ASSISES DU HAINAUT

Assassinat de David Ervinckx: pour son avocat Fabian Lauvaux, «Patrick Bastin n’est pas le tireur et a toujours dit la vérité»

Assassinat de David Ervinckx: pour son avocat Fabian Lauvaux, «Patrick Bastin n’est pas le tireur et a toujours dit la vérité»

Me Lauvaux (archive) BELGA

Me Fabian Lauvaux a pris la parole, jeudi matin devant la cour d’assises du Hainaut, pour défendre Patrick Bastin, accusé d’avoir assassiné David Ervinckx le 28 mars 2013 à Mellet (Les Bons Villers).

Convaincu que son client n’est pas l’auteur des tirs mortels, l’avocat estime néanmoins que son client doit être déclaré coupable de coups et blessures ayant entrainé la mort sans intention de la donner. «J’affirme et je plaide qu’il n’est jamais sorti de son véhicule ce soir-là», dit-il.

Me Fabian Lauvaux a débuté sa plaidoirie en lisant la première audition de Patrick Bastin à la police, du 16 avril 2013, lors de laquelle son client avait déclaré qu’il n’avait jamais eu l’intention de tuer David Ervinckx, «même si Sophie Dery voulait, selon Giuliano Di Iuliochiacchia, se débarrasser de son ex-mari pour une question de garde d’enfant».

Les mêmes déclarations depuis le début

Depuis le début de l’affaire, Patrick Bastin ne conteste pas sa présence sur la scène de crime, le 28 mars 2013 au soir, mais il nie avoir tiré trois coups de feu dont deux ont touché David Ervinckx au thorax. Par contre, il ne nie pas avoir reçu une arme de Christophe Petit, qu’il a remise, chargée, à Fayçal Boutouil, lequel lui aurait alors dit qu’il fallait fuir car il avait tiré sur David Ervinckx.

Me Lauvaux constate que les déclarations de son client n’ont pas varié depuis le début de l’enquête et qu’il est resté sur sa position lors du procès devant les assises. «M. Bastin sait qu’il va être condamné car il était sur place», indique son avocat.

«Mais dire que c’est un meurtrier s’il n’a pas tiré, et qu’il n’en a pas eu l’intention, c’est délicat. Dire que c’est un assassin ou un tueur à gages est aussi délicat. Il n’en a pas le profil», estime Me Lauvaux, rappelant que son client est arrivé en état de panique chez Christophe Petit le soir des faits. «Giuliano Di Iuliochiacchia, Christophe Petit et Patrick Bastin se rejoignent sur des points essentiels et ils n’ont pas pu s’entretenir là-dessus», constate la défense.

«Pour intimider, pas tuer»

Me Lauvaux ne conteste pas la préméditation car son client a participé à des repérages, «jamais seul», mais pas sur un meurtre, «car cela ne correspond pas à la réalité».

Dans une autre déclaration, Patrick Bastin indique que Fayçal Boutouil lui avait demandé une arme «pour intimider ou au cas où la victime était armée» et il constate que Boutouil s’est mis à pleurer quand il a avoué aux policiers qu’il avait tiré les coups de feu.

L’avocat s’est ensuite penché sur les déclarations de Fayçal Boutouil qu’il accuse d’avoir menti. «Il a prêté à Bastin le rôle qui était le sien dans un réflexe de défense», poursuit Me Lauvaux qui a cité plusieurs exemples contredits par l’oralité des débats.

Me Lauvaux est convaincu que son client, qui ne portait pas de gants, n’est jamais sorti de son véhicule. «Il n’a pas laissé la moindre trace génétique dans la voiture», poursuit l’avocat qui ajoute que les déclarations de son client collent avec les déclarations de riverains de la rue de Wayaux, intervenus pour prodiguer les premiers soins à la victime, alors à l’agonie.

«Pas le tireur»

L’avocat n’exclut pas que des coups de feu aient été tirés car l’auteur n’arrivait pas à ouvrir la portière de l’auto qui était verrouillée et soutient que la position de l’accusation (les tirs ont été faits alors que David Ervinckx était distrait par un second individu du côté conducteur) est erronée.

Me Lauvaux a développé plusieurs éléments qui, selon lui, démontrent que son client n’est pas le tireur: les aveux de Boutouil lors de l’enquête; le polygraphe défavorable à Boutouil «qui dispose de l’arme avant les faits et s’en débarrasse»; le fait que Boutouil porte des gants, change de vêtements et pose le rendez-vous. L’avocat soutient aussi que le domicile d’un témoin, «mis au parfum», servait de lieu de retraite. Enfin, un mot a été retrouvé dans le coran de Fayçal Boutouil: «il est préférable que tu dises que c’est toi qui as tiré».

La défense de Fayçal Boutouil prendra la parole. Lui aussi conteste être le tireur, malgré ses aveux en cours d’enquête.


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