GOSSELIES

La Région wallonne rachète le site de Caterpillar pour 1 euro

La Région wallonne rachète le site de Caterpillar pour 1 euro

La Région wallonne et Caterpillar Belgium ont trouvé une solution pour envisager une nouvelle activité industrielle sur le site de Gosselies. BELGA

La Région wallonne acquiert pour l’euro symbolique le site et les principales installations de Caterpillar Gosselies, a annoncé Caterpillar Belgium par voie de communiqué ce lundi.

Caterpillar et la Région wallonne ont conclu un accord de principe équilibré sur la vente du site de Caterpillar Gosselies (environ 100 hectares) à la Région wallonne, représentée par la SOGEPA.

La filiale du groupe américain admet avoir accepté de céder son terrain et un nombre de ses actifs et installations pour un euro symbolique «afin de donner les meilleures chances à la reconversion de son site».

Paul Magnette, le minsitre président de la Wallonie, a réagi à propos de cette nouvelle via son compte Twitter.

 

 

La valeur de cette transaction, dans les livres de Caterpillar, s’élève à 143 millions d’euros, soit presque l’équivalent de ce que le groupe a investi sur fonds propres sur le site. La valeur globale du site est quant à elle de 500 millions d’euros, selon le gouvernement.

Pour obtenir ce résultat, «nous avons utilisé tous les instruments juridiques existants, ce fut un mélange de carotte et de bâton, mais la recette relève du secret des négociations», a commenté M. Magnette.

Pour un grand groupe international comme Caterpillar, «mieux vaut parfois trouver un accord à l’amiable que de rentrer dans un long litige», a-t-il ajouté.

«Il n’aurait manqué que cela qu’ils ne le fassent pas», a commenté le ministre de l’Economie Jean-Claude Marcourt, qui fut à la barre des négociations. Le ministre a également souligné le rôle des organisations syndicales.

Le conseil des ministres a approuvé ce lundi les termes de l’accord, au cours d’une réunion spéciale.

La signature de l’acte de vente authentique entre les parties est programmée pour juin 2018.

CSC et FGTB se réjouissent de l’opération

L’accord intervenu entre le gouvernement wallon et le groupe Caterpillar au sujet de la cession à titre gratuit du site carolo du groupe est un «aboutissement important dans le combat mené par les travailleurs et leurs représentants», a indiqué lundi dans un communiqué Antonio Cocciolo. «C’est une excellente opération» a pour sa part indiqué Jean-Marie Hoslet, le secrétaire provincial de la CSC-Metea.

Du côté de la FGTB comme de celui de la CSC, les représentants syndicaux ont rappelé que la récupération du site a d’emblée été pointée comme une priorité syndicale dès l’annonce de l’intention de fermeture, le 2 septembre dernier. «Par la voie négociée ou par la contrainte», a précisé pour sa part Antonio Cocciolo. «L’accord permet d’envisager favorablement la reprise d’une activité industrielle à Gosselies», a indiqué la FGTB Metal.

Dans la perspective du retour d’activités sur le site, Jean-Marie Hoslet a toutefois invité la Région wallonne, nouveau propriétaire du site, à ne pas renouveler les erreurs du passé. «C’est-à-dire à ne pas le revendre à de nouveaux investisseurs mais procéder davantage par baux emphytéotiques», a-t-il précisé. Le responsable syndical verrait d’ailleurs bien à terme que la propriété du site passe de la Région wallonne à l’intercommunale de développement économique, Igretec, qui gère les parcs d’activités économiques dans la région de Charleroi. Sur les raisons qui ont poussé le groupe à céder à titre gratuit le site et certains actifs, Jean-Marie Hoslet a semblé écarter l’hypothèse de coûts de dépollution imputables au propriétaire. «Il y a bien une certaine pollution comme sur n’importe quel site industriel mais rien de comparable avec la pollution d’un site sidérurgique.»

 

Voici le communiqué de la FGTB dans son intégralité:

La Fédération des Métallurgistes FGTB Hainaut-Namur accueille avec satisfaction la confirmation d’un accord entre le gouvernement de la Région Wallonne et Caterpillar sur la cession des installations et des terrains du site de Gosselies à titre gratuit.

Après l’accord social intervenu, cette annonce est un aboutissement important dans le combat mené depuis le 2 septembre par les travailleurs et leurs représentants suite à l’annonce de l’arrêt des activités décidé par la multinationale.

Dès les premières heures qui ont suivi l’annonce, notre Fédération avait fixé comme l’une des priorités la récupération, par la voie négociée ou par la contrainte, du site par les pouvoirs publics. Durant toute la phase 1 de la procédure Renault, notre organisation n’a eu de cesse de revendiquer que Caterpillar cède les installations et les terrains et participe à la relance du site.

Aujourd’hui, nous pouvons nous féliciter que ce combat ait abouti à un accord qui permet d’envisager favorablement la reprise d’une activité industrielle à Gosselies.

Nous tenons à saluer la prise de conscience et un certain courage politique mis en œuvre en vue de la concrétisation de cet accord. En ces moments de perte de confiance dans l’action publique, il était important que le pouvoir politique démontre sa capacité à reprendre la main sur les outils économiques dans l’intérêt de la majorité de la population.

Cet accord est un signal fort et une démarche importante vers la concrétisation d’une de nos plus importantes revendications à savoir un plus grand contrôle par la puissance publique des intérêts économiques en faveur de plus de justice sociale.

Cet accord doit être le point de départ dans la construction d’une législation qui oblige les entreprises, qui après avoir absorbé l’ensemble des aides publiques disponibles mettent des travailleurs et des régions entières en difficulté, à participer financièrement à la relance des sites qu’elles délaissent.

Nous resterons attentifs à la concrétisation effective des accords intervenus afin qu’ils bénéficient prioritairement aux travailleurs de Caterpillar et plus largement à la région de Charleroi.