LIÈGE

Une Liégeoise invente des vêtements adaptés aux festivals

La styliste liégeoise Assia Kara lance une ligne de vêtement spécialement conçue pour les festivals. Une campagne de crowdfunding débute ce jeudi et les premiers vêtements pourraient apparaître dès cet été sur les plaines.

Tout festivalier qui se respecte en a déjà fait l’expérience. Les concerts et l’ambiance, c’est chouette. Une bonne drache, une canicule ou un pickpocket peuvent vous gâcher le plaisir. C’est en partant de ce constat, en tant que festivalière, que la styliste liégeoise Assia Kara, 27 ans, vient de concevoir une ligne de vêtements adaptée aux festivals.

Après des études de communication couplées à une formation en stylisme, Assia Kara a eu comme une révélation lors du festival de Dour 2012, auquel elle participait en tant que stagiaire. «C’était le déluge pendant tout le week-end», se souvient-elle. «Avec toutes ces flaques et toute cette boue, je me suis dit qu’il y avait un manque: des vêtements vraiment adaptés à un festival.»

 

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Avec toutes ces flaques et toute cette boue, je me suis dit qu’il y avait un manque: des vêtements vraiment adaptés.

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Baptisée Tricksters, la ligne de vêtements comporte aujourd’hui six habits, issus de son créativité et de coups de sonde dans différents festivals belges. Il s’agit de deux vêtements féminins, deux vêtements masculins et deux unisexes.

Le projet a demandé pas mal de recherches et d’essais à la Liégeoise, mais aussi la quête du budget nécessaire, à savoir près de 9000 euros. Assia Kara a eu l’opportunité de bénéficier de l’encadrement Job’In Design, une pépinière d’entreprises design installée dans la nouvelle Design Station, près des Guillemins.

5300 euros à dégoter grâce au crowdfunding

Il lui reste donc à dégoter 5300 euros à l’aide d’un financement participatif. La récolte commence ce jeudi, sur la plateforme Crowd’in, elle-même basée à Liège. Les personnes qui souhaitent soutenir le projet peuvent contribuer pour des montants variant de 5 à 800 euros, avec à chaque fois un «pack» en échange. Il s’agit soit des vêtements eux-mêmes (entre 75 et 100 euros la pièce), soit d’autres articles s’inscrivant dans l’univers des festivals.

Dans un premier temps, d’ici le mois de mai, Assia Kara réalisera chaque vêtement un trente exemplaire. Ensuite, la production s’adaptera à la demande ou au succès des différents modèles.

Qu’ont-ils donc de plus, ces vêtements?

En plus de l’aspect strictement pratique des vêtements, Assia Kara a cherché à les inscrire dans une démarche durable et responsable, avec notamment les partenaires et fournisseurs choisis, mais aussi des matériaux à proprement parler. «Par exemple, le tissu est imperméable non pas parce qu’il a été imperméabilisé avec des produits, mais parce que c’est un coton labellisé bio, tissé de manière très serrée, qui ne laisse pas l’eau s’infiltrer.»

 

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Le tissu est imperméable non pas parce qu’il a été imperméabilisé avec des produits, mais parce que c’est un coton labellisé bio, tissé de manière très serrée.

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Une autre caractéristique de ces vêtements réside dans leur caractère modulable. En fonction des conditions climatiques, à titre d’exemples, le kilt peut se transformer en cape de pluie, tandis que le pull unisexe peut se porter à l’encolure, sur les épaules, à la taille ou en jupe. Le pantalon unisexe est doté de tirettes, permettant de retirer la partie basse en cas de salissures de boues.

Enfin – et c’est cela qui intéressera peut-être le plus les festivaliers -, les vêtements sont conçus pour s’avérer pratiques dans le contexte d’un festival. Certaines enseignes surfent sur la vague des festivals «avec des vêtements à frange, par exemple. Mais ce n’est pas du tout adapté.»

Le problème des petits besoins

À l’aide de ses enquêtes en festivals, Assia Kara a cherché à répondre aux exigences des festivaliers. Il s’agit notamment de doubles poches «dissimulées» à l’intérieur du vêtement, permettant d’y abriter l’argent. Les matières sont imperméables, protègent de la chaleur, du soleil, etc.

Et puis c’est un détail que bien des festivalières et festivaliers connaissent: ces vêtements permettent de se rendre facilement aux toilettes. «Se retrouver dans une Cathy Cabine et devoir défaire sa combi, la laisser traîner par terre où il fait sale, c’est très désagréable. Devoir se retrouver à moitié nue derrière un arbre, ce n’est pas adapté non plus», glisse Assia Kara. Raison pour laquelle elle a pensé à équiper les vêtements d’ouvertures pratiques pour ces petits besoins de la plus haute importance.

Infos: www.tricksters.be – Crowdfunding: crowdin.be/projet-crowdfunding/tricksters