IMMOBILIER

Pour 6 jeunes sur 10, impossible d’acheter une habitation sans l’aide des parents

Pour 6 jeunes sur 10, impossible d’acheter une habitation sans l’aide des parents

Acheter un bien immobilier pour des jeunes? Plus cher et souvent impossible à réaliser sans l’aide des parents… PhotoAlto/Reporters

Six jeunes sur dix sont financièrement dans l’impossibilité de devenir propriétaires sans l’aide de leurs parents. Il y a 20 ans ce n’était le cas que pour deux jeunes sur dix…

C’est une évolution interpellante: 60% des jeunes adultes de 20 à 35 ans ont besoin d’un soutien financier pour acheter un bien immobilier. Ils n’étaient encore «que» 22% il y vingt ans et 34% il y a 10 ans. L’évolution est donc constante… et rapide.

«Deux facteurs expliquent cette situation, indique Isabeau De Cleen, de Chez AXA, la banque qui a réalisé une étude sur le sujet. L’augmentation du prix de l’immobilier évidemment, mais aussi le fait que l’argent que les jeunes épargnent en vue de l’achat d’un logement ne rapporte plus grand-chose vu les taux d’épargne

Un tiers des revenus pour le crédit? De moins en moins possible

Autre tendance relevée par l’étude: la sacro-sainte règle du remboursement du crédit hypothécaire qui n’excède pas le tiers des revenus est de moins en moins respectée.

Aujourd’hui, 43% des 20-35 ans consacrent plus d’un tiers de leur salaire pour payer leur maison ou leur appartement. Ils étaient seulement 19% à le faire il y a 20 ans.

AXA Banque, qui a analysé son portefeuille sur ce point, confirme d’ailleurs qu’aujourd’hui seuls les 50-55 ans sont en mesure de respecter ce ratio du tiers des revenus consacrés au logement.

Ceci dit, souligne AXA, cette «règle du tiers» n’est plus toujours aussi pertinente. En fonction des revenus il est plus pertinent, note la banque, de voir l’argent qui reste disponible mensuellement une fois le crédit habitation payé. La bonne mesure étant 1 200 euros disponible pour un couple et 1 000 euros pour un célibataire.

Le cohousing, nouvelle tendance?

Encore faut-il que cela soit possible. Car si (globalement) les revenus ont augmenté, l’immobilier en a fait de même.

Ainsi, toujours selon l’étude, en moyenne la jeune génération paye son logement 14% plus cher que les plus de 50 ans.

Cette situation de plus en plus compliquée pour les jeunes acheteurs préfigure-t-elle des situations qui existent déjà dans certains pays, comme en Allemagne par exemple, où des familles financent un bien immobilier sur plusieurs générations? Les enfants des acheteurs initiaux achevant de payer le prêt de leurs parents…

Difficile à dire, mais une autre forme d’achat immobilier fait son apparition chez nous. Selon les résultats d’une autre étude à paraître, AXA constate ainsi que le cohousing fait une percée.

«De plus en plus de maisons sont achetées entre amis mais aussi, et c’est nouveau, en famille, dit Isabeau De Cleen. Ce dernier cas est moins courant car les habitations ne sont pas encore souvent adaptées pour cela. Mais cela viendra, car comme le montre l’étude c’est un phénomène en augmentation.»