez absolument reprendre la vie avec votre compagne. Mais vous reconnaissez que cette violence est récurrente dans votre couple. Peut-être devriez-vous vous rendre compte que vous vivez une relation toxique et qu’il serait peut-être plus sage d’y mettre fin. Mais cela n’est pas de mon ressort ni celui de la justice. Je ne suis ni un psy, ni un thérapeute de la vie de couple. C’est vous qui devez prendre vos responsabilités.»


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