CHARLEROI

Enfin une solution pour la maison Dutroux?

Enfin une solution pour la maison Dutroux?

La Ville veut une réhabilitation plus ambitieuse qui concernera aussi la maison voisine de celle de Dutroux. ÉdA – B.W.

La Ville de Charleroi veut poser un geste architectural et urbanistique fort dans le quartier où Julie et Mélissa sont mortes. Une inscription figure au budget 2017.

Dans ce dossier, Charleroi a pris quinze ans de retard. La faute aux affaires politico-financières qui ont éclaté à partir de septembre 2005? Sans doute. Toujours est-il que deux décennies après la découverte de la cache de Marcinelle où Julie et Mélissa ont trouvé la mort, la Ville de Charleroi n’a toujours pas défini ce qu’elle allait faire de la maison Dutroux.

Faut-il la raser entièrement, en conserver des éléments? Pas encore de réponse à ce jour. «Mais le processus pour tracer les grandes lignes d’un projet est lancé», selon le bouwmeester de Charleroi, Georgios Maillis. Au budget communal figure une ligne de 270 000€ pour démolir le bien et réaménager l’espace libéré. Sous la précédente législature, on avait décidé d’abattre afin de créer un jardin du souvenir. «Non seulement, cela aurait laissé une énorme cicatrice dans ce quartier où se rendent régulièrement des touristes de catastrophe, mais le lieu méritait une réhabilitation plus ambitieuse.»

C’est dans ce cadre que la Ville a fait l’acquisition, en 2014, de la propriété voisine. «La volonté politique, c’est de poser un geste architectural fort, relevant du monument, confie Georgios Maillis. Il faut une intervention à la mesure des bouleversements que l’affaire Dutroux a provoqués en Belgique, avec des répercussions historiques, sociologiques, urbanistiques, politiques.» Une affaire dont on a parlé dans le monde entier.

Appel à un référent

Vers la création d’un mémorial? La Ville a décidé de recourir à une expertise extérieure. «Nous voulons faire appel à un référent dont l’autorité est incontestée dans le domaine et qui a déjà travaillé à cela.» Dans ce cadre, un marché public de services est en cours de finalisation. Le prestataire aura la délicate mission d’établir le cadre général du projet qui sera affiné avec le concours des parents des victimes et des habitants du quartier. Dans une étape suivante, il faudra choisir une équipe d’architectes, paysagistes et urbanistes pour concevoir le projet. «On ira beaucoup plus loin qu’un jardin du souvenir», prévient le bouwmeester.

Un petit groupe de réflexion a été mis en place avec le cabinet du bourgmestre pour suivre ce dossier. Il ne faut plus perdre de temps: Dutroux est libérable, il peut demander à obtenir une libération conditionnelle. Il serait indécent que le meurtrier pédophile sorte de prison avant même que sa maison de l’horreur ait disparu du paysage urbain…

L’estimation du coût a été revue à la hausse: elle tourne autour de 900 000€.


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