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Mons 2018: des ratés au démarrage

Mons 2018: des ratés au démarrage

La Biennale Mons 2018 n'a pas encore de cadre légal. Le MR dénonce une tentative de détourner des subsides. Ugo PETROPOULOS

Les édiles montois souhaitent perpétuer l'esprit Mons 2015 en organisant des Biennales. La première doit avoir lieu en 2018. Mais le processus a du mal à démarrer, l'union sacrée qui avait permis la réussite de l'événement Capitale européenne de la Culture, est loin...

A quoi ressemblera la Biennale Mons 2018? A part son logo, ses dates à la louche et quelques intentions, on sait peu de chose aujourd'hui. "La biennale s’arqueboutera autour d’un programme qui a fait les succès de l’année 2015 : exposition de prestige ; des spectacles ; des arts urbains ; les Grand Huit..." résumait-on à la ville de Mons.

Pour tout mettre en branle, un contrat-cadre doit être signé entre la Fondation Mons 2025 (qui a pris le relais de la Fondation Mons 2015), la ville de Mons et MARS (ex-Manège.Mons). Ce contrat est un "accord de coopération horizontale non institutionnalisée". Il doit permettre aux trois institutions de collaborer, au travers d'un comité de pilotage composé de représentants de ces trois institutions.

Mais sa signature traîne. Le contrat-cadre devait à la base être adopté par toutes les parties à la mi-janvier, mais ça n'a pas encore été fait. Lors du premier Conseil d'Administration de l'année de la Fondation, le MR a freiné des 4 fers pour que ce document ne soit pas signé en l'état. Rebelote un mois plus tard, où le dossier a de nouveau été repoussé. 

Ce qui coince pour les libéraux? Ce contrat s'apparenterait ni plus ni moins à du détournement de subsides. Avec ce contrat-cadre, la Fondation Mons 2025 deviendrait "un aspirateur à subsides qui sert de banque pour financer les manifestations de la ville. C'est totalement illégal", s'alarmait Georges-Louis Bouchez, chef de file du MR montois. "En gros, on donne le pognon à la Fondation, car on ne le donnera pas à MARS qui a planté (cf. les problèmes budgétaires post-2015). Donc on envoie la Fondation et derrière MARS et la Ville viennent frapper pour avoir des sous". 

Ce qui incite le MR à penser de la sorte? Le contrat-cadre détermine les apports respectifs que chaque partie s'engage à réaliser dans le cadre de la Biennale, et ceux de la ville de Mons interpellent les libéraux.

La Biennale, instrument politique? 

On trouve dans ces apports la programmation d'un événement en lien avec l'exposition consacrée à David LaChapelle en 2017, alors que la Biennale doit se dérouler d'août à novembre 2018. Ou bien la programmation de la Nuit des Musées, qui a de toute façon lieu chaque année. Ou encore les commémorations du Centenaire de la guerre 14-18. "Ces commémorations faisaient déjà partie du programme de la ville", pointe Georges-Louis Bouchez, qui rappelle au passage que c'est aux niveaux fédéral et communal que se financent ces cérémonies du souvenir.

Que font ces événements dans cette convention, si ce n'est pour être financé par des fonds publics autres que communaux, s'interroge le MR? Et plus particulièrement des fonds régionaux et commmunautaires?

Autre point qui chiffonne les libéraux: ce contrat-cadre crée un comité de pilotage, "qui sera chargé notamment de la supervision, de la bonne conduite et du contrôle des activités opérationnelles". Dans sa première mouture, il devait être composé: du Bourgmestre de Mons Elio Di Rupo, de l'échevine de la Culture Savine Moucheron, du responsable du Pôle muséal Xavier Roland, de la secrétaire générale de la Fondation Mons 2025 Anne Sophie Charles, du président du CA de la Fondation Dominique Cominotto, du président de MARS Jean-Paul Deplus et de son directeur Philippe Degeneffe.

Tous ou presque socialistes ou apparentés, à l'exception de Savine Moucheron. "Ce comité de pilotage reprenait tout les pouvoirs et la Fondation votait le budget", selon la lecture du contrat-cadre que font les administrateurs MR de la Fondation.

Rajoutez à cela que la Biennale aura lieu en plein pendant la campagne électorale des élections communales, il n'en fallait pas plus pour que Mons 2018 ne deviennent un instrument de propagande aux yeux de Georges-Louis Bouchez, qui demandera devant la commission des Dépenses électorales du parlement wallon "l’intégration des supports et événements de Mons 2018 dans les comptes de campagne des candidats concernés par une mise en évidence quelconque", selon La Libre Belgique.

Le MR voudrait que la Biennale 2018 soit abordée de la même manière que ne l'a été Mons 2015: "la Fondation a la main et a un opérateur désigné, le Manège (Mars). Ainsi la ville ne peut pas refourguer à la fondation ce qu'elle n'a pas les moyens de financer", conclut Georges-Louis Bouchez.

Une réunion chez la ministre de la culture

Les remous autour de ce contrat-cadre sont remontés jusqu'à la ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles Alda Greoli. Une réunion s'est tenue il y a une dizaine de jours entre elle, l'échevine Savine Moucheron et Anne-Sophie Charles. L'objet de la réunion: "clarifier la destination finale des subsides alloués à la Fondation Mons 2025", indique La Libre.

Il faut dire que Mons 2018 compte beaucoup sur la Fédération Wallonie-Bruxelles pour son financement. Si la Fondation Mons 2015 dispose d'un reliquat de 5,6 millions non dépensé en 2015, l'objectif est de doubler cette somme pour le budget pour la Biennale. Et ce n'est pas avec les 500 000 euros que Mons met en tou sur la table en 2017 et 2018 que l'objectif sera atteint. "Rien n'est prévu comme sponsoring privé, excepté La Loterie Nationale", note encore le MR...

Pas de réaction côté ville

A La Ville de Mons, on ne souhaite pas réagir aux éléments avancés par l'opposition MR, pas avant la ratification du contrat-cadre, qui doit intervenir le 13 mars au CA de la Fondation Mons 2025. Le document passera ensuite devant le conseil communal de Mons la semaine suivante.