ASSISES HAINAUT

Me Mayence a enfoncé un peu plus Sophie Dery dans ses contradictions

Me Mayence a enfoncé un peu plus Sophie Dery dans ses contradictions

Me Mayence. Archives EdA

Me Mayence a poursuivi sa plaidoirie, ce mercredi midi, devant la cour d’assises du Hainaut.

Celui qui assure la défense de Giuliano Di Iuliochiacchia a fait une chronologie des faits depuis le jour où Sophie Dery a commencé à exprimer sa volonté de se débarrasser de son ex-mari, David Ervinckx, qui avait demandé une garde alternée de leur fils devant le tribunal de la jeunesse. Le 28 mars 2013, David était tué par balles à Mellet, après être tombé dans un piège.

L’avocat a expliqué comment son client était tombé dans cette affaire. «Sophie Dery est venue le voir pour la première fois en mai 2012 mais on ne sait pas pourquoi. La question est de savoir si elle lui a demandé rapidement de mettre une raclée à David Ervinckx.»

Sophie dit qu’elle n’a jamais demandé à Giuliano de frapper David Ervinckx, ni de le tuer, «bien qu’elle en avait fait la demande à Sébastien D., vers avril-mai 2012», constate Me Mayence.

Sébastien, qui avait eu une aventure avec elle, avait raconté lors de son témoignage qu’elle était folle de rage à l’époque et qu’elle lui avait même demandé de trouver des gens pour mettre une correction à David et d’intercepter des lettres pour que David n’aille pas au tribunal. Sébastien a refusé et il n’a plus vu Sophie, «laquelle lui demandait, à l’une ou l’autre occasion, s’il allait faire quelque chose contre son ex, il a dit oui mais n’a rien fait». En avril 2013, ce témoin avait reçu un appel de Sophie qui lui avait indiqué que la police allait l’interroger, remarque Me Mayence.

Ce dernier constate que Sophie avait fait la même demande à celui qu’elle considérait comme son confident, à la même époque. Lui aussi a refusé. Elle a aussi fait la demande à un autre témoin de «liquider David contre paiement», qui a refusé aussi. Pour l’avocat, ses intentions étaient claires depuis cette période et «Giuliano Di Iuliochiacchia dit donc vrai».

L’avocat ajoute que le harcèlement téléphonique envers Giuliano est manifeste dans le chef de Sophie Dery, «438 contacts» et des messages codés, durant des mois «et il ne va rien faire». Dans sa première déclaration, Giuliano dit qu’il avait reçu une photo de David dès le mois de juin 2012.

Selon Me Mayence, il est impossible que son client ait pu donner de l’argent à Christophe Petit venant de son compte car sa société était en difficulté. «Bizarrement, il a donné cet argent à Petit tout de suite après avoir eu une entrevue avec Mme Dery, ce qui est confirmé par Christophe Petit et Patrick Bastin», constate l’avocat.

Pour Me Mayence, toutes les demandes de Sophie Dery correspondent aux dates d’audience devant le tribunal de la jeunesse chargé de statuer sur la garde alternée de leur enfant réclamée par la victime.

Et puis Sophie a mis la pression sur Giuliano en parlant de Roumains qui étaient prêts à exécuter le contrat. Giuliano, qui avait reçu de l’argent après avoir inventé l’histoire d’un militaire corse, est allé chez Sophie avec Christophe, «qui devait jouer les gros durs dans le but de recevoir d’autres acomptes». La volonté de Sophie était de tuer David mais les deux hommes ont refusé, «ils voulaient seulement l’arnaquer».

Le 21 février 2016, Giuliano dit être allé en repérage une seconde fois (après le 16) «toujours dans la même optique».

En mars, Sophie a continué à appeler Giuliano «alors qu’elle prétend qu’ils n’étaient plus ensemble, 176 appels.

Pour l’avocat, la date pivot est le 8 mars, jour d’audience au tribunal de la jeunesse. Sophie Dery n’est pas allée à l’audience. Un expert thérapeutique devant être désigné le 29 mars. «Un accord? Sans elle? Panique!», constate l’avocat. Giuliano a dit qu’elle allait avoir une expertise psychiatrique et qu’elle ne voulait pas s’y soumettre. «Comment il le sait?», s’interroge Me Mayence. Le mail envoyé à Sophie Dery par son avocate est arrivé dans le dossier ... mardi!

Le 22 mars, Fayçal Boutouil «empruntait» un GSM à un ami. L’arme a été remise le lendemain ou le surlendemain par Petit à Bastin. Pour Me Mayence, Giuliano Di Iuliochiacchia n’était pas au courant.

Le 25, Fayçal appelle David à 18h28 pour lui fixer un rendez-vous à Mellet le 28 mars en soirée. Le piège est tendu.

Le 28, après les faits, Bastin s’est rendu chez Petit en état de panique en déclarant: «Boutouil a tiré mais la victime est vivante». L’avocat constate que personne n’a appelé Giuliano ce soir-là.

Le 29, à midi, Petit va dire à Giuliano: «c’est fait, il a pris deux balles mais il est encore vivant». Chez elle, Dery appelle son confident pour déménager la BMW chez Giuliano, lequel va chez Dery qui lui apprend la mort. «Sous le choc, Giuliano se rend chez Petit pour l’informer et c’est la panique. Pensez-vous qu’il s’agit-là du comportement de quelqu’un qui a fait quelque chose de prémédité?»

Le 31, c’est la panique généralisée car le père de David est convaincu que Sophie est derrière tout ça. Giuliano va chez elle mais elle est avec son copain, elle lui fixe rendez-vous à Fleurus Medical pour lui donner 10.000 euros. «Giuliano l’a reconnu dans un procès-verbal». Il ne prend pas un euro de cette somme «car les choses ont été beaucoup plus loin que prévu».

Quinze jours plus tard, les accusés étaient arrêtés.


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