ASSISES HAINAUT

«Mme Dery veut que David Ervinckx meure et David Ervinckx est mort»

«Mme Dery veut que David Ervinckx meure et David Ervinckx est mort»

Sophie Dery (Archives) BELGA

Les plaidoiries se poursuivent à la cour d’assises du Hainaut qui analyse, depuis deux semaines, l’assassinat de David Ervinckx survenu le 28 mars 2013 à Mellet (Les Bons Villers).

Mardi matin, c’est Me Etienne Gras, représentant du tuteur ad hoc du fils commun de la victime et de la première accusée, Sophie Dery, qui a ouvert les hostilités. «Un jour, il faudra dire à cet enfant: maman a fait tuer papa», a lancé Me Gras en début de plaidoirie, regrettant que l’enfant ne puisse pas connaître «ces petits moments avec son père qui feront de lui un homme».

Me Etienne Gras et Me Caroline Lepied représentent l’enfant commun de Sophie Dery et de David Ervinckx. «Nous aurions aimé plaidé l’acquittement au bénéfice du doute pour Mme Dery mais ce n’est hélas pas le cas», a indiqué l’avocat, qui a posé beaucoup de questions lors du procès, avouant même parfois qu’il ne comprenait plus rien. «Maintenant, j’ai compris le vilain jeu qui se jouait derrière moi, touchant le niveau zéro de l’empathie».

Pour l’avocat, les choses sont claires: «Mme Dery veut que David Ervinckx meure et David Ervinckx est mort». Il ajoute qu’elle lui a fait vivre un véritable enfer «par pur égoïsme», voulant garder l’enfant pour elle toute seule. «Donner 30.000 euros pour des coups, cela fait un peu beaucoup», remarque l’avocat pour qui l’histoire de l’escroquerie expliquée par le second accusé, Giuliano Di Iuliochiacchia, ne tient pas la route, «pas plus que l’histoire des Roumains prêts à exécuter le contrat».

Le contrat sur la tête de David Ervinckx a été mis en oeuvre dès le 20 mars 2013 quand les trois premiers accusés (Sophie Dery, Giuliano Di Iuliochiacchia et Christophe Petit) ont échangé de multiples contacts téléphoniques, après avoir fait des repérages un mois plus tôt, dans deux voitures, soit disant pour chercher un kiné. M. Petit a ensuite remis un calibre 6.35 à Patrick Bastin, lequel est allé chercher le boxeur Fayçal Boutouil. «Toutes les informations (photo, adresse) sont passées par tous les maillons de la chaîne, dans les deux sens», insiste l’avocat qui ajoute que l’adresse choisie pour tendre le piège n’a pas été choisie au hasard, «car ils ont eu chacun une petite amie qui a vécu là-bas».

Le 28 mars 2013, en soirée, David Ervinckx était touché par deux coups de feu au niveau du thorax: «Une exécution! Le tireur a tiré à bout portant, bam, bam, bam!». Pour l’avocat, c’est Fayçal Boutouil le tireur car il en a parlé à trois enquêteurs et il a échoué au test polygraphe.

Pour Me Gras, cette histoire est un véritable gâchis notamment pour le petit garçon âgé de cinq ans, orphelin de père, et probablement bientôt privé de sa maman pour un petit bout de temps. «Tout ça parce qu’un papa voulait voir son garçon et parce que des gens sont avides d’argent», maugrée l’avocat pour qui chacun des accusés a eu un rôle fondamental et solidaire pour arriver au résultat final, l’assassinat de David Ervinckx.


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