LIÈGE

10 salles de cinéma à la Médiacité: il faut recommencer l’enquête publique

10 salles de cinéma à la Médiacité: il faut recommencer l’enquête publique

Une des salles appartenant à la société Belga Films, dans le centre commercial Docks à Bruxelles. ÉdA J.R.

Le bourgmestre de Liège a décidé de relancer une procédure d’enquête publique concernant le projet Médiaciné. En cause, l’envoi trop tardif des invitations à la réunion de concertation de ce jeudi.

Plus de 1300 personnes ont envoyé leur commentaire à la Ville dans le cadre de l’enquête publique sur le projet Médiaciné. La société Belga Films, pour rappel, souhaite implanter une dizaine de salles, soit 1600 sièges, à la Médiacité. Ce projet suscite bien des débats à Liège, entre le promoteur, certains acteurs du centre-ville, des défenseures et des opposants au sein même du quartier, etc.

Toujours est-il que l’enquête publique vient de se clôturer et que, comme cela est prévu lorsqu’au moins 25 personnes apportent une réclamation, une réunion de concertation a été organisée. Elle devait se tenir ce jeudi 9 février en matinée, mais les invitations ont été envoyées aux réclamants le 7 février…

Des invitations envoyées trop tard

«Dans le meilleur des cas, ces 1361 citoyens trouveront dans leur boîte aux lettres, ce mercredi 8 février au soir en rentrant du travail, une convocation pour une réunion qui a lieu demain matin 9 février à 8h30», s’inquiétait mercredi le conseiller communal François Schreuer (Vega). «Bon nombre de ces personnes ne recevront en fait ce courrier… qu’après la tenue de la réunion», poursuivait-il.

Le bourgmestre Willy Demeyer (PS), interpellé par de nombreuses personnes à ce sujet, a décidé ce mardi de supprimer la réunion de concertation, à l’initiative du promoteur du projet, et de relancer une procédure d’enquête publique «afin de garantir les droits de tous les riverains, mais aussi afin de ne pas vicier la procédure pour des raisons de forme».

En plus des invitations à la réunion de concertation, d’autres retard ont été constatés à l’entame de l’enquête publique. «Certains riverains ont été informés tardivement de l’ouverture de l’enquête publique, et n’ont pas bénéficié du délai légal pour formuler leurs observations», précise le bourgmestre.

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Les services de la Ville ont dû dépouiller et encoder les adresses de plus de 1000 personnes.

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Willy Demeyer dit regretter les délais d’envoi des invitations à la réunion de ce jeudi, en expliquant «qu’il ne s’agit nullement d’une volonté délibérée de la part de la Ville», mais «les services de la Ville ont dû dépouiller et encoder les adresses de plus de 1000 personnes, avant de pouvoir envoyer l’invitation à la séance de concertation par la voie postale».

Le bourgmestre rappelle néanmoins que la date de la réunion de concertation, si elle doit être organisée, est mentionnée dès le départ dans les documents relatifs à l’enquête publique. Pour éviter ce genre de situations, François Schreuer aimerait que les autorités s’engagent «à ce que les convocations à ce type de réunions soient désormais envoyées dans un délai raisonnable, par exemple 10 jours à l’avance».

Les réclamants devront-ils à nouveau réclamer?

Une nouvelle enquête publique s’apprêtant à démarrer, les centaines de personnes s’étant exprimées dans le cadre de la première enquête devront-elles réitérer leur démarche? «A priori, comme il s’agit d’un même dossier, les réclamations de la première enquête publique devraient rester valables. Mais une vérification est en cours auprès des services juridiques», nous indique-t-on auprès du cabinet du bourgmestre.