MOBILITÉ

Enfer des embouteillages, quatre solutions

Enfer des embouteillages, quatre solutions

Le manque de place sur les voies oblige les cyclistes à se faufiler au milieu des voitures. À Bruxelles, en plus, la mauvaise qualité de l’air fait que l’effort physique réalisé à vélo a un impact plus fort encore. Reporters / QUINET

Les embouteillages pourrissent le quotidien des automobilistes belges. Nous perdons en moyenne, chaque année, 21 heures dans les congestions automobiles, selon le rapport annuel «Traffic Scorecard de la société américaine Inrix», premier fournisseur mondial de services d’info-trafic en temps réel. C’est encore plus vrai dans les grandes villes, avec Bruxelles en tête, suivi par Anvers. Quatre solutions.

1. Le vélo

La promotion du vélo est une solution majeure, défendue par le Gracq, le mouvement qui milite en faveur du vélo comme moyen de déplacement au quotidien. Le Gracq présente ce mardi son «thermomètre cycliste», une enquête menée auprès de 7000 Belges sur leurs habitudes de mobilité. «Le vélo est une solution pour la mobilité mais aussi en termes de santé publique, d’économie et de convivialité», explique Florine Cuignet, chargée de communication au Gracq.

«Le constat, on le fait très facilement en circulant à Bruxelles : un des freins majeurs à la circulation à vélo, c’est l’insécurité, développe Florine Cuignet. Les automobilistes sont énervés, fatigués et ont des comportements inappropriés au volant. Par ailleurs, le manque de place sur les voies oblige les cyclistes à se faufiler au milieu des voitures. À Bruxelles, en plus, la mauvaise qualité de l’air fait que l'effort physique réalisé à vélo a un impact plus fort encore. Beaucoup de personnes disent “je prends mon vélo seulement si la piste cyclable est sécurisée et s’il y a une offre de transports publics. Or, souvent, les voitures réclament en priorité cet espace.»

2. La taxe kilométrique

À côté du vélo, la mise en place de la taxe kilométrique intelligente est une autre piste que le Gracq défend pour lutter contre l’inflation automobile. «C’est l’idée d’une taxe qu’on peut moduler en fonction de différents critères. Par exemple, en faisant que ce soit plus cher de se déplacer en voiture à Bruxelles qu’en Wallonie.» Cette taxe, mise en place pour les poids lourds, pourrait être étendue aux véhicules privés. «Cela permettrait de faire réfléchir les gens aux autres modes de transports que la voiture. À Bruxelles, énormément de gens font des trajets de moins de 5 kilomètres. Or, là, le vélo est imbattable», argumente Florine Cuignet.

3. Le parking

Une voiture, à Bruxelles, est immobilisée 97% du temps et la plupart du temps c’est le long des voiries ou sur l’espace public. Le coût du parking à Bruxelles reste extrêmement bas. «Il s’agit d’un énorme appel à la voiture. Le parking est un enjeu crucial qui reste un énorme tabou. Les gens tournent sans fin pour trouver une place où se garer. Cela plaide pour des solutions de partage d’une même voiture», explique encore Florine Cuignet.

4. Le RER vélo

Concernant la problématique des navetteurs, qui partagent avec les Bruxellois la responsabilité des embouteillages, le Gracq appuie la solution d’un RER vélo, qui est en construction en périphérie mais qui se développe très lentement, et surtout du côté flamand. «Le potentiel du vélo est largement sous-estimé à Bruxelles comme en Wallonie», dénonce Florine Cuignet. «À Liège, Charleroi et Namur, le vélo a un rôle à jouer».