ÉDUCATION

Comment développer l’intelligence émotionnelle de nos enfants?

Comment développer l’intelligence émotionnelle de nos enfants?

«La colère est une émotion extrêmement utile parce qu’elle permet la défense du territoire, le respect des limites, la justice», explique Marina Blanchart, psychologue et coach parentale. com

Les parents sont les premiers coachs de leur enfant. Il s’agit d’un défi et d’un choix. On peut mettre ses enfants sous une cloche ou faire de leurs émotions une force. Marina Blanchart, psychologue et coach parentale propose des pistes pour y parvenir.

Marina Blanchart compare la vie à un chemin semé d’ornières sur lequel nous avançons à bord d’une calèche tirée par des chevaux qui sont nos émotions. «On a tous plus ou moins appris à trouver un équilibre. Le cocher doit jouer avec ses rênes pour brider ou mesurer l’allure des chevaux, pour qu’ils ne s’emballent pas et ne rendent pas la calèche incontrôlable», explique-t-elle.

Elle a une autre image pour résumer que ce que sont les émotions. «Ce sont les voyants d’un tableau de bord. Ce sont des signaux qui s’allument. Il s’agit d’apprendre à les décoder», dit-elle.

 

1. La peur

 

«C’est une émotion extrêmement utile car elle induit la prudence», explique Marina Blanchart. Face à un enfant qui a peur, on a le plus souvent tendance à adopter une stratégie d’évitement et à rassurer.

Jean a peur des monstres. Sa maman, pour le rassurer, vérifie chaque soir avec lui sous le lit, dans les placards, derrière les tentures s’il n’y a pas de monstre. Or c’est contre-productif puisque cela induit la possibilité qu’il y ait réellement des monstres.

Une autre stratégie peut être de questionner l’enfant sur comment est le monstre, de quelle couleur, de quelle taille. Jean a alors répondu : «mais maman, tu ne crois quand même pas aux monstres». Et la peur a disparu. «Quand on concrétise la peur, on la diminue. C’est important de connaître l’ennemi qui fait peur pour pouvoir l’affronter et être courageux», explique Marina Blanchart.

 

2. La colère

 

«La colère est utile parce qu’elle permet la défense du territoire, le respect des limites, la justice. La colère est un besoin de se décharger. Des coussins de colère ou un punshing ball peuvent donc être très utiles», explique la psychologue.

Coline fait des colères quand elle n’a pas de ce qu’elle veut. Par exemple la tasse rose de princesse. «Si on cède, on n’apprend pas à l’enfant à être frustré. Par contre, l’enfant a le droit d’être en colère, de ressentir ce qu’il ressent. On a tendance à dire à l’enfant “contrôle-toi”, “sois gentil” ou “calme-toi”. Mais dire cela, c’est dire à l’enfant “accepte de ne pas te sentir respecté”», estime Marina Blanchart. Il faut donc permettre à l’enfant d’être en colère, de se rouler à terre s’il en a besoin.

 

3. La tristesse

 

«C’est l’émotion la plus difficile à gérer avec les enfants. On essaie de consoler “ne pleure pas”, “ne sois pas triste”. Mais la tristesse est une émotion que l’on doit traverser, explique Marina Blanchart. Sinon c’est comme une blessure qu’on ne désinfectera pas et sur laquelle on collerait un sparadrap. La tristesse, c’est traverser un lac glacé. La tristesse sert à prendre le temps de soigner ses blessures, d’accepter la perte, de générer de l’empathie.»

 

4. La culpabilité

 

«C’est l’émotion qui nous interroge pour savoir si ce qu’on a fait est ok ou n’est pas ok. Elle nous permet de dire si on est responsable ou pas responsable. Si on n’est pas responsable, il n’y a pas de faute. Si on est responsable, il y a des dommages et intérêts à donner, savoir quelle leçon on en tire, quelle réparation on apporte», expose la psychologue.