LIÈGE

Gemenne, le politologue qui a dénoncé un «système mafieux» chez Publifin, lance une pétition

Gemenne, le politologue qui a dénoncé un «système mafieux» chez Publifin, lance une pétition

Photo d’illustration BELGA

Après avoir dénoncé le «système mafieux» à la tête de Publifin, le politologue liégeois François Gemenne lance avec l’ancien parlementaire Écolo Éric Jadot une pétition citoyenne, dans le but de réclamer la mise sur pied d’une commission d’enquête et d’assainir l’intercommunale.

Gemenne, le politologue qui a dénoncé un «système mafieux» chez Publifin, lance une pétition
François Gemenne avait qualifié de «système mafieux» la gestion de Nethys / Publifin. YouTube (capture d’écran)
Quelques semaines après la révélation du scandale Publifin par un échevin olnois, le politologue liégeois François Gemenne avait défrayé la chronique en dénonçant ce qu’il qualifie de «système mafieux» pour évoquer les méthodes employées par Stéphane Moreau et André Gilles «afin d’étendre l’emprise du parti socialiste liégeois sur différents secteurs économiques et industriels de la vie liégeoise.»

Publifin avait d’ailleurs décidé de porter plainte suite aux propos tenus par le politologue dans le JT de la RTBF, le 18 janvier dernier.

Une absence de remise en question du système

Si le politologue liégeois a mis de l’huile sur le feu, force est de constater que, depuis, la maison Publifin brûle bel et bien. Et face au tollé général qui s’abat à présent sur l’intercommunale liégeoise, plusieurs têtes sont tombées: le ministre chargé de la tutelle sur les intercommunales et quelques lampistes. Mais pas les têtes pensantes, pas celles qui ont mis en place ce système. Celui-ci vacille, certes, mais ne semble pas prêt à tomber ou, à tout le moins, se remettre en question.

Du coup, tandis que les principaux actionnaires semblent peu enclins à s’attaquer aux questions qui fâchent, François Gemenne a décidé, avec l’ancien parlementaire Écolo Éric Jadot, d’en remettre une couche ce vendredi en lançant une pétition citoyenne.

Une pétition «pour en finir avec l’indécence»

Vendredi matin, François Gemenne et Éric Jadot ont donc lancé une pétition citoyenne sur le site Avaaz. L’objectif? Il est double: la mise en place d’une commission d’enquête sur le scandale Publifin et le retour à une gestion «saine», «concentrée sur le bien public», de l’intercommunale.

«Malgré les démissions des lampistes, puis du ministre de tutelle, puis des administrateurs, ceux qui ont mis en œuvre le système Publifin sont toujours en place, à commencer par Stéphane Moreau (PS)», constatent ainsi les deux protagonistes de cette pétition. «Tant que les instigateurs du système n’auront pas démissionné ou été démis, voire licenciés par leur Conseil d’Administration, rien ne changera vraiment. Toutes les démissions et mesures annoncées jusqu’ici ne sont qu’emplâtres sur jambe de bois: nous demandons une commission d’enquête parlementaire indépendante, et la démission de ceux qui ont mis en place ce système. Ces pratiques mafieuses doivent cesser. La ‘politique des copains’doit cesser. Pour la démocratie, et pour le développement économique de la Wallonie.»

Gemenne, le politologue qui a dénoncé un «système mafieux» chez Publifin, lance une pétition
Éric Jadot, ex-parlementaire Écolo, accompagne François Gemenne dans la démarche. BELGA
François Gemenne et Éric Jadot ont donc décidé de lancer une pétition en ce sens: «Nous lançons aujourd’hui avec Éric Jadot une grande pétition pour que cesse l’indécence du scandale Publifin» a annoncé vendredi matin François Gemenne. «Puisque Monsieur Magnette n’a pas compris l’ampleur du séisme et le devoir qu’il avait de mettre en œuvre ce qu’il fallait au Parlement Wallon… Aidez nous et signez [cette pétition]» a pour sa part déclaré l’ex-Parlementaire.

«Nous invitons tous les citoyens soucieux d’éthique et de meilleure gouvernance à nous rejoindre dans ce combat», poursuivent les deux instigateurs de cette pétition. «Nous invitons les mandataires de tous les partis démocratiques à reprendre une possession saine de l’outil, concentrée sur le bien public. Et nous espérons pouvoir aussi compter sur de nombreux militants ou simples citoyens. Si vous êtes d’accord avec ceci, soyez les bienvenus. Cela nous semble une évidence.»