LIÈGE

Il y a peu, Jean-Pierre Hupkens avait encore un emploi chez… Publifin

Il y a peu, Jean-Pierre Hupkens avait encore un emploi chez… Publifin

Il y a quelques jours encore, Jean-Pierre Hupkens bénéficiait d’un emploi «dormant» au sein de l’intercommunale Publifin. ÉdA Hermann

Le nouveau président de la Fédération liégeoise du PS, Jean-Pierre Hupkens, disposait encore d’un poste au sein de Publifin jusqu’au 21 avril. Il ne l’exerçait pas et ne touchait pas de salaire, mais aurait pu le récupérer si son mandat d’échevin avait pris fin.

Peu avant d’être élu à la tête de la Fédération liégeoise du PS, l’échevin liégeois de la Culture Jean-Pierre Hupkens disposait encore d’un job au sein de l’intercommunale Publifin. Celle-là même dont le fonctionnement fait couler beaucoup d’encre depuis fin 2016. Ce sont nos confrères de Sudpresse qui révèlent cette information ce vendredi.

Jean-Pierre Hupkens n’a travaillé qu’un mois pour l’intercommunale ALG, à l’époque. C’était en février 2006 et, depuis, il n’a plus exercé cet emploi ni touché le moindre kopeck pour celui-ci, expliquent encore nos confrères. Il a démissionné le 21 avril dernier, soit al veille de l’élection au PS liégeois. Il s’agissait donc d’une forme d’emploi «dormant», dont il était en congé politique depuis qu’il est entré dans le collège communal liégeois.

Une bouée de secours?

Les congés politiques sont courants, et même automatiques dans les communes de plus de 80000 habitants, où un mandat d’échevin constitue un emploi à part entière. Le congé politique permet justement au mandataire de retrouver son job, s’il n’est pas réélu ou s’il doit démissionner. C’est une forme de sécurité permettant aux travailleurs de se lancer dans la vie politique.

La question plus délicate qui se pose, dans ce cas, est la suivante: cet emploi au sein de l’intercommunale constituait-il une forme de compensation? Un cadeau de la part de Willy Demeyer du type «engage-toi en politique à mes côtés, j’assure tes arrières en cas d’échec»?

Avant de faire de la politique, Jean-Pierre Hupkens était banquier. Il a quitté ce métier pour se lancer en politique, convaincu par Willy Demeyer. En quittant la gestion d’agences bancaires, en 2006, il a cependant intégré l’ALG comme conseiller financier. Après y avoir travaillé un mois, en février, il a été détaché pendant neuf mois pour intégrer le cabinet de l’échevine Nicole Struvay, puis a participé à la campagne, a été élu et est entré au collège.

«Les événements se sont enchaînés»

Cet emploi constituait-il un lot de consolation, en 2006? L’intéressé réfute auprès de Sudpresse. «Ce n’était pas prévu, mais les événements se sont enchaînés. J’ai été détaché à la Ville de Liège durant quelques mois, puis quand je suis devenu échevin, je me suis mis en congé politique de cette fonction», explique-t-il.

Onze ans plus tard, voir son nom inscrit sur la liste du personnel de Publflin (Sudpresse s’est procuré un document l’attestant) faisait mauvais genre, pour un candidat chargé de faire le ménage au sein de la Fédération liégeoise du PS. Jean-Pierre Hupkens a donc démissionné, la veille du scrutin socialiste, donc le 21 avril. «Je ne voulais pas être en mauvaise position au regard du poste de président de la Fédération avec l’actualité que l’on connaît» autour de l’intercommunale en question, justifie-t-il auprès de Supdresse.