MOBILITÉ

On a testé Scooty, le scooter électrique bruxellois en libre-service

Et si vous preniez le premier scooter qui passe pour vous rendre à votre rendez-vous, oubliant les files et le stress du parking? C’est possible avec Scooty, le scooter partagé bruxellois en libre-service. On a testé.

La mobilité à Bruxelles entre plus que jamais dans l’ère du partage. Mais pas uniquement le partage de voiture. Simultanément à l’arrivée de trois acteurs de l’autopartage en libre-service (ou «free-floating») que sont ZipCar, Car2Go et Ubeeqo, la capitale a vu débarquer les scooters blancs de Scooty. Timidement, certes, puisque ces mobylettes électriques en libre-service ne sont encore que 25 aujourd’hui dans le quartier européen et le centre. Mais dès l’été, la start-up belge espère lancer 100 scooters dans les 19 communes.

Concrètement, Scooty fonctionne depuis une app mobile à télécharger. Pour entamer une location, vous devez localiser la machine la plus proche, la réserver et vous y rendre. Une fois le scooter «réservé», vous disposez d’un quart d’heure pour le débusquer. Il vous est demandé de signaler les éventuels dégâts avant de grimper en selle, comme chez Cambio. Vous entamez alors la location proprement dite (0,25€/minute, 0,05€ à l’arrêt) d’un clic dans l’app. Le moteur démarre d’une pression sur le frein. En fin de trajet, vous verrouillez le scooter d’un clic dans l’app.

 

 

On a testé Scooty, le scooter électrique bruxellois en libre-service
Le Scooty est léger et très maniable: casqué, on n’entend que le vent puisqu’il est électrique. EdA - Jacques Duchateau

 

On teste Scooty

Nous avons testé Scooty depuis la nouvelle station multimodale d’Europcar, avenue d’Auderghem à Etterbeek, à deux pas du Cinquantenaire. Voici notre verdict.

Ce qu’on aime

On a testé Scooty, le scooter électrique bruxellois en libre-service
On géolocalise le Scooty sur l’app et on dispose ensuite de 15 minutes pour se rendre à la moto avant de le déverrouiller. EdA - Jacques Duchateau
+ Le libre-service (pas de station, donc) et la géolocalisation

+ La prise en main immédiate et la maniabilité: on se sent comme sur un autoscooter de fête foraine

+ Le moteur électrique: ni bruit, ni odeur, juste le vent

+ La limitation à 50 km/h: pas besoin d’aller plus vite entre les feux, ce qui procure une sensation de sécurité

+ Le déverrouillage et verrouillage par smartphone (et donc sans clef): une fois la location démarrée, il suffit de pousser sur le frein pour démarrer le moteur. Pour l’arrêter, il suffit de stopper via l’app.

Ce qu’on n’aime pas

On a testé Scooty, le scooter électrique bruxellois en libre-service
Le coffre du Scooty contient deux casques, ce qui empêche d’y glisser quelques courses. EdA - Jacques Duchateau
+ Descendre et remonter le scooter de sa béquille n’est pas aisé

+ L’usage du clignoteur n’est pas si évident: on oublie de l’enclencher ou de le désenclencher

+ Le poids de la moto peut déséquilibrer au feu

+ La difficulté de remonter les files de voitures, mission nettement plus délicate qu’à vélo

+ L’absence de coffre puisqu’il comporte deux casques: on ne peut donc pas utiliser Scooty pour faire une petite course, sauf avec un sac à dos volumineux

+ L’obligation, pour l’instant, de revenir dans une zone excessivement limitée en fin de location (Etterbeek et Cinquantenaire, Ixelles et Loi, quartier Européen, est du Pentagone, Quartier Nord, Gare du Midi)

 

Bon à savoir

On a testé Scooty, le scooter électrique bruxellois en libre-service
Quand les batteries diminuent sous les 25% de capacité, le scooter est désactivé de l’app le temps de les remplacer par des pleines. EdA - Jacques Duchateau
+ Scooty nécessite un permis B

+ Scooty n’est actuellement lancé qu’en version «beta». Cela signifie trois choses: il n’y a que 25 scooters disponibles, l’app et le service sont en évolution permanente, la zone de chalandise est assez limitée

+ Le scooter proposé par Scooty est une machine de la marque espagnole Torrot, la technologie interne (comme le système sans clef) est allemande, les batteries électriques sont japonaises

+ Pour ceux qui, comme nous, ne se sentent peut-être pas 100% à l’aise en enfourchant des mobylettes de 75kg, une séance d’initiation est prévue lors de l’adhésion

+ Le prix actuel de 0,25€ à la minute pourrait rapidement s’assortir d’offres d’abonnements et de packages (de X minutes par exemple), ainsi que de comptes pour entreprises qui mettraient des scooters à disponibilité de leurs employés

+ Si vous faites une course, vous descendez du scooter et rangez le casque dans le coffre. Vous cliquez alors sur «pause» dans l’app et le compteur diminue alors à 0,05€/minute

+ Le Scooty dispose d’une autonomie de 85km, ce qui semble largement suffisant pour une journée de virée dans Bruxelles.

+ Lorsque les batteries du scooter descendent sous les 25% de leur charge, il est automatiquement désactivé de l’app: il n’apparaît donc plus sur la carte et vous ne pouvez plus le louer. L’équipe de Scooty effectue alors elle-même le remplacement du jeu de batterie par un jeu plein, de sorte que la moto soit le moins longtemps possible immobilisée.

+ Vu son fonctionnement via smartphone, Scooty risque d’embarrasser les utilisateurs en panne de batterie: plus moyen, dans ce cas, de terminer la location ou de verrouiller la moto. Celle-ci devrait donc rapidement être équipée de ports USB permettant de recharger les téléphones des utilisateurs.

On a testé Scooty, le scooter électrique bruxellois en libre-service
Bram Vandeperre (à gauche) et Jan-Albrecht Jost, cofondateurs de Scooty, avec Maud Gabriel. EdA - Jacques Duchateau