Tournai

Un mât de 120 m. de haut pour étudier les chauves-souris à Rumillies

Un mât de 120 m. de haut pour étudier les chauves-souris à Rumillies

Sur l'avis officiel, il n'est pas question d'éolienne mais d'un mât temporaire pour une durée de deux ans... EDA

Les riverains de la chaussée de Frasnes, à Rumillies (Tournai), ont reçu un document relatif à une surprenante demande de permis d’urbanisme…

Dans un courrier intitulé « Aux riverains de la drève royale de Rumillies », la société anversoise Storm Windpower informe qu’elle a déposé, auprès de la commune de Tournai, une demande de permis d’urbanisme pour « ériger un mât de mesure à proximité directe du bois de Breuze, dans la prolongation de la drève Royale.
Ce mât…. servira plus particulièrement à identifier et répertorier les populations de chauves-souris sur le site, ainsi qu’à connaître le profil venteux de la région ».

Le courrier spécifie également que ce mât aura un caractère temporaire (sans toutefois préciser combien de temps il devrait rester en place) et que son érection s’inscrit dans le cadre de « l’étude de faisabilité d’un potentiel projet éolien dans la zone ». Dans le même temps, des avis (officiels) d’enquête ont été placardés sur le site mais ceux-ci ne donnent guère plus de détails sur la nature des travaux projetés, si ce n’est que le mât devrait rester en place pour une période de deux ans et qu’il aura pour mission de permettre des mesures de vent et de l’activité « chiroptérologique » de la zone. Cette dernière étant bien liée à l’activité des chauves-souris susceptibles de survoler la région concernée.

Étant donné le « fonds de commerce » de la société demanderesse, spécialisée dans le développement du secteur éolien, il est évident que l’étude des chauves-souris n’est pas vraiment sa préoccupation première. D’autant qu’il suffirait, pour en savoir plus sur la question, d’interroger les spécialistes du parc naturel tout proche qui en savent un bout sur la question.

Parce que la société anversoise n’affiche pas clairement (et d’emblée) ses intentions, les riverains ont un peu le sentiment d’être pris pour des pigeons. Ils auraient souhaité, en effet, que la société évoque, sans… équivoque, son intention de développer un parc éolien sur la zone. Certains d’entre eux se sont d’ailleurs déjà mobilisés pour relayer leurs inquiétudes auprès de la ville de Tournai.

Il est clair que si le secteur éolien a bonne presse lorsqu’il s’agit de militer pour la protection de l’environnement et la limitation des nuisances énergétiques, personne ne souhaite voir des « moulins à vent » s’implanter au fond de son jardin ou dans son champ de vision.

Quoi qu’il en soit, les riverains ont jusqu’au 7 février, à 14 h. — date et heure de clôture de l’enquête publique — pour exprimer leurs doléances auprès de la ville de Tournai.
Laquelle n’aura, dans le cadre de ce dossier, qu’un pouvoir d’avis à délivrer, la décision finale revenant au fonctionnaire délégué

Des éoliennes le long de l'autoroute

Nous aurions aimé en savoir un peu plus sur la forme que pourrait prendre le projet éolien lui-même, mais Jan Caerts, patron de la société Storm, nous a précisé que « ce dossier n’est qu’au tout début de sa phase de développement. Qu’il s’agit, dans l’état actuel des choses, de vérifier les possibilités de réaliser éventuellement un projet éolien près de l’échangeur de l’autoroute E 429, à Rumillies… »

Quand à savoir combien d’éoliennes seraient implantées, il est encore beaucoup trop tôt pour le dire. Jan Caerts a cependant évoqué le projet de la société Wind Forever qui, l’an dernier, souhaitait implanter un parc de cinq éoliennes entre Mourcourt et Melles, le long de l’autoroute A8/E429. Projet pour lequel le ministre Di Antonio avait émis un avis défavorable. Celui-ci avait toutefois laissé entrevoir le fait que le développement d’un projet éolien le long de l’autoroute n’était pas totalement exclu, sous certaines conditions.

Il avait notamment précisé que l’étude d’incidence devrait être plus circonstanciée et que les demandeurs devraient également tenir compte davantage des riverains.

Des conseils dont semble s’inspirer la société anversoise dans laquelle on retrouve le nom d’un administrateur déjà actif au sein de la société qui envisageait le développement éolien sur Mourcourt