SOCIÉTÉ

«Je suis intersexuée»: le mannequin Hanne Gaby Odiele brise le tabou

La mannequin courtraisienne Hanne Gaby Odiele le révèle: elle est intersexuée. Si elle sort aujourd’hui du silence c’est pour soutenir les enfants nés intersexe et à qui on fait subir toute une série d’opérations chirurgicales.

Hanne est née avec un vagin et des testicules en interne. Elle a des caractéristiques féminines et masculines. À 29 ans, la mannequin connue internationalement Hanne Gaby Odiele sort du silence: elle est intersexuée. «C’était très important pour moi de briser le tabou aujourd’hui, confie-t-elle dans une interview dujournal américain USA Today. La Belge vit aujourd’hui aux États-Unis, dans le China Town New Yorkais.

Si la mannequin fait cette révélation aujourd’hui, c’est pour la bonne cause. Elle devient un visage pour l’associationinterACT Advocates for Intersex Youth.

«Bonjour, je suis Hanne et je suis née intersexuée. Cela signifie que mon corps n’est pas clairement féminin ou masculin. Être intersexuée n’est pas rare. Cela touche presque 2% de la population. C’est similaire à la proportion de roux», déclare Hanne dans la vidéo créée par l’organisation.

Selon les Nations-Unies, entre 0,05% et 1,7% de la population est née avec des caractéristiques intersexuées. Et l’organisation de préciser qu’il ne faut pas confondre les personnes intersexuées avec les personnes transgenres. «Il ne s’agit pas d’une orientation sexuelle ou d’une identité de genre mais de caractéristiques biologiques.»

Laisser le choix à l’enfant

À l’âge de 10 ans Hanne a subi des opérations chirurgicales pour retirer ses testicules. «On avait dit à mes parents que je risquais d’avoir un cancer sans cette opération et que je ne me développerais pas comme une fille normale. Après l’opération, je me suis rendu compte que je ne pourrais pas avoir d’enfants, je n’avais pas mes règles. J’ai su que quelque chose n’allait pas chez moi.»

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Je suis fière d’être intersexuée

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C’est à 18 ans que la jeune mannequin décide de subir une autre opération pour se reconstruire le vagin. «Au départ, ce n’est pas grave d’être intersexué», explique Hanne. Mais l’angoisse des deux opérations la perturbe encore aujourd’hui. «Si on avait été honnête avec moi depuis le début… C’est devenu un traumatisme à cause de ce qu’ils ont fait.»

Voilà pourquoi elle fait ces révélations aujourd’hui: lutter pour laisser le choix à l’enfant plutôt que de lui faire subir toute une série d’opérations. «Je plaide aujourd’hui pour Interact pour protéger les enfants des souffrances que j’ai subies.»

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Je plaide aujourd’hui pour Interact pour protéger les enfants des souffrances que j’ai subies.

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Une photo publiée par Hanne Gaby Odiele (@hannegabysees) le