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Le régime syrien a utilisé des armes chimiques de façon «systématique et généralisée»

Le régime syrien a utilisé des armes chimiques de façon «systématique et généralisée»

À Khan Cheikhoun, mais aussi à trois autres reprises, le régime syrien a utilisé des gaz neurotoxiques, selon Human Rights Watch. AFP

L’armée syrienne a utilisé des gaz neurotoxiques dans l’attaque présumée à Khan Cheikhoun et lors de trois autres offensives qui lui sont imputées, a affirmé lundi l’ONG Human Rights Watch.

De nouvelles preuves étayent la conclusion selon laquelle les forces du gouvernement syrien ont utilisé des agents neurotoxiques au moins quatre fois au cours des derniers mois, notamment lors de l’attaque chimique du 4 avril dernier contre la ville de Khan Sheikhoun, qui avait causé la mort d’au moins 92 personnes, ressort-il d’un rapport d’Humans Right Watch (HRW) publié lundi. Ces attaques ont été menées de manière généralisée et systématique, et dans certains cas ont été dirigées contre la population civile et il pourrait dès lors s’agir de crimes contre l’humanité, affirme l’organisation de défense des droits de l’Homme.

Les trois autres attaques chimiques dont il est question ont été menées en décembre 2016 et mars 2017, selon HRW. «Au cours des six derniers mois, le gouvernement a utilisé des avions de guerre, des hélicoptères et des forces terrestres lors d’attaques au chlore et au sarin à Damas, à Hama, à Idlib et à Alep», est-il écrit dans le rapport «Attaques chimiques meurtrières: Utilisation généralisée et systématique d’armes chimiques par le gouvernement syrien».

Dans au moins plusieurs attaques, l’intention semble avoir été d’infliger de graves souffrances à la population civile, dénonce l’organisation.

Des photos et vidéos de fragments d’une munition retrouvée à Khan Sheikhoun à la suite de l’attaque du 4 avril semblent exhiber les caractéristiques d’une bombe chimique de fabrication soviétique spécialement conçue pour larguer du sarin, détaille-t-elle.

La Convention sur l’interdiction des armes chimiques, à laquelle la Syrie a adhéré en octobre 2013, interdit le développement, la production, le stockage et l’utilisation d’armes chimiques, et exige leur destruction. La Convention interdit également l’utilisation à des fins militaires de produits chimiques toxiques comme le chlore, rappelle HRW.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait immédiatement adopter une résolution exigeant que toutes les parties au conflit en Syrie coopèrent pleinement avec les enquêteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, plaide-t-elle, appelant Russie et Chine à cesser d’y utiliser leur pouvoir de veto.