ASSISES DU HAINAUT

Assassinat de David Ervinckx: Christophe Petit, un «maillon faible, roi de l’arnaque, mais pas un violent»

Assassinat de David Ervinckx: Christophe Petit, un «maillon faible, roi de l’arnaque, mais pas un violent»

La défense de Christian Petit a plaidé l’acquittement pour assassinat de leur client. BELGA

Me Alexandre Wilmotte et Me Émilie Van Steechelman ont plaidé, mercredi après-midi devant la cour d’assises du Hainaut, l’acquittement «sans aucun doute» de Christophe Petit, accusé de l’assassinat de David Ervinckx, survenu le 28 mars 2013 à Mellet (Les Bons Villers).

Les avocats de Christophe Petit ont imité Me Mayence, avocat de Giulano Di Iuliochiacchia, en demandant de condamner leur client pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Me Émilie Van Steechelman estime qu’il serait fou de soutenir que M. Petit voulait assassiner David Ervinckx. «Ce n’est pas prouvé», dit-elle après avoir développé la notion de «participation» selon la loi, la doctrine et la jurisprudence. L’avocate a aussi contesté le dol éventuel plaidé par Me Michel Bouchat, avocat des parties civiles, lequel avait estimé que Giuliano Di Iuliochiacchia et Christophe Petit avaient accepté les risques engendrés par l’expédition punitive menée contre David Ervinckx par Patrick Bastin et Fayçal Boutouil, le 28 mars 2013.

L’avocate ajoute que personne n’a soutenu que Christophe Petit avait engagé Patrick Bastin «pour tuer» David Ervinckx et que Giuliano, Christophe et Patrick ont toujours prétendu que leur but était de «mettre une raclée» à la victime, après avoir pris l’argent de Sophie Dery qu’il fallait «arnaquer».

Décrit comme le «maillon faible» du groupe

Mais Christophe Petit a remis une arme, un calibre 6.35, à Patrick Bastin. Pour la défense de M. Petit, cette arme n’a pas été fournie pour tuer David Ervinckx, «et il ignore que cette arme a été remise à Fayçal Boutouil». La détention d’arme reprochée à Christophe Petit n’est dès lors pas contestée par Me Van Stichelman.

Décrit comme «le maillon faible» du groupe, Christophe Petit n’est ni co-auteur matériel, ni co-auteur intellectuel dans le cadre de cette affaire, selon son avocate.

Me Alexandre Wilmotte, quant à lui, craint que son client soit absorbé à tort dans une mécanique qui consisterait à mettre tout le monde dans le même sac. «Le jury sait ce qu’il a fait et sait ce qu’il n’a pas fait. Il reste à le traduire juridiquement. On sait qui il a appelé, qu’il a fait des repérages, qu’il a fourni une arme et qu’il a reçu de l’argent», raconte l’avocat qui constate que son client a rapidement dit la vérité «de manière assez claire comme M. Di Iuliochiacchia».

L’avocat liégeois a totalement exclu le dol éventuel, «un raisonnement qui ne tient pas la route», dit-il en ajoutant que l’accusation élude la preuve de l’intention d’homicide. «Aucune preuve n’est apportée sur sa volonté de s’associer à une intention de tuer», martèle l’avocat.

Choisi pour «faire le méchant»

Christophe Petit est arrivé dans cette affaire en janvier 2013, à un moment où Sophie Dery mettait la pression sur Giuliano Di Iuliochiacchia en parlant de Roumains prêts à faire le travail pour 15.000 euros. «C’est ainsi que cette pression a été répercutée sur M. Petit, lequel s’était engagé dans une arnaque avec Giuliano Di Iuliochiacchia».

Choisi par Giulano Di Iuliochiacchia pour «faire le méchant» auprès de Sophie Dery, Christophe Petit n’aurait pas recruté qui que ce soit. «M. Bastin a eu un accrochage et Petit lui a dit d’aller faire réparer sa voiture chez Giulano Di Iuliochiacchia. C’est à ce moment-là qu’il va être question d’aller frapper David Ervinckx».

Christophe Petit n’était plus favorable de faire le coup après avoir reçu 2.000 euros. Il a déclaré: «quand Patrick m’a annoncé qu’il avait trouvé quelqu’un, cela m’a réconforté».

Concernant l’arme, Christophe Petit souhaitait la vendre et, selon sa défense, il ne pouvait pas savoir que cette arme allait se retrouver sur la scène de crime. «Son comportement dans cette affaire ne fait pas de lui un meurtrier, ni un assassin», estime l’avocat. «Il n’est ni à l’origine de la chaîne, ni à l’arrivée, il ne frappe pas, ne tue pas, ne véhicule pas et n’organise pas».

L’avocat ne conteste pas que son client ait fait passer des messages, qu’il a fait un repérage et il a accepté que des coups allaient être portés à David Ervinckx. Dès lors, il a posé aussi la question subsidiaire des coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner comme l’avait fait la défense de Giuliano Di Iuliochiacchia en matinée.

Arnaqueur mais pas violent

Me Wilmotte est enfin revenu sur la personnalité «du maillon faible» comme l’ont qualifié les experts en santé mentale. Christophe Petit n’a jamais été condamné pour des faits de violence mais bien pour de nombreuses arnaques. «Et c’est bien pour ça qu’on est venu le chercher», conclut l’avocat.

Le procès a été suspendu et reprendra jeudi avec les plaidoiries des avocats des deux derniers accusés, Patrick Bastin et Fayçal Boutouil, suspectés des tirs mortels.


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